29.06.2008

QUE FAIT LA POLICE!

Autoroute A 9, un matin de juin. Direction: la sortie vers les plages Grande-Motte et Grau du Roi. Le papa, la maman et le petit Lucien, tout à la joie de cette journée ensoleillée. Péage de Gallargues! Un adjudant de gendarmerie et un autre militaire bloquent le couloir où passe la voiture et font signe au papa de se ranger sur le terre-plein latéral, bloquant pour cela les sorties des autres couloirs. D’autres véhicules se font déjà contrôler.

"Gendarmerie nationale, bonjour monsieur, madame, pouvez-vous me montrer carte grise, permis de conduire et attestation d’assurance?"

Le père, bien sûr s’exécute. L’adjudant tourne autour du véhicule pour vérifier l’immatriculation. A son retour, le père questionne:

"Qu’est-ce que j’ai fait? Excès de vitesse? Je ne m’en suis vraiment pas rendu compte.
-Pas du tout, répond l’adjudant, comme vous le voyez, nous procédons à des vérifications dans le cadre d’une opération anti-drogue. Pouvez-vous ouvrir le coffre?"

Le père sort donc de la voiture et ouvre le coffre que l’autre gendarme commence à fouiller minutieusement, ouvrant tous les sacs de plastique, soulevant la roue de secours. Il ne trouve évidemment rien.

"Madame, pouvez-vous descendre avec le petit, nous souhaitons fouiller aussi l’intérieur."

La mère descend avec son fils. Boite à gant, poches des portes avant et arrière, des dos de sièges, ne révèlent aucune poudre blanche. L’adjudant, constatant alors la totale innocence de la petite famille quant au trafic de stupéfiants, questionne:

"Avez-vous, Monsieur, la boite de lampe de remplacement des lampes de feux de stationnement?"

Le papa rouvre le coffre et lui montre.

"Et les vestes fluorescentes obligatoires?
-Désolé, répond le père, nous sommes allés hier en acheter, mais les stocks sont épuisés."

A ce moment, le petit, impatient de repartir vers les plages, s’adresse au gradé:

"Pourquoi tu ennuies mon papa?
-Je ne l’ennuies pas, je fais mon métier, je contrôle."

L’insulte fuse: "Connard!" L’adjudant s’adresse alors au père:

"Monsieur, votre fils vient de commettre un outrage, selon l’article 433-5 du code pénal. En vertu de l’article 227-17 , vous en êtes responsable. Suivez-moi à la gendarmerie de l’autre côté de l’autoroute pour contrôle d’identité."

D’abord complètement interloqué le père se reprend et rétorque:

"Mon adjudant, s’il vous plaît, giflez plutôt mon fils!

14.07.2007

FETE NATIONALE

   Un journaliste et une caméra, dans la rue, le 14 juillet dernier. Question : "Le 14 juillet, c'est quoi ?" Réponse : "La fête nationale" - "Mais encore ?" - "Ça doit fêter la fin d'une guerre mais je ne sais plus laquelle…" La fin d'une guerre, non. Fête nationale, oui… et encore ! Pas depuis longtemps !

   Une fête nationale qui date de 1880
   C'est la IIIème République qui décide d'instaurer une fête nationale ou, plus précisément : "une fête de la République", ce qui n'est pas la même chose. Aussi les députés cherchent-ils non pas une date marquante pour le pays, tous siècles confondus, mais un jour important dans le seul calendrier de la Révolution française. De nombreuses dates sont proposées par les députés comme par les sénateurs : 4 août, 5 mai, 9 thermidor… C'est finalement le 14 juillet, jour de la prise de la Bastille par le peuple, qui l'emporte. Un 14 juillet que Victor Hugo a contribué à élever au rang de mythe en 1850 par son poème "Célébration du 14 juillet" dans le recueil Chansons des rues et des bois : "C'est le quatorze juillet. […] Et l'infini s'éclairait du côté de l'espérance."

Le 6 juillet 1880, le 14 juillet devient officiellement fête nationale, comme le confirme une loi votée par la Chambre et par le Sénat. Pour que cette fête devienne à la fois populaire et marquée par les réjouissances les plus grandes, le 14 juillet est déclaré chômé : on ne travaille pas, c'est bien rare à l'époque. La IIIème République conseille un emploi du temps que vont respecter mairies et préfectures : défilés militaires et réceptions officielles le matin, banquets républicains le midi, fêtes foraines, bals et feux d'artifice (pour les communes qui peuvent s'en offrir un) le soir.

Après la Première Guerre mondiale, des défilés de la victoire sont organisés pour le 14 juillet, qui devient une vraie fête nationale plutôt qu'une fête de la République.


   Et avant 1880 ?
   Sous l'Ancien Régime, le jour que l'on pourrait qualifier de national était le 15 août. Ce jour consacré à la Vierge Marie, toujours férié aujourd'hui, était à la fois une fête religieuse importante et une fête dynastique. Rappelons que temporel et spirituel se confondaient alors, que le roi l'était "de droit divin" et qu'associer le religieux et le politique semblait non seulement naturel mais souhaitable.

C'est Louis XIII qui fait du 15 août la fête de la France. Rappel des faits : Louis XIII et Anne d'Autriche se sont mariés en 1615, mais leur premier enfant (le futur Louis XIV) ne naît qu'en 1638. Lorsque, en février 1638, Louis XIII apprend que la reine est enfin enceinte (près de 23 ans après leur mariage !), il signe à Saint-Germain-en-Laye des lettres patentes plaçant le royaume "sous la protection spéciale de Marie, mère de Jésus". Le 15 août 1638, l'ensemble du royaume célèbre la consécration faite par Louis XIII à la Vierge, en lui remettant "sa Personne, son État, sa Couronne et ses Sujets". Des processions en l'honneur de la Vierge et de la France ont désormais lieu dans tout le pays, tous les ans, le 15 août. Des pèlerinages sont organisés, des enfants consacrés à Marie. Une fête qui reste très importante, dans un pays massivement catholique, jusque dans l'Entre-Deux-Guerres.

Texte : Marie-Odile Mergnac

15.06.2007

PAS UNE RIDE

Tout le monde a fait le constat que la jeunesse fortement mobilisé par les médias avait été voter lors des Présidentielles. Par contre il faut bien admettre que lors des législatives la mobilisation aura été très inférieure. Les jeunes prétendent ne pas connaître... l'utilité réelle de ce scrutin et les candidats, justifiant ainsi leur abstention. Je leur dédies ce message qui n'a pas pris une ride de l'homme de gauche le plus respectable à mes yeux : Pierre Mendés France.
Un texte que Sarkozy aurait pu faire lire dans les lycées au début de chaque année scolaire !
MESSAGE A LA JEUNESSE (prononcé le 22 décembre 1955 à la télévision)
"
 La jeunesse est impatiente et sévère dans ses jugements, probablement plus en France qu'ailleurs, certainement aujourd'hui plus qu'avant. Ce n'est pas moi qui vous en blâmerais, vous les jeunes, car vous avez de fortes raisons d'être inquiets, d'être critiques. Je n'ignore pas ces raisons. Mais je sais aussi qu'il dépend de vous que votre critique demeure vaine et votre impatience stérile, ou qu'elles soient, l'une et l'autre, et dès maintenant, des ferments d'énergie et d'action ; On dit souvent selon une formule un peu banale, mais vraie, que vous êtes le sang nouveau qui peut revivifier la nation.
Si demain les resonsabilités doivent vous incomber, il n'est pas trop tôt pour en assumer d'ores et déjà une part, et plus importante que vous ne croyez - mais il faut le faire très vite. Sinon, un jour, vous trouverez écrasante la charge des hypothèques que vous aurez laissé accumuler sur vous
Cela arriverait immanquablement, si vous permettiez que se gaspille et se perde la force vive dont vous disposez, si, prenant prétexte de ce que l'Etat vous ignore ou vous néglige souvent, vous vous détourniez de la chose publique, si vous vous désintéressiez de la conduite des affaires de ce pays, c'est-à-dire du foyer où vous passerez votre vie entière, et où vous serez demain heureux ou malheureux. Aussi, vous ne pouvez pas vous borner à répéter : " A quoi bon ? ". Vous devez vous employer dès maintenant à faire changer ce qui doit être changé. (...)
L'efficacité du régime républicain, du régime de liberté, ses chances de survie et de prospérité dépendent donc des liens qu'il saura créer entre la jeunesse et lui. Si notre République ne sait pas capter, canaliser, absorber les ambitions et les espoirs de la jeunesse, elle périclitera, elle perdra de plus en plus son sens et sa justification, elle se dissoudra ; mais si elle sait s'y adapter, si elle est capable de comprendre l'espérance des filles et des garçons de France, d'épouser cette espérance, de la servir dans chacune de ses décisions, alors elle n'aura rien à craindre des aventuriers, des démagogues, des extrémistes, car elle sera toujours plus forte et plus vivante, portée par sa jeunesse, ardemment défendue, et chaque jour renouvelée par elle. (...)
Mais cela ne suffit pas. Jeunes hommes et jeunes femmes de France, vous devez intervenir et agir par vous-mêmes. Organisez-vous, groupez-vous, pour faire entendre votre voix, participez aux mouvements de jeunesse, animez-les, poussez-les à exercer sur les pouvoirs publics une pression continue, afin de faire triompher les décisions que dicte le sens de l'intérêt collectif !
Et ce n'est pas tout encore. N'hésitez pas à prendre part à la vie politique, qui sans votre inspiration risquera toujours de retomber dans les vieilles ornières
Ayez constamment présente à l'esprit la relation étroite et quotidienne qui existe, et qui maintenant existera de plus en plus, entre vos préoccupations, vos soucis, vos besoins, et l'action d'un grand Etat, qui, après tant d'épreuves, veut se refaire, veut se redresser. Comprenez le rôle que vous pouvez jouer, la contribution dans la marche en avant que vous pourrez apporter. Décidez dès aujourd'hui de peser de toutes vos forces sur la destinée nationale, préparez de vos propres mains l'avenir plus heureux et plus juste auquel vous avez droit. Soyez enfin, au sens le plus riche de ce mot, des citoyens

08.06.2007

OUVERTURE DES MARCHES E.D.F

Ouverture des marchés de l'électricité et du gaz

L'UFC-Que Choisir appelle les consommateurs

 à conserver leurs contrats actuels



Le 1er juillet 2007, les marchés de l'électricité et du gaz vont être ouverts à la concurrence pour les particuliers français. A compter de cette date, les consommateurs pourront :

-Soit rester aux tarifs réglementés, fixés par les pouvoirs publics et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, en ne souscrivant à aucune nouvelle offre.

-Soit quitter les tarifs réglementés et choisir une offre aux prix de marché. Ces offres seront proposées par tous les fournisseurs, y compris EDF et Gaz de France.

 

L'UFC-Que Choisir alerte les consommateurs sur les conséquences de l'abandon des tarifs réglementés :

-Les risques d'augmentations violentes des prix sur le marché libre sont bien réels. Les tarifs réglementés resteront ainsi inférieurs, voire très inférieurs pour l'électricité, aux prix de marché.

-Le choix que feront les consommateurs de souscrire une offre au prix de marché sera irréversible. Lorsque l'occupant d'un logement, qu'il soit propriétaire ou locataire, souscrira une offre sur le marché libre, ce logement ne pourra plus jamais bénéficier des tarifs réglementés.

 

Ainsi, les consommateurs qui quitteront les tarifs réglementés pourraient voir, comme on l'a constaté pour les entreprises, leur facture grimper de + 65 %, soit une dépense annuelle supplémentaire de 1 222 euros pour un ménage de 4 personnes qui éclaire et chauffe son logement à l'électricité. Le ménage devra faire face à cette augmentation de prix puisque la loi lui interdit de revenir aux tarifs réglementés.

Dès le 1er juillet, l'UFC-Que choisir place sous surveillance les marchés de l'énergie, grâce à :

-Un Indice des Prix de l'Electricité et du Gaz (IPEG), regroupant plus de 400 profils de ménages. Cet outil permettra de suivre l'évolution des prix sur le marché libre et régulé.

-Un observatoire des pratiques commerciales et des contrats, permettant de repérer dès la diffusion des premières offres, les éventuels abus commis par les professionnels et obtenir leur cessation.

 

A un mois de l'ouverture des marchés, l'UFC-Que Choisir dénonce l'inertie des pouvoirs publics qui n'ont rien prévu pour informer massivement les consommateurs sur les conséquences des choix qu'ils pourraient faire, dans un contexte économique et juridique nouveau et complexe.

L'UFC-Que Choisir lance une campagne d'information et met à la disposition des consommateurs :

-Un serveur vocal d'information : 0 811 88 10 88 facturé au coût d'une communication locale.

- Une liste de plus de 50 questions/réponses. Cliquez ici.

27.05.2007

PHOTO OFFICIELLE

PHOTO OFFICIELLE DE N.SARKOZY


 

Réalisée par Philippe Warrin, de l'agence Sipa, le cliché frappe d'emblée par la posture droitière de notre président. Icône glaciale et monotone des lendemains qui déchantent, dans une pièce faiblement éclairée par l'espoir incarné par la gauche de remporter les prochaines législatives.

 

L'image est immobile : le président, inerte, semble déjà dépassé par son rôle. Dans son smoking au couleur de l'orage, il esquisse faiblement un demi-sourire de victoire. Manque de dynamisme coupable, antinomique à l'homme.


207a60d199d75c7dab9ab4433f338b44.jpgPlacé devant le drapeau français, il entend redonner la prédominance du chef de l'état sur sa nation. La présence de drapeau européen inquiète : veut-il signifier à ses collègues du vieux continent que, désormais, il dictera la marche à suivre, au premier plan ? Posture napoléonienne, corps orienté à droite, menace planante sur la Turquie. Les étoffes semblent d'ailleurs couchées, mortes, endormies à jamais sur la bibliothèque : le président Sarkozy fera de son règne une monarchie, et gare à ceux qui se mettront sur sa route ! Le blason faisant office d'oreille est révélateur : à l'écoute, attentif aux bruits de couloirs et aux critiques, il fera de son quinquennat un modèle de régime contrôlé par la presse et les médias.


Regardons attentivement sa main : l'auriculaire, accoudé au pouce, exprime, dans la liturgie indienne, l'ambition. On le sent sur ses gardes, anxieux, contrarié par la pose : l'homme aurait tant aimé être ailleurs, en train de pourchasser les inégalités ou les sans-papiers.


La bibliothèque de l'Elysée manque de vie. Nicolas n'est pas très cultivé, nous le savons bien. Au microscope, les poussières se dessinent sur les livres : ils n'ont pas été caressés depuis un moment, les pauvres. Ces bouquins donnent une impression de grandeur qui colle mal au personnage.

Son début de bedaine est troublant, pour un sportif de ce rang. Il rappelle le vorace président Chirac, affalé sur ses dossiers et ses quatre-fromages. Beaucoup moins svelte qu'une, prenons un exemple au hasard, Ségolène Royal, il décalque mal son portrait entretenu durant sa campagne. Cette gravure est, en réalité, la véritable allégorie de Sarkozy. La triste et sinistre réalité.
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23.05.2007

LE COMPTE JAPONAIS REFAIT SURFACE

Les juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'affaire Clearstream, ont versé au dossier, vendredi 18 mai, de nombreux documents concernant un compte ouvert par l'ancien président Jacques Chirac au Japon et qui pourrait lui valoir d'être convoqué chez les magistrats, affirme Le Canard enchaîné du mercredi 23 mai.
Le compte, qui aurait "vu passer, selon Le Canard, des sommes considérables", se serait retrouvé au cœur d'une enquête du général Philippe Rondot, acteur clé de l'affaire Clearstream, qui aurait noté consciencieusement sur des petites fiches toutes les informations passées à sa portée. Les dossiers versés sont "d'épaisses liasses de documents et 112 fiches", rédigés par le militaire, et qualifiés "d'explosifs" par des magistrats et policiers cités par l'hebdomadaire.

Convocation

Selon le Canard, ces nouveaux documents devraient valoir à l'ex-président une convocation après le 17 juin, date de la levée de l'immunité pénale liée à son statut de chef de l'Etat.
Les juges s'interrogent en effet sur la provenance de ces fonds. Selon le procès-verbal d'une audition du juge Rondot publié par le Canard, ce compte "ouvert à la Tokyo Sowa Bank a été crédité d'une somme totale évaluée à 300 millions de francs", soit 45 millions d'euros

19.04.2007

BZZ BZZ LES ABEILLES

Ce n’est pas une blague

18 avril 2007

Selon le Parisien-Aujourd’hui en France, « les champs magnétiques émis par les mobiles provoqueraient des interférences avec le système de navigation naturel des abeilles et les empêcheraient de retrouver leur ruche. Désorientées, perdues, incapable de s’alimenter, elles n’auraient pour seule issue que la mort ». Telles sont les conclusions d’une étude allemande. Ces conclusions plutôt surprenantes ne semblent pas être prise au sérieux par Philippe Lecompte, président du Réseau biodiversité pour les abeilles. Selon lui, la baisse du nombre d’abeilles s’explique par « la modification du paysage botanique changeant le bol alimentaire des abeilles, l’apparition de nouveaux parasites au début des années 2000, et surtout depuis octobre 2005, l’arrivée d’un frelon asiatique. »

28.03.2007

GRAND ORIENT DE FRANCE

L’Aube se lève au Grand Orient ?

par Mithridate, le 24 mars 2007

 

 

Que l’amateur de complots secrets et de trahison de l’ombre, savant autoproclamé des secrets supposés de la République et des coups tordus de derrières les lourds rideaux du théâtre de la société, retourne directement au vestiaire. En effet, la seule intervention réellement mystérieuse et hermétique lors de cette conférence fut celle d’un homme gavé de littérature bon marché et de divagations internautiques qui mena avec beaucoup d’humour –du moins espérons que ce fut de l’humour- une véritable divagation en temps réel. L’assistance nombreuse su écouter avec attention et patience cet exposé incroyable de science fiction, suite à quoi, elle s’en alla vers d’autres cieux, peut être plus sérieux.

Car c’est sans doute de sérieux dont fit preuve Jean-Michel Quillardet dans sa longue intervention de plus d’une heure. Le thème était « Les rapports entre la franc-maçonnerie et la citoyenneté » mais il s’agissait en réalité de définir ce qu’était et ce qu’est aujourd’hui la franc-maçonnerie et plus spécifiquement le Grand Orient De France. Voici ce qui peut s’apparenter à la substantifique moelle de l’intervention :

 

« Les voitures qui brûlent sont souvent des appels »

C’est en commençant par là que le Grand Maître s’attelle à la tache difficile d’explication de ce qu’est la franc-maçonnerie. Et il commence d’abord par présenter les spécificités du Grand Orient De France (GODF) vis-à-vis des autres obédiences maçonniques.

Cette obédience, dont les origines remontent à la veille de la Révolution Française, est en effet pleinement attentive des évolutions et des signes extérieurs que la société peut manifester. Ces voitures qui ont brûlé pendant les émeutes de banlieue sont autant de petites lumières pour indiquer, faire signe, que la situation dans les quartiers était intenable. Discriminations, enclavement, racisme, chômage, pauvreté, perte du service public, … voilà les causes véritables de la violence déchaînée dans ces banlieues.

C’est donc au moins à l’écoute de la société et le plus souvent en avance sur les institutions que les francs-maçons ont choisi la Révolution, favorisé la liberté de culte, soutenu la République, initié la Séparation du spirituel et du temporel, incité à la loi sur l’avortement,… Si le GODF n’est pas l’unique contributeur du passé glorieux de notre République, il en est un acteur évident, toujours aux cotés des forces du « Progrès, de la construction et de l’acquisition », fermement opposé à ce qu’il y a de « Tradition, de surnaturel et d’inné ».

« Nous sommes là pour rappeler les valeurs et les principes »

C’est là la rôle premier du GODF. « L’institution, l’obédience, est plus dans l’extériorisation, dans l’action sociétale » au moyens de publications, de rencontres avec le public profane, de conférences ouvertes au plus grand nombre.

Les valeurs et les principes, nous les connaissons, ils sont sur tous les frontons de nos mairies mais encore faut-il les rappeler, les expliquer, les déplier pour les illustrer et faire que chacun puisse s’en saisir, les appréhender et les user. Il faut aussi savoir prolonger ces valeurs d’idées neuves qui en découlent et les faire percer sur la place publique : « Aucune idée ne se manifeste spontanément, elles sont le fruits de mouvements longs ». Et c’est donc dans la longueur, en prenant le temps qu’il faut que l’obédience contribue à faire éclore de nouvelles idées ou à réhabiliter certaines plus anciennes comme le montre le retour des « Lumières » dans le débat public.

« Refuser tout savoir imposé, construire sa propre pensée »

L’une des valeurs fondamentales défendue par le Grand Orient De France reste la Laïcité. Cette valeur repose sur trois acceptations : Une forme juridique, une forme philosophique et une façon d’être.

La Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 caractérise l’expression juridique de la laïcité. Cette loi fondamentale rappelle l’incompétence de l’Etat à s’occuper des affaires religieuses et l’incompétence des religions à s’occuper des affaires de l’Etat : « Loi de principe au début du XXe siècle, elle devient loi de circonstance au début du XXIe ». L’apparition récente de l’islam n’est en aucun cas contredite par cette loi.

Sous sa forme philosophique, la laïcité c’est la liberté absolue de conscience qui fait de l’Homme un être libre mais qui fonde surtout l’Homme comme Citoyen. C’est cette faculté de s’émanciper, de devenir maître de sa propre vie, « d’être le créateur de la construction de soi » pour, en conséquence, retourner pleinement et sereinement à la rencontre de l’altérité, souvent différente mais dont la richesse de l’échange naît de cette différence.

C’est dons dans la vie de tous les jours se dire que « j’ai peut être un petit peu tord malgré ce que j’affirme de toute ma force, malgré les convictions profondes qui m’animent ». La laïcité permet le vivre ensemble.

« Le citoyen sait aller au delà de lui-même dans le rassemblement qu’offre la Nation »

Car c’est en effet en s’affranchissant des différences qui existent entre chacun d’entre nous qu’il devient possible de se retrouver tous dans le sein de la Nation. C’est « l’universalité de la citoyenneté qui permet de s’élever au dessus de soi même, au dessus de nos appartenances, au dessus de nos communautés ».

La démarche maçonnique permet, mais ce n’est pas la seule, de « mieux se connaître pour mieux aller vers les autres ». « Le maçon dans sa loge se construit lui-même, se forme, découvre d’autres formes de pensée et d’expression pour faire à l’extérieur [de la loge] une pédagogie des valeurs dans des responsabilités diverses où il nous incombe d’être exemplaire ».

« La citoyenneté c’est s’engager, la franc-maçonnerie sait s’engager »