28.06.2008
POUR LE NON CUMUL DES MANDATS
« Le parti Socialiste applique le mandat unique parlementaire. En conséquence tout(e) candidat(e) membre du parti prend par écrit, avant la ratification de sa candidature, l’engagement sur l’honneur de remettre sa démission de ses autres mandats électifs après son élection au parlement national ou européen ».
Article 6.11 des statuts : consultation directe des adhérents Sur proposition du(de la) Premier(e) Secrétaire du Parti, du Bureau national, de 35 fédérations ou à la demande d’au moins 15% des adhérents (par rapport au nombre arrêté au 31 décembre de l’année précédente), le Conseil national peut décider, après en avoir débattu sur le fond et à la majorité qualifiée des deux tiers de ses membres, d’organiser une consultation directe des adhérents en leur soumettant une question rédigée simplement. Le Conseil national fixe les modalités de discussion collective et d’organisation des votes en découlant.
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14.11.2007
LE TRAITE EUROPEEN ACTE II
2 - Le TME rendrait-il possible une
harmonisation sociale par le haut ?
Non. Le projet de TME exclut toute harmonisation des législations sociales. La possibilité d’instaurer progressivement un SMIC européen pour empêcher la concurrence par les bas salaires est exclue, tout comme un alignement vers le haut des régimes de protection sociale ou une réduction harmonisée du temps de travail dans toute l’Union européenne.
C’est le marché qui se chargerait d’ « harmoniser » les législations sociales au nom de la « concurrence ». L’harmonisation continuerait donc à se faire par le bas : les rangs des travailleurs pauvres et des chômeurs continueraient à augmenter au même rythme que les dividendes des actionnaires.
Le projet de TME ne changerait rien à la règle de l’unanimité nécessaire à l’harmonisation des législations fiscales des pays de l’Union européenne. La concurrence fiscale et la course sans fin aux augmentations d’impôt pour les salariés (TVA sociale) et aux baisses d’impôts pour les actionnaires (diminution de l’impôt sur les sociétés et sur les dividendes) pourraient donc continuer sans le moindre frein.
Depuis plus de vingt ans, les dirigeants de la social-démocratie européenne font le même serment : « Pour sauver l’Europe, nous avons été obligés de différer l’harmonisation sociale mais c’est promis, c’est juré, le social sera l’objet du prochain traité ». Vingt ans d’expérience pendant lesquels la politique sociale a été à chaque fois sacrifiée sur l’autel de la libre circulation des capitaux (Acte Unique, 1986), de la monnaie unique (Maastricht, 1992) ou du pacte d’austérité budgétaire (Amsterdam, 1997). Mais vingt ans d’expérience qui ne leur ont servi à rien. Ils continuent leur rengaine. Ils proposent de signer le TME qui interdirait tout harmonisation des législations sociales et qui sonnerait le glas de ce qui reste de services publics en Europe mais ils s’écrient, de nouveau, la main sur le cœur : « Préparons un traité social, défendons une directive européenne pour garantir les services publics… » Qui peut encore les croire ?
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12.11.2007
LE TRAITE EUROPEEN EN 10 LECONS
10 questions, 10 réponses sur le Traité Modificatif Européen signé par Sarkozy. Par Jean-Jacques Chavigné

1- Le projet de Traité Modificatif Européen (TME) est-il différent du projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE) ?
Non. Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la Convention européenne qui avait rédigé le TCE, le reconnaissait d’ailleurs dans le Monde du 26 octobre 2007 : « Les outils sont exactement les mêmes, seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils ».
Le Traité Modificatif Européen (TME), adopté par les Chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union européenne, le 19 octobre à Lisbonne, est donc le même que le Traité Constitutionnel Européen (TCE) qui a été repoussé le 29 mai 2005 par 54,67 % des électeurs de notre pays.
Sarkozy a présenté ce projet de traité comme un « projet simplifié ». C’est un mensonge, il fait plus de 250 pages et reprend l’intégralité de la partie I (les institutions) et de la partie III (les politiques européennes) du TCE. La partie II du TCE (la charte des droits fondamentaux) qui était le seul élément un peu positif du TCE ne figure plus dans le traité mais dans un texte séparé.
Sarkozy s’est vanté d’avoir fait retirer du texte « la concurrence libre et non faussée ». C’est là encore un mensonge éhonté. « La concurrence libre et non faussée » a bien été retirée de la partie 2 mais elle est reprise dans un protocole, partie intégrante du traité, qui affirme que « le marché intérieur, tel qu’il est défini à l’article 3 du traité comprend un système garantissant que sa concurrence n’est pas faussée ».
Les seules différences (exceptée l’exclusion de la charte des droits fondamentaux) sont d’ordre symbolique : le texte n’est plus une Constitution mais un Traité dont la révision sera tout aussi difficile que l’aurait été celle de la Constitution ; le drapeau européen (qui flotte partout) et l’hymne européen sont retirés du texte.
Ce texte est donc un coup de force contre le vote « non » des deux seuls peuples consultés sur l’intégralité du TCE : les peuples français et néerlandais. L’initiateur de ce coup de force anti-démocratique est Nicolas Sarkozy.(A suivre.....)
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23.06.2007
DETTE ODIEUSE
06:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.06.2007
ELECTIONS LEGISLATIVES DANS LE 06
La Droite était (déjà) majoritaire à l'Assemblée. Dimanche, elle le sera plus encore. L'augmentation annoncée de la TVA, la nouvelle franchise sur les soins ou les exonérations fiscales n'ont pas plus réussi à mobiliser les électeurs concernés, comme si, résignés, ils avaient admis que c'était (déjà) là le prix à payer pour « gagner plus en travaillant plus ». Soit !
Pour autant, même si à force d'entendre répéter que tout était joué ; que la vague se transformerait en tsunami, les Azuréens, comme les Français du reste, se sont (trop) peu mobilisés.
Et pourtant, 1 % des suffrages exprimés en plus pour le Parti Socialiste représente un gain estimé de 25 sièges supplémentaires. Dans de nombreuses circonscriptions, tout se jouera, en effet, à quelques centaines de voix près.
Dans les Alpes Maritimes à Nice en particulier, nous avons la transcription presque parfaite des résultats présidentiels :
Dominique Boy-Mottard sur la 2e circonscription (+1,80%)
Patrick Allemand sur la 1ère circonscription (+ 1,39%)
Elodie Jomat sur la 3e circonscription (+ 0,14% sur la partie niçoise)
Paul Cuturello (- 0,13% sur la partie niçoise contre Estrosi l’homme fort du département).
Au final, seule la division de la droite permet deux deuxièmes tours : à Cannes (droite contre droite), à Nice 1 (droite contre gauche, mais là aussi le score des deux candidats de droite – plus de 54% - est comparable au score des autres circonscriptions
Dans la circonsciption d'Antibes:Les socialistes antibois et juanais ne sauraient se satisfaire des résultats de la candidate Noria Chaib:9,66% contre 16,53% obtenus en 2002 par Philippe Mussi et son suppléant Constant Germerie secrétaire de section.(16,72% à Ségolène au 1er tour)
Ils notent toutefois que malgré le handicap de bulletins de vote sur lesquels n'apparaissent pas l'appartenance de leur candidate au P.S ce qui a désorienté un certain nombre d'électeurs,elle s'est maintenue à la secone place,y compris sur la ville d'Antibes.
Ils s'amusent par ailleurs de constater que d'autres qu'eux sont sélectionnés par le député réélu,et maintenant maire candidat,comme adversaires privilégiés.
Ils rappellent que dans les scrutins de liste(Régionales PACA entre autres)la gauche est forte et gagne lorsqu'elle est unie derrière la tete de liste socialiste et que cette union profite à tous y compris aux représentants des partis minoritaires.Mais Gérard Piel a fait publiquement le choix de ne pas gagner.
Pour les municipales de 2008,les socialistes antibois ne partent pas battus,ils disposent d'ores et déjà d'une équipe nombreuse,forte,motivée,ouverte à nos partenaires,politiques ou non,et d'un programme"politique"au sens premier et plein du terme:c'est à dire d'un avant projet pour notre ville pour que ses nombreux atouts soient développés au bénéfice de tous las antibois et juanais.
Le maire actuel n'ignore pas que c'est déjà le sens des interventions de nos deux élus depuis 6 ans.A vous tous qui voulez une ville gérée autrement par un maire a temps plein.A vous tous de rejoindre une opposition réaliste et crédible que les socialistes représentent seule capable de priver le maire de l'une de ses multiples casquettes et de le rendre pleinement à son destin national
Lors des Présidentielles, Nicolas Sarkozy avait réclamé une carte blanche.Doit-il maintenant, en plus, bénéficier d'un droit de tirage illimité sur la carte bleue des Législatives
06:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.06.2007
ELLE CONTINUE
Et elle remet cela... Par Jacques Rodet
"il est très important que les électeurs de François Bayrou viennent soutenir les candidats de la gauche et réciproquement" si l'on veut "une République de progrès, un Etat impartial". Cette alliance serait "une bonne façon de préparer l'avenir" car "il y a des convergences qui sont nécessaires" avec les centristes, a estimé Mme Royal. "Nous pouvons rassembler nos voix au cours du deuxième tour des élections législatives. Ca me semble nécessaire cette ouverture, ce rassemblement des démocrates de progrès et de la gauche."Décidemment, c'est un véritable tropisme. Royal n'a d'yeux que pour le centre. C'est peut-être aussi le syndrôme de l'entre deux tours qui la pousse à découvrir des vertus à ceux qui sont à sa droite. Il faut dire que cela lui a tellement bien réussi pour la présidentielle, qu'elle remet cela ! L'addiction la guette.
C'est plus sûrement une stratégie, celle qui préconise le changement d'alliance, troquer nos alliés de gauche contre une droite bien récemment remaquillée en centre... et donner raison à tous ces chantres de la modernité depuis peu convertis à la rénovation qu'ils ne conçoivent qu'à travers leurs éloignement progressif, constant, délibéré, des fondamentaux du socialisme.
Quand est-ce que Royal va comprendre, quand est-ce que le parti va lui rappeler, que ce n'est pas de sa propre initiative, ni de sa prérogative de candidate battue à la présidentielle, de décider d'un changement d'alliance engageant l'ensemble du Parti socialiste ?
Quand est-ce que Royal va enfin s'abstenir, non pas de rénover (où était-elle à Dijon ? au Mans ? Pas avec les rénovateurs !) mais de dénaturer le PS ?
04:50 Publié dans Copier-Coller, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2007
KARCHER
Kärcher se fâche...
La société Kärcher promeut une campagne de communiqués dans la presse afin de dénoncer "l'utilisation répétée" de la marque dans la campagne électorale et écrit aux candidats à la présidentielle pour les mettre en garde contre une utilisation abusive de son nom.
"L'usage de notre marque à des fins politiques et pour désigner une ligne politique en relation avec des sujets de société sensibles est en opposition avec les valeurs que souhaite véhiculer notre entreprise, façonnée par 70 ans d'Histoire", a souligné Patrice Anderouard, porte-parole de Kärcher France.
"La société Kärcher sort aujourd'hui de sa discrétion car elle ne peut se reconnaître dans les propos et les amalgames récents auxquels est associé son nom", souligne le texte de la marque spécialisée dans les appareils de nettoyage sous haute pression, paru lundi ou à paraître cette semaine dans plusieurs quotidiens nationaux et hebdomadaires d'information générale. Kärcher France a en outre écrit à tous les candidats à l'élection présidentielle et aux présidents de groupes parlementaires à l'Assemblée nationale pour "expliciter clairement le positionnement de l’entreprise, placée malgré elle au coeur d’un débat qui ne la concerne pas", selon un communiqué. L’entreprise y rappelle que "Kärcher est une marque déposée (...) qui appartient à sa maison mère, la société Alfred Kärcher GmbH & Co Kg, dont elle distribue les produits en France et que le groupe dispose en conséquence de droits exclusifs sur l’emploi de cette dénomination".
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13.03.2007
FINI CHIRAC
CHIRAC quitte la scène politique
Finie la pomme, le bluff de la fracture sociale, l'appel de Cochin, le bruit et les odeurs, les canons de pinard au salon de l'agriculture. Adieu la droite républicaine franchouillarde post-gaulienne à la Léon Zitrone car les années 70 vont vraiment se terminer pour laisser libre champs à la droite décomplexée d'un Nicolas Sarkozy et d'un Steevy Boulet bien plus ancrés dans l'idéologie du libéralisme cinglé du XXIe siècle. Une page se tourne.
Jacques Chirac dans une ultime allocation télévisée abracadabrantesque a annonçé ce dimanche qu'il se retirait définitivement de la vie politique. "Au revoir, au revoir, président..." comme le scande le slogan publicitaire de la Française des Jeux. C'est, tristement et amèrement, la seule référence pertinente qui nous vient à l'esprit pour saluer le départ de celui que les Guignols de l'Info ont caricaturé en "super-menteur".
Laminés par 12 longues années d'échecs intérieurs Jacques et Bernadette Chiraquescu ne brigueront donc pas le troisième mandat de trop pour assurer leurs frais de bouches. Personne ne s'en plaindra, même à droite si on en croit le Figaro du samedi 10 mars. Avec son départ nous savons ce que nous perdons, une certaine idée du mensonge en France, sans ignorer qu'en échange nous pourrions hériter du dauphin de Neuilly et de ses intentions encore moins inavouables.
De la "Force Tranquille" aux "racailles" que de marches dévalées depuis la passation de pouvoir en 1995. Ce qui avait fait la force de François Mitterrand aura été autant de faillites chez Chirac : absence de vision européenne, manque de flair politique, décalage avec les réalités sociales, politique culturelle indigente se limitant à la répression des intermittents du spectacle et des internautes. Bref, abscence d'une certaine idée de la France.
Jamais Chirac n'aura les honneurs des romanciers et des cinéastes, jamais il n'aura son "Promeneur du champs de Mars" ou son "Da Vinci Code". Il ne leur inspire pas le respect, il n'aimait pas les pyramides et les travaux pharaoniques. Il préférait la tête de veau, la bière et Jean-Louis Debré.
A l'exception notable de la politique étrangère ou il remporta ses seuls succès (Irak, environnement, Coupe du Monde 98, Euro 2000) l'action de Jacques Chirac présente sur le fond un bilan pitoyable (Juppé, dissolution, chômage, paupérisation, Raffarin, canicule, émeutes, CPE, Villepin, Coupes du Monde 2002 et 2006). Sur la forme parole à Mathieu Van Berchem de la tribune de Genève qui résume à merveille l'esprit du personnage :
"Le président aurait pu, à l'exemple de François Mitterrand, donner un peu de romanesque à ses dernières années à l'Élysée. Inviter des journalistes à des parties de campagne autour de son château de Bity, en Corrèze, le temps de leur livrer quelques confidences. Gloser des heures à la télévision sur son amour du Japon et des arts de l'Extrême-Orient. Bref, tisser sa «légende». Il n'a pas eu ces coquetteries. Il pourrait, dimanche au terme de son discours, quitter sa chaise en lâchant un royal «au revoir». Chirac s'en est tenu à ses mornes interventions télévisées, à ses entretiens du 14 Juillet: toujours d'un ennui mortel, mais se fichant assez de la trace qu'il laisserait dans l'Histoire".
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19.02.2007
LA GAUCHE EST TROP BAS
Au regarde les sondages on doit admettre que l’on trouve un écho à ce que l’on observe autours de nous au niveau extrêmement bas des votes de gauche qui y sont pronostiqués.Que vaut ces sondages puisqu’il s’agit toujours des mêmes « échantillons » de 800 personnes ? Mais ils placent à moins de quarante pour cent au premier tour toute la gauche. C’est sans précédent depuis plusieurs décennies dans cette sorte de sondage et dans ce que nous avons constaté dans les urnes. Notre étiage, vraiment bas était 42 ou 43 points.
Il n'y a pas d'automatisme entre haut niveau de révolte contre la situation que nous constatons tous autour de nous et conscience de gauche.
La candidate socialiste recueille la grande majorité des suffrages de gauche en tous cas plus de la moitié. Ce qui la rend majoritaire à gauche et devrait faire réfléchir ceux qui s’obstinent à bâtir leur campagne alternative sur la dénonciation des socialistes l’autre gauche est explosée en miettes et le moteur de la conscience de gauche est plus que poussif dans la société. Il ne s’agit pas ici des qualités individuelles des personnes concernées Il s’agit de leur vision de l’action politique à gauche et de leur façon de s’adresser au pays. Tous gèrent des patrimoines électoraux et se disputent les mêmes votes acquis ou supposés tels.
Maintenant c’est le temps de l’action. Tous ceux qui ont méprisé le rôle des idées et de la construction des champs idéologiques peuvent se mordre les doigts quand ils voient la place qu’occupe dans le débat la question si spécieuse du « chiffrage » de ce que la meute médiatique nomme les « promesses ». La question elle-même est la réponse. Réfléchissez y. La question est la réponse. Elle suppose que le coût est net, sans contrepartie de rentrées qui y soit liées de quelques façons que ce soit. Par exemple un perroquet couine que « la mesure de gratuité des soins des jeunes de moins de 16 ans devait être rapidement chiffrée ». Ce serait un gouffre. Le même perroquet ne se demande pas ce qu’il en coûte qu’un jeune ne soit pas soigné. Normal Ce n’est pas son gosse. Le même perroquet ne se demande pas quelles sommes seront épargnées du fait que la prévention rapporte gros. Très gros comme le montre l’allongement actuel de la durée de vie (un bienfait ou un coût ?) et l’éradication de certaines maladie (un bienfait ou un manque à gagner ?) ..
J’y pensais en entendant le montant du bénéfice de Total. Le bénéfice peut-être regardé comme un impôt privé. Ici le montant acquis par Total ridiculise les petites phrases d’un Christian Blanc « la gauche n’a toujours pas compris qu’on ne peut pas distribuer davantage de richesses qu’on en produit ».
Précisément tout le débat concerne la répartition des richesses produites ! Ce travail d’éducation des consciences à « regarder autrement » est presque au point mort. Comment après cela, quand on est une brave personne qui court après la fin du mois pour boucler des comptes à revenus faibles et fixes, pouvoir comprendre que l’exercice du chiffrage relève d’un autre ordre de contrainte et de choix que celui d’un Etat et que précisément c’est pour cela qu’on est plus fort quand on mutualise les coûts et les recettes.
C’est un ouvrier métallurgiste syndiqué CGT à la SNCF qui me l’a appris dans les années 60. C’est lui qui organisait les formations de jeunes ignorants dans mon genre qui étudiaient en fac mais qui ne savaient pas grand-chose à propos de la lutte de classes. Où sont les maîtres des actuels nigauds ? Ils sont très occupés. Ils se torturent pour savoir comment répondre au piège de la droite à propos du chiffrage des promesses, sans doute.
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09.02.2007
CHARONNE

L’hommage aux victimes de Charonne
| Paris, février 1962. La perspective d’une fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée depuis la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et le gouvernement français. Cependant, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde s’accorde à dire que la seule issue possible est l’indépendance de l’Algérie. S’accrochant désespérément à leur rêve d’une Algérie française, les fascistes de l’OAS. (Organisation Armée Secrète), multiplient les attentats en Algérie et en Métropole. Cette stratégie de la terreur vise à mettre la pression sur le gouvernement français, qui se dit de plus en plus favorable à de nouvelles négociations avec le GPRA. Face à ce “péril brun”, les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin (Comité d’intellectuels luttant pour faire la lumière sur la disparition de Maurice Audin, militant du Parti Communiste Algérien), du PCF,de la C.G.T de l’UNEF, et du PSU. Dans les universités, des journées de grève sont organisées avec succès, ce qui pousse de Gaulle à déclarer: “Le peuple n’a pas à se préoccuper du problème de l’OAS; c’est aux forces de l’ordre d’agir”. Cependant, les forces de l’ordre ne sont pas aussi zélées dans leur lutte contre le terrorisme de l’OAS que dans la répression des sympathisants de la cause algérienne. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis, à Paris, par l’OAS. Les cibles sont des universitaires, des élus du PCF, des officiers, des journalistes ainsi que le Ministre de la Culture, André Malraux. La bombe qui visait ce dernier blesse grièvement une enfant de quatre ans, Delphine Renard, qui perdra un œil et sera défigurée. Cette vague d’attentats pousse la gauche à organiser un rassemblement, le 8 février 1962, place de la Bastille à Paris. Or, suite à l’état d’urgence décrété le 21 avril 1961, un arrêté préfectoral interdit toute manifestation sur la voie publique. Cependant, selon certains historiens (dont le Professeur Brunet), le préfet de Paris de l’époque, Maurice Papon, avait envisagé de tolérer la manifestation du 8 février. C’est le Général de Gaulle lui même qui se serait opposé à ce que le rassemblement ait lieu, après l’avoir qualifié de “communiste”, ce qui, dans sa bouche, signifiait clairement “subversif”, voire “dangereux”. De plus, l’interdiction de cette manifestation flattait l’aile droite de ses partisans, en montrant que de Gaulle ne jouait pas le jeu des communistes dans la solution du conflit algérien. Le jour de la manifestation, les consignes sont claires: il ne faut tolérer aucun rassemblement et “faire preuve d’énergie” dans la dispersion des manifestants. Cette “énergie”, les policiers dépêchés sur place vont la fournir de façon dramatique. Le quadrillage de la manifestation est parfait; c’est en direction d’une véritable toile d’araignée policière que se dirigent les manifestants, à partir de 18h00. 2845 CRS, gendarmes mobiles et policiers sont organisés en cinq divisions entourant le quartier de la Bastille, de la gare de Lyon aux métros Filles du Calvaire et Saint Ambroise, et de la rue Saint Antoine au boulevard Voltaire. Côté manifestants, on souhaite un rassemblement pacifique; un communiqué radio précise, le 8 février, que “les manifestants sont invités à observer le plus grand calme”. En outre, les organisateurs prennent la décision de ne pas défiler, estimant que la police ne chargerait pas un rassemblement statique. A l’heure du rassemblement, les manifestants se heurtent aux forces de l’ordre. Certains sont reflués sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, la tension monte peu à peu. En effet, quelques affrontements se déclenchent boulevard Beaumarchais. La réponse policière est terrible. On matraque des manifestants, des passants, les hommes, les femmes et personnes âgées, jusque dans les cafés et les stations de métro. L’acharnement est tellement aveugle que même des policiers en civil seront blessés. Mais c’est boulevard Voltaire et rue de Charonne que la répression est la plus violente. Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre, commandées par le Commissaire Yser, chargent le cortège. En effet, sur ordre de la salle de commandement, c’est-à-dire du Préfet Papon, il faut “disperser énergiquement” les manifestants. Les policiers chargent avec une telle brutalité et de façon si soudaine, qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche. Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, qu’ils frappent à la tête. Puis, c’est au tour des manifestants qui, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression fut de huit morts, dont un manifestant de quinze ans. Sept d’entre eux sont morts par étouffement, un des suites de blessures à la tête. Tous étaient communistes. Au lendemain du drame, la presse, de façon unanime, stigmatise la responsabilité des forces de l’ordre. Le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey, rejette quant à lui toute la responsabilité sur le Parti Communiste, qu’il accuse d’avoir tenu la manifestation malgré l’interdiction officielle. Au passage, le ministre assimile les manifestants aux fascistes de l’OAS, car ce sont là, explique-t-il, “deux ennemis de l’intérieur”. De son côté, la population française est largement choquée par ce déchaînement de répression: entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes. Cet épisode de la vie politique française témoigne une fois de plus de l’amnésie historique de l’État français, sur certains sujets. Pendant des années, le drame du 8 février 1962 sera relégué aux oubliettes de l’histoire officielle. Il faudra attendre quatre décennies pour voir la réouverture des dossiers sur la guerre d’Algérie, le début d’une prudente autocritique de la part de l’État, et pour que la lumière commence à se faire sur les événements qui ont coûté la vie aux huit victimes de cette terrible journée.
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