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  • KARCHER SHOW

    A choisir la sécurité-spectacle, on s'expose à des retours de bâton. Nicolas Sarkozy fait aujourd'hui l'expérience de l'arroseur arrosé avec l'expédition policière d'hier matin aux Mureaux. Un fiasco policier ­ une seule interpellation ­ autant que médiatique : comme à la cité des Tarterêts il y a quelques jours, l'opération de police s'est faite sous l'oeil d'une nuée de journalistes  qui auront pu constater une série de brutalités commises par les forces de l'ordre contre les habitants des Mureaux tirés de leur lit à coups de portes enfoncées et d'aboiements de robocops. Pour le reste, la nouvelle tentative d'instrumentalisation des médias dans la politique sécuritaire du gouvernement aura fait long feu. La plupart des rédactions s'interrogent sur l'opportunité de couvrir au jour le jour les épisodes quasi quotidiens du «Kärcher show» du ministre de l'Intérieur, et beaucoup ont vu le piège. Le débat n'existe pas que dans la presse : dans la police aussi on dénonce cette surmédiatisation, qui nuit à l'efficacité du travail. Ces opérations spectaculaires de répression ont en outre un effet désastreux dans les cités. Non seulement parce qu'elles donnent une image encore plus négative des forces de l'ordre, mais parce qu'elles nourrissent le ressentiment et la colère de populations qui se sentent ainsi un peu plus stigmatisées. Alors que l'anniversaire des émeutes de banlieue approche, c'est un bien mauvais signe envoyé, si l'on cherchait l'apaisement. Bien que son bilan en matière de sécurité ne soit pas mirobolant, Nicolas Sarkozy a décidé de faire de l'insécurité un thème fort de sa précampagne électorale. Mais, en choisissant systématiquement l'agressivité et le populisme, il prend le risque d'exaspérer encore des tensions déjà très fortes dans de nombreux endroits et d'inquiéter toute une partie de l'opinion. Jouer au shérif n'est pas forcément la meilleure manière de gagner une élection présidentielle

  • FESTIVAL DU LIVRE

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