09.11.2009

LA DISTRIBUTION DE L'EAU:UN SCANDALE

Le scandale de la distribution de l'eau

Exclusif. L'enquête du JDD révèle l'état calamiteux des réseaux d'eau potable en France. Un litre sur quatre est perdu. Coût de ce gaspillage pour la collectivité: 2 milliards d'euros.

Fuite d'eau Exclusif JDD

Une fuite d'eau en pleine ville. Les ruptures de canalisations sont une des explications du grand gaspillage de l'eau. (Maxppp)

Les habitants de Rouen savent-ils que les jolies ruelles pavées de la vieille ville cachent un grave problème pour l’environnement et… leur pouvoir d’achat? Ceux d’Avignon, de Nîmes, d’Amiens ignorent sans doute qu’ils sont, eux aussi, concernés, comme la plupart des Français. Le JDD révèle un scandale aussi invisible que silencieux. L’état des canalisations du pays est calamiteux, à quelques exceptions près. Fuites jamais traitées, ruptures intempestives… Chaque jour, des milliers de mètres mis en distribution n’arrivent jamais aux consommateurs.

Notre enquête dévoile la gravité de la situation dans les plus grandes villes. Des pertes colossales sont enregistrées partout, sans distinction de couleur politique du maire ou du mode de gestion, en régie ou déléguée au privé. Ce palmarès édifiant est réalisé pour la première fois à la lumière des rapports réalisés par les collectivités locales, que le JDD a rassemblés. Nîmes occupe la malheureuse première place de notre classement (voir). Seuls 6 litres sur 10 parviennent aux consommateurs de la ville. A Rouen, on reconnaît aussi les dégâts. Plus de 3 litres sur 10 se perdent en cours de route. Les efforts d’investissement de la régie ont été portés de 6 millions d’euros par an à 10 millions. "Ce n’est pas un problème d’exploitation mais de l’état du sous-sol", plaide Alain Renaud, directeur du pôle Eau et Assainissement.

Une facture de deux milliards d'euros

Quelle est l’étendue du problème à l’échelle du pays? Selon de récents calculs du ministère de l’Ecologie, 1 litre sur 4 disparaît dans une fuite ou une rupture de canalisation. Ce taux de 25% est nouveau. D’anciens rapports évoquaient plutôt 20%, statistique retenue jusqu’ici comme moyenne par les compagnies privées d’eau et les régies. Le scandale est écologique. Ces centaines de milliers de mètres cubes sont prélevés dans les rivières et les nappes pour rien. Il est aussi économique: cette eau est traitée par les usines pour être rendue potable mais elle n’arrive jamais aux robinets. Le calcul est implacable. Un mètre cube revient environ à 1,42 euros. Les réseaux perdent 1,5 milliard de mètres cubes par an. Le coût pour les Français est ainsi évalué à plus de 2 milliards d’euros.

Elus locaux, régies et compagnies se renvoient les responsabilités. Une chose est sûre, les communes méconnaissent souvent leurs réseaux. La moitié des canalisations ont plus de quarante ans et l’on ignore pour beaucoup leur emplacement précis, la date de pose et le matériau de construction… Pour ne rien arranger, les travaux se font au goutte-à-goutte. "Il y a peut-être eu un peu de laxisme", murmure- t-on à la Fédération des collectivités concédantes et en régie, l’association des élus locaux intéressés par l’eau, l’électricité et le gaz.

Un minimum de pertes est inévitable

Le gouvernement va intervenir. Réagissant à notre enquête, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno, considère que la situation ne peut plus durer (voir). Elle critique la passivité des collectivités et appelle à une prise de conscience. Le Grenelle va fixer des objectifs à atteindre en fonction de la taille des agglomérations en instaurant un mécanisme assimilable à un bonus-malus. Les villes devront, en moyenne, parvenir à 15% de pertes. Les ingénieurs disent qu’un minimum de pertes est inévitable. Les sous-sols bougent, les consommations varient, le climat use les matériaux et les joints fatiguent.

Il n’empêche. A l’autre bout de l’échelle, plusieurs villes prouvent qu’il est possible d’agir. Paris, meilleur élève de France, est un cas atypique. D’autres témoignent de leurs efforts. "Nos ressources se trouvent dans des nappes superficielles, elles viennent rapidement à manquer s’il ne pleut pas. La solution était d’investir pour ne pas gaspiller", explique-t-on à Rennes, où près de 5 kilomètres de canalisations sont changés chaque année sur un total de 519 kilomètres. A Reims, "c’est une philosophie". "Nous avons le souci d’assurer la pérennité de notre patrimoine sans reporter la facture sur les générations futures", savoure Jean-Christophe Inglard, directeur de l’eau de Reims Métropole. Les premiers de la classe peuvent fanfaronner.

http://www.lejdd.fr/Ecologie/Actualite/Gaspillage-de-l-ea...

04.11.2009

CHUT:CHUTE DES ADHERENTS UMP

45735073.jpeg

Cachez ce chiffre que je ne saurais voir. Au dernier pointage, l'UMP compte officiellement 228 740 adhérents à jour de cotisations, soit le même niveau qu'à l'automne dernier, mais nettement moins qu'au mois de janvier, lorsque le secrétaire général du parti majoritaire, Xavier Bertrand, revendiquait 270 000 adhérents.

C'est un « confidentiel » du Figaro qui a révélé ce chiffre jeudi dernier. « La rubrique du Figaro porte bien son nom », note au passage Politique.net, « l'information est restée confidentielle », alors même que le chiffre des adhérents PS à jour de cotisations avait fait le tour des médias fin septembre, lorsque Libération écrivait qu'il était descendu à 64 000 (il est depuis remonté au-dessus de 90 000 après la consultation militante du 1er octobre).

Surtout que l'UMP s'éloigne allègrement de l'objectif fixé par Xavier Bertrand, quand il avait été installé en grandes pompes à la tête du parti, le 24 janvier :

« Nous atteindrons et dépasserons les 500 000 adhérents en 2012. »

On comprend mieux pourquoi le parti n'a pour une fois pas fait de communiqué, ou pourquoi le bloc qui indiquait le nombre de militants quasiment en temps réel a disparu de la page d'accueil du site de l'UMP depuis quelques mois.

« C'est décidé, je rends ma carte »

Après le soutien massif apporté par les caciques de la majorité à Frédéric Mitterrand pris dans la tourmente de ses écrits, la défense aveugle par les mêmes de l'élection/nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad a fini par écoeurer une frange des adhérents UMP.

Certains ont demandé leur radiation, comme le montre cette revue des commentaires réalisée le 20 octobre par LeMonde.fr :

Nicolas R : « On ne peut défendre l'indéfendable, justifier l'injustifiable, sinon on rentre dans un système autocratique dans lequel le chef a le droit de faire ce que bon lui plaît. Après dix-sept ans, pour la première fois, j'envisage de ne pas renouveler mon adhésion. »

Maxime C : « Jeune actif, issu des “quartiers populaires” comme on dit, j'ai adhéré en 2007 pour soutenir Nicolas Sarkozy. J'ai même eu quelques responsabilités aux Jeunes Pop'. Je croyais en sa vision du travail, du mérite et de la modernisation de la politique, nationale et internationale. (…) Mais maintenant Sarkozy, c'est décidé, je rends ma carte, et nous sommes nombreux de mes amis à faire de même… »

Philippe L : « Je suis militant, UMP… enfin je l'étais jusqu'à lundi dernier où j'ai demandé à la fédération de Gironde de me retirer définitivement de leurs fichiers. J'ai toujours voté à droite. Pour les municipales de 2008 j'ai pris ma carte. Je croyais bien faire. »

Dupont-Aignan et Villepin à l'affût

Pendant ce temps, les opposants à droite au parti présidentiel se frottent les mains. Notamment Nicolas Dupont-Aignan, qui s'est réjouit mi-octobre dans Le Parisien des « cinquante adhésions » enregistrées ces derniers jours par son parti, le plutôt discret Debout la République, « d'ex-militants UMP écoeurés par le double langage de Sarkozy ».

Quant à la présidente du Club Villepin, Brigitte Girardin, elle a confié à Rue89 qu'il comptait plus de 4 000 membres et s'est fixé pour objectif d'atteindre 100 000 adhérents fin 2010 :

« A la Maison de l'Amérique latine [mardi dernier, ndlr], nous avons enregistré plus de 200 adhésions. Et 312 le lendemain ! Il y a un vrai mouvement. »

D'autant que Le Figaro précise pour l'UMP qu'il ne s'agit que de « chiffres officiels » et que « certains, rue de La Boétie [siège du parti, ndlr], assurent que le nombre de militants est en deçà des 200 000 ».

Ce n'est pas la première fois que ce chiffre est sujet à caution. Le 21 mars 2008, Patrick Devedjian, alors secrétaire général, annonçait « 109 239 adhérents UMP à jour de cotisations ». Difficile dès lors de croire qu'il avait grimpé à 270 000 à l'automne dernier, d'autant qu'il n'y a pas eu d'élections entre les deux dates, toujours sources d'adhésions. A moins que ce ne soit grâce aux tongs UMP distribuées sur les plages en été…

 

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

02.11.2009

BON APPETIT, MAIS SIGNER LA PETITION

Plus d’un milliard de personnes meurent de faim

 

La_faim-1b296.jpegde bluboux

La journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre dernier, était le cadre idéal pour la FAO (Food and Agriculture Organization) et le PAM (Programme Alimentaire Mondial) de rappeler les chiffres catastrophiques dévoilés dans le rapport de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture. La conjugaison des crises alimentaires et économiques a fait grimper le nombre de personnes affamées à des niveaux sans précédent : plus d’un milliard d’êtres humains sont sous-alimentés... En Asie et dans le Pacifique, leur nombre est estimé à 642 millions ; en Afrique subsaharienne, à 265 millions ; en Amérique latine et aux Caraïbes, à 53 millions ; au Proche-Orient et en Afrique du Nord, à 42 millions ; et dans les pays développés, à 15 millions.

Avant l’apparition des crises récentes, le nombre de personnes sous-alimentées accusait déjà une montée lente mais régulière au cours de la dernière décennie, indique le rapport. Des progrès appréciables avaient été accomplis dans les années 80 et au début des années 90 en matière de réduction de la faim chronique, essentiellement grâce à l’accroissement des investissements dans l’agriculture qui avait succédé à la crise alimentaire mondiale du début des années 70.

Mais entre 1995-97 et 2004-06, à mesure que l’aide publique au développement consacrée à l’agriculture perdait du terrain, le nombre d’affamés s’est amplifié dans toutes les régions, à l’exception de l’Amérique latine et des Caraïbes. Mais les progrès réalisés dans cette dernière partie du monde ont été par la suite annulés sous l’effet des crises alimentaires et économiques.

La hausse du nombre de victimes de la faim, à la fois durant les périodes de prix faibles et de prospérité économique et durant les périodes d’envolée des prix et de récession économique, montre la faiblesse du système mondial de gouvernance de la sécurité alimentaire, souligne la FAO.

La FAO tire également la sonnette d’alarme sur les ressources halieutiques : la mer est en voie d’épuisement. Si l’on ajoute à cela que le réchauffement climatique entraine des millions de gens vers la mort ou l’exode (et je pense notamment à la situation dramatique des populations autour du lac Tchad), on peut clairement affirmer que jamais la planète n’a connu une telle situation d’inégalité face aux besoins vitaux des populations. On peut également constater que malgré les déclarations péremptoires de plusieurs leaders politiques des pays développés depuis ces derniers mois, rien n’a été fait. Et pourtant quant il s’est agit de « sauver » les banques de leur propre turpitude, rien n’était plus urgent, rien n’était impossible, y compris de verser des milliards de dollars de fonds publics dans ce qui se révèlera surement être le tonneau des Danaïdes...

"Les 44 milliards de dollars d’aide publique au développement à consacrer au développement agricole représentent un montant très faible comparé aux 365 milliards de dollars dépensés en 2007 par les pays riches pour soutenir leurs agricultures, aux 1 340 milliards de dollars dépensés chaque année dans le monde sur les armements et aux sommes inimaginables qui ont été mobilisées très rapidement en 2008-2009 pour soutenir le secteur financier" a déclaré monsieur Jacques Diouf, directeur général de la FAO, lors de son discours le 16 octobre dernier à Rome.

Du 16 au 28 novembre aura lieu à Rome le sommet mondial sur la sécurité alimentaire. Il y a fort à parier que malgré l’appel de la FAO, du PAM et de nombreuses ONG, une fois de plus, rien ne soit fait. Nous sommes témoins de l’inaction de nos dirigeants jusqu’à ce jour et si nous ne les interpellons pas, nous serons complices.

Pour réagir et faire pression sur notre gouvernement, écrivez à l’élisée :

Pour écrire à l’élysée : par courrier, sans affranchissement ou par internet : http://www.elysee.fr/ecrire/



De : Bluboux

12.10.2009

VU DANS "RUE 89"

Le gouvernement annonce le doublement du budget alloué à la « vidéoprotection ». Objectif : tripler les caméras.

"Stop Control" (Photokraft/Flickr).

On passe de 10 à 20 millions d'euros d'ici 2010. Mais soyons précis : ce plan est un plan de cofinancement pour aider les communes à s'équiper. Ça va donc se passer comme ça : des commerciaux de grosses boites de sécurité vont aller voir des maires traumatisés par l'insécurité et leur étaler une galaxie de supers systèmes high-tech, de la caméra cachée à reconnaissance faciale au drone télécommandé qui se balade tout seul en banlieue.

Alléché, le maire va se lancer dans un projet que l'Etat va aider à financer au départ mais qui va exploser pour les années suivantes (personnel, entretien, mises aux normes…) et… qui ne sert à rien.

De l'image non visionnée à l'interdiction de porter un masque

Les rapports des experts et chercheurs n'en finissent plus d'expliquer qu'installer des caméras sans personnel suffisant et suffisamment formé pour regarder les images ne sert à rien. Les images sont perdues et pire, la police se repose et la délinquance augmente de facto.

Point de vue atteintes aux libertés, les caméras sont tellement inefficaces qu'on est obligé de pondre des lois imposant au citoyen comment s'habiller pour que cette bête caméra puisse le filmer. Ridicules patchworks totalitaires qui, à moins de se payer des masques transparents, viendront bien vite se briser sur l'autre paranoïa, la grippe porcine.

Un rapport de l'Inspection générale de l'administration (IGA) est le seul vantant l'efficacité de la vidéoprotection. Méthodologie simpliste : on a regardé les statistiques de la délinquance dans les zones équipées de caméras et on en a déduit que… Sauf que ces statistiques sont elles-mêmes très largement décriées et fausses.

Autre problème, le rapport avait initialement été confié à Philippe Melchior, président du comité de pilotage pour le développement de la vidéoprotection. Cherchez l'erreur : du coup, on a demandé à l'IGA de se charger de l'affaire, histoire de faire crédible.

Aider le lobby de la vidéosurveillance à convaincre

Et l'examen du travail de ce comité de pilotage au sein du ministère de l'intérieur est très instructif sur les véritables objectifs du plan de triplement des caméras.

Ils ont édité un petit guide. En préambule, une petite histoire destinée à illustrer « à qui est destiné ce guide et comment on doit le lire ». Du terrorisme ? Un horrible enlèvement d'enfant ? Pas du tout : un propriétaire de jardinerie qui s'est fait fracturer la porte de son hangar et qui veut se protéger.

Non seulement le guide mais l'ensemble des FAQ et des documents du site, en fait tout le travail de ce comité, consiste à encourager, conseiller, orienter et faciliter les démarches des particuliers ou entreprises souhaitant s'équiper.

Confirmé par Brice Hortefeux lorsqu'il parle « d'étendre ces dispositifs de vidéoprotection [aux sites industriels et commerciaux], aux commerces de proximité ou encore aux logements sociaux. »

Le but de la manœuvre : aider le lobby de la vidéosurveillance à convaincre le petit paysan, le chef d'entreprise, le gérant de village vacances, le maire de commune. M. Melchior d'ailleurs, prend sur son précieux temps pour intervenir aux Assises nationales de la vidéosurveillance urbaine, grand événement qui met en contact les professionnels vendeurs et les clients potentiels.

Et il va en déglutir, le client pigeonné, de la caméra inutile, inexploitable et souvent illégale. Car le délai de conservation des images est d'un mois maximum. Car un centre de supervision, ça coûte des fortunes en installation et en norme de sécurité et une autre fortune en personnel à former (au minimum deux par centre). Car les demandes d'accréditation au préfet ou à la Cnil sont d'une infinie complexité et que l'assistance d'un cabinet de conseil coûte en moyenne 800 euros la journée (hors frais).

L'objectif véritable : la vente, pas la protection

Le vrai plan, c'est de vendre plein de caméras qui enregistrent des images que personne n'a ni le temps ni les moyens de visionner. Plan, caméras, enregistrer, images, personnes, temps, moyens, visionner ? Perdu, le mot clé dans cette phrase, c'était vendre…

Mais vendre quoi au juste ? Ces braves gens, soucieux de la sécurité de leurs clients et de leurs électeurs, on ne va pas leur vendre de la vieille VHS. Le numérique, c'est vraiment plus économique, en temps, en fonctionnement, en stockage. Une note technique très intéressante pondue par ce fameux comité nous explique d'ailleurs comment ça marche, le numérique.

Enfantin : il suffit d'entrer dans la barre d'adresse d'un navigateur Internet l'adresse IP de la caméra pour y avoir accès, tout simplement. N'importe qui peut le faire, et dans la plupart des cas, aucun mot de passe n'est requis : absurde à la logique humaine, de protéger la protection…

Preuve ? Vous tapez dans google inurl : « view/index.shtml » ou encore inurl : « MultiCameraFrame ? Mode= ».

Magie : les adresses IP de milliers de cameras de surveillance partout dans le globe. Des parkings, des campus, des autoroutes, des tarmacs d'aéroports… si n'importe qui peut faire ça en deux clics, imaginons ce que peut faire quelqu'un d'un peu plus patient et déterminé. Il pourra enrichir la novlangue à loisir : vidéoplanification d'attentat terroriste, vidéorepérage des lieux d'un casse, vidéovol de secrets industriels et, quand on aura bien équipé les établissements scolaires, vidéopédophile de cour de récréation…

Mots promis à un grand avenir à mesure que les gouvernements financeront la grande arnaque de la vidéoprotection.

Photo : « Stop Control » (Photokraft/Flickr).

05.10.2009

A LIRE

Besancenot, l'idiot utile du sarkozysme ?  

Certains articles de Marianne2 ont parfois évoqué la convergence d'intérêts entre le Président et le leader du NPA. Renaud Dély, vient, dans un livre de théoriser cette intuition. Non seulement Sarkozy et le postier sont d'accord pour cogner sur le PS, mais, du vélo au PSG en passant par Michel Drucker, les symboles qu'ils déploient pour séduire le peuple sont souvent les mêmes. Curieuses coïncidences, non ?



Besancenot, l'idiot utile du sarkozysme ?
L’un court, l’autre pédale. Et les deux avancent vite, très vite, quitte à bousculer l’ordre établi de leurs camps respectifs. Nicolas et Olivier sont deux grands communicants, fort bien conseillés en la matière et qui savent l’un comme l’autre à quel point la politique est aujourd’hui devenue un grand son et lumière, une affaire d’images et de propos, de paroles et musique.

Comme beaucoup d’autres responsables politiques, de droite comme de gauche, d’extrême droite comme d’extrême gauche, Olivier Besancenot a observé Nicolas Sarkozy, ses techniques de com, sa méthode, ses trucs et ses références. Si l’on met à part le « cas Arlette » (Laguiller), qui a réussi à faire d’un gimmick ringardissime – son inimitable « Travailleurs, travailleuses ! » – une éblouissante trouvaille de communication, Olivier Besancenot est le premier leader d’extrême gauche à importer la dimension communicante de l’action politique au sein d’un militantisme révolutionnaire d’ordinaire fort peu ludique, à peaufiner cette approche, et même à en faire une priorité de sa stratégie politique.

Et, pour y parvenir, le facteur de Neuilly s’est converti en un tour de main à une révolution d’inspiration authentiquement sarkozyste qui repose sur un axiome simple : pour toucher le peuple, tous les canaux sont bons, du canapé rouge de Michel Drucker au micro des « Grosses têtes » de Philippe Bouvard ! […]

Ballon rond et petite reine

Le PSG ! Voilà justement l’une des passions que Nicolas Sarkozy partage avec… Olivier Besancenot.
Avant d’être à l’Elysée, le premier fréquentait assidûment la tribune présidentielle du stade de la porte de Saint-Cloud, il y emmenait son petit dernier, Louis, le fils qu’il a eu avec Cécilia, et s’affichait fièrement, comme un bon papa, avec son rejeton sur les genoux et une écharpe rouge et bleue autour du cou. Et le chef de l’Etat continue de temps à autre à aller supporter le PSG et à se glisser dans les vestiaires après le match, ce qui lui valut par exemple, au printemps 2009, de subir une blague douteuse de Ludovic Giuly. De petite taille, le joueur parisien, espiègle, s’est collé au président et lui a lancé : « Je voulais vérifier si vous étiez aussi petit que moi ! » Nicolas Sarkozy a eu du mal à sourire, d’autant que le boute-en-train du vestiaire est (un peu) plus grand que le chef de l’Etat…

Olivier Besancenot revendique, lui aussi, d’être un grand supporteur de l’équipe de la capitale. Envers et contre tout, envers et contre tous. Car ce n’est pas rien que de se revendiquer fan du PSG ! Cela vous donne un côté canaille, un rien gavroche (justement le nom d’un groupe de supporteurs historiques du club), c’est l’assurance que vous êtes un garçon mal élevé, rebelle et indifférent à l’image que les autres ont de vous. Être supporteur du PSG, c’est un label qui vaut tous les certificats de mauvaise conduite. […] Car le football est bel et bien devenu un outil incontournable du combat politique. C’est une médiation aujourd’hui indispensable à quiconque prétend élargir son audience.
 
Au vu de la dimension planétaire de ce sport, de sa puissance émotionnelle et de son impact économique, financier et tout bonnement médiatique, c’est à la fois un moyen de toucher le public le plus large possible et de s’adresser directement, sans intermédiaire, à chaque individu. Méthode de séduction d’autant plus efficace que l’amour du foot relève d’une fibre quasi enfantine propre à attendrir les cœurs les plus inflexibles. Sarkozy comme Besancenot exhibent donc leur passion du ballon rond dès qu’ils en ont l’occasion, le porte-parole du NPA se débrouillant par exemple pour glisser quelques « parties de foot avec des copains » au milieu de ses campagnes électorales. […]

Olivier Besancenot, lui, ne met pas en scène son penchant pour le Tour. Il n’en a pas besoin. Il est le Tour. Combien de fois le leader d’extrême gauche a-t-il été suivi par une caméra de télévision pédalant dans les rues de Neuilly pour aller porter le courrier aux bourgeois et nantis de l’ouest parisien ? Rituelle, l’image est quasiment devenue un passage obligé de tous les portraits consacrés au porte-parole du NPA. Et celui-ci s’y est toujours plié de fort bonne grâce. Car Besancenot et ses conseillers savent à quel point cette image-là lui est profitable.

Mieux que d’en faire le Bernard Hinault – ou le si tendre et donc si populaire « Poupou » – de la cause révolutionnaire, voir pédaler Besancenot le pli entre les dents, c’est renvoyer l’électeur à une autre image célébrissime inscrite dans la mémoire nationale, un instantané qui relève de l’imaginaire tricolore, du patrimoine républicain : Besancenot sur son vélo, c’est Jacques Tati dans Jour de fête ! Cette madeleine-là réveille le souvenir de toute une liturgie laïque, c’est une histoire en noir et blanc, celle de nos grands-parents, qui parle à la fois à tous du pays et à chacun d’entre nous de nos ancêtres, familles et lignées.

Elle illustre une certaine idée de la France, immuable, rurale et éternelle, qui se transmet de génération en génération, et que l’on retrouve aussi bien dans les racines du pompidolisme que sur le clocher du village de l’affiche « La force tranquille » de François Mitterrand, en 1981, ou, plus récemment, dans ces grandes figures de l’histoire de France, de Péguy à Jaurès, récitées par Nicolas Sarkozy à l’occasion de ses meetings de la campagne présidentielle de 2007.

Le facteur du NPA s’applique tellement à annexer la bicyclette, à la fois emblème et totem, que dès les trois premières lignes de son livre Révolution il dégaine une métaphore osée : « La vie est devant nous, le monde à portée de main. Nous pouvons le changer. Mon “petit vélo” à moi, c’est faire la révolution, c’est-à-dire renverser la société capitaliste avant qu’elle nous écrase.  » […]


Or l’un comme l’autre, Nicolas Sarkozy comme Olivier Besancenot, sont d’abord deux créatures médiatiques, deux boulimiques du son et de l’image qui vont jusqu’à rivaliser sur le site communautaire Facebook. Si le profil du chef de l’Etat y détient, de loin, la pole position parmi les responsables politiques français avec, à la date du 5 août 2009, 122 926 fans – il faut dire qu’une partie des services de l’Elysée se consacre à faire triompher cette cause-là aussi… –, c’est justement le leader du NPA qui arrive en deuxième position avec 17 614 supporteurs, loin, très loin devant Ségolène Royal ou François Fillon. A défaut de changer le réel, au moins la révolution triomphe-t-elle dans le monde virtuel.

Dans un registre plus terre à terre, il y a longtemps que Nicolas Sarkozy ne se fait plus prier pour se jeter sur tous les micros et caméras qui passent, quels que soient leur nature, valeur et prestige plus ou moins douteux. Pour le chef de l’Etat, le 20 heures de TF1 vaudra toujours mieux que le 19/20 de France 3 et les « Sacrée soirée » d’antan de Jean-Pierre Foucault pèseront toujours plus lourd que « Les dossiers de l’écran » tout simplement parce que ces émissions-là permettent de toucher un public beaucoup plus large. Olivier Besancenot a fini par se rallier à cette philosophie de la communication fort peu révolutionnaire mais diablement efficace.
Des « Grosses têtes » de l’increvable Philippe Bouvard sur RTL à « Vivement dimanche » du non moins endurant Michel Drucker sur France 2, en passant par les talk-shows de Christine Bravo, Laurent Ruquier, Patrick Sébastien ou Daniela Lumbroso, il n’a raté aucun des passages obligés du PAF que s’infligent les vedettes grand public en mal de succès. Cette vedettisation a beau avoir provoqué quelques réticences au sein de la LCR, Olivier Besancenot est chaque fois allé un peu plus loin, repoussant les limites de l’effeuillage télévisuel tant qu’il y voyait un moyen de faire avancer sa cause.

Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme, de Renaud Dely, Bourin éditeur, 162 p., 19 €.


01.06.2009

LE RSA C'EST LE RMI EN PIRE

Le Monde fait naïvement l’apologie du RSA et de Martin Hirsch. Un Rsa qui entérinerait une république des Békés s'il était mis en application dans les départements d'Outre-mer, tant les craintes sur la pression à la baisse des salaires et l'intensification du travail au noir se font jour.

 

897077-1059894.jpeg

 
(Caricature de Louison - http://louison-et-les-crayons.blogspot.com/)

Dans son édition du samedi 30 mai le Monde consacre deux pages et son éditorial à la célébration du RSA, considéré comme une « bonne nouvelle », un « pari », une « réforme socialement juste », et un « nouvel outil (qui) devrait d’abord jouer un rôle d’amortisseur face à la crise ». En une, ce titre : « Le RSA entre en application dans toute la France ». Y compris dans l'Outre-mer, donc?

 

Eh bien non, justement. Le RSA n’entre pas en vigueur aujourd'hui 1er juin dans les départements ultramarins. Et un récent rapport sur sa mise en place dans ces mêmes départements risque bien de le compromettre. Apparemment, Le Monde a oublié que les DOM font partie de la France. Trop aveuglé sans doute par le courage du soldat Hirsch, celui qui fit « inscrire son RSA dans le programme présidentiel de Ségolène Royal » et qui finalement « s’est battu avec énergie pour faire passer une réforme qui prenait à rebrousse-poil une grande partie de la droite, jusqu’au sein du gouvernement ». On oserait à peine gâcher la fête... A croire que ce n'est pas Sarkozy qui s'est essayé à des tentatives d'ouverture, mais bel et bien Hirsch qui a fait de l'entrisme. Tiens donc...

 

Le journal finit malgré tout par préciser que la taxe finançant le RSA ne concerne pas « les plus riches », « bouclier fiscal oblige ». Un «détail» qui passe presque inaperçu dans cet océan de louanges. Ainsi donc, la taxe concerne essentiellement les classes moyennes ! Droite oblige, est-on tenté de préciser.


Un salarié ultramarin sur deux pourrait être concerné par le RSA

Capture d'écran - Rapport RSA
Capture d'écran - Rapport RSA
Dans ces conditions, il n'est pas étonnant de ne pas trouver, dans cet article, la moindre mention du rapport publié le 26 mai dernier sur le RSA en Outre-Mer. Dommage, car on y apprend beaucoup de choses. Ainsi, s'appuyant sur des données fournies par la Cnaf et la Drees, le rapporteur explique : « à barème équivalent au barème métropolitain, 42% de la population des DOM est potentiellement couverte par le RSA (…). ». Un Revenu de Solidarité Active élaboré afin de palier au problème des travailleurs pauvres… Et qui concerne presque la moitié de la population d’Outre-mer!

Travail au noir et baisse de salaire en perspective

« Le choix d’un barème plus favorable conduirait donc à une couverture d’au moins la moitié de la population, choix dont les effets pourraient être déstabilisateurs pour le marché du travail. En effet, les entreprises pourraient alors être incitées ne pas à augmenter les salaires, notamment aux niveaux proches du point de sortie du RSA, voire à ne déclarer qu’une partie de la durée effectivement travaillée, pour optimiser les sommes perçues au titre de la prestation. ». Cet extrait du rapport interroge. En effet, la possibilité que la généralisation du RSA puisse avoir des effets contre-productifs est ici clairement confirmée. Et qui formule cette hypothèse ? Un député UMP spécialement choisi pour étudier la question. 

  

Car les craintes que soulève le dispositif depuis son lancement n'ont jamais été démenties. Pour preuve, le rapport poursuit : « Il convient par ailleurs d’indiquer que le RSA n’est sans doute pas le meilleur instrument de lutte contre le travail dissimulé et d’incitation à la reprise d’activité à temps plein, compte tenu du caractère familialisé et dégressif de cette prestation. (...) Un salarié peut donc trouver plus intéressant de ne pas déclarer une partie de son activité, pour ne pas voir le montant de son RSA diminuer. ». 

 

D'autre part, le RSA est un complément de salaire sans limitation de durée. Cela revient finalement à subventionner des emplois précaires à long terme, voire à faire tomber dans la précarité des salariés qui gagneraient trop pour en bénéficier. Un dispositif qui, en définitive, s’inscrit dans l’assistance aux travailleurs pauvres sans leur permettre de se sortir de cette situation. Une mesure qui finit par déresponsabiliser les employeurs en cassant la valeur « travail » du fait de la distorsion des écarts entre la rémunération et le travail effectué.

 

Enfin, n’en déplaise aux journalistes du Monde, la prime au retour à l’emploi existait déjà avec le RMI depuis 2006 … Et les incitations pour reprendre un travail aussi  ! Ce qui change fondamentalement avec le RSA, c’est la pérennisation de ce complément au delà d'une année ; le fait que des « sous salariés » vont être confinés dans une pauvreté durable … Bref, une politique de droite qui  favorise l’assistanat des patrons et l’emploi précaire. Bref, Martin Hirsch a simplement lancé la version 2 du RMI, une version 2 qui n'améliore en rien la version initiale. 

 

Une version qui conforterait le pouvoir des békés qui paient déjà au lance-pierre les salariés de Guadeloupe et d'ailleurs, car elle leur donnerait les moyens légaux de justifier leurs pratiques. Des pratiques qui expliquent en partie que, plus de la moitié de la population d'Outre-mer vit en dessous du seuil de pauvreté. Un RSA qui la condamnerait ad vitam eternam à n'avoir guère mieux. Au bout du compte, n’est-ce pas une chance pour les ultramarins que d’être épargnés par cette réforme 

12.03.2009

BANOGNE FAIT LA UNE DE L'UNION

Serge Minet atteint de collectionnite aiguë

 


Serge Minet connaît sa « caverne » sur le bout des doigts. Chaque année, c'est le grand nettoyage. Ca lui prend… un mois.
Les nombreux qualificatifs dont pourrait être affublé Serge Minet, de Banogne, feraient de lui un champion au Scrabble. Un collectionneur au sens premier du terme.

Les linguistes n'en finissent pas d'inventer des nouveaux mots pour qualifier les collectionneurs des objets les plus divers. Sans doute devraient-ils se pencher sur le cas de Serge Minet qui collectionne… les collections.
« Dans le temps, quand j'étais jeune, je collectionnais les sous-bocks de bière. C'est resté dans un carton et, 30 ou 40 ans plus tard, j'ai repris », confie Serge, 66 printemps au compteur.
C'est donc il y a une douzaine d'années que le virus le (re) prend. D'abord en tant que cervalobélophile (collectionneur de sous-bocks de bière donc), puis rapidement avec les verres, qu'ils soient de bières (il en a plus de 2 000 aujourd'hui), de marque, de vin (plus de 1 200), en passant par les chopes, etc.
« Dans la Somme, il y avait un collectionneur qui se faisait vieux et qui vendait ses verres. Je lui en ai acheté. Mais sinon, c'est surtout sur les brocantes que je trouve. Je peux en faire 7 par week-end ».
Des pièces anodines à celles qui ont une certaine valeur, tout y passe. Serge Minet, ancien président d'une association de bouliste, ancien boulanger, aujourd'hui encore dans l'agriculture, s'est même construit une véritable caverne d'Ali Baba, accolée à sa maison de Banogne, à l'ouest de Château-Porcien.

ndlr:Qui ne connait pas Banogne

Une pièce dédiée à ses collections
« Je n'avais plus de place dans la maison. En 1999, j'ai construit ce bâtiment. Aujourd'hui il n'y a plus que la collection de petits vases de ma femme dans la maison », raconte Serge.
Et dans cette pièce entièrement vouée à accueillir ses collections, Serge est comme un poisson dans l'eau.
D'un côté les verres, de l'autre les boîtes en fer ; au milieu les capsules de champagne (c'est son côté placomusophile), les petites voitures de pompiers, les 140 vinyles 33 tours de Johnny Halliday, les bouteilles de parfum, les BD de Tintin, les 30 000 cartes postales, les boîtes d'allumettes (son côté cumixaphiliste), les journaux de guerre, les briquets, les calendriers de la poste, les étiquettes de fromage (son côté tyrosémiophile),…, j'en passe et des meilleurs.
Sans oublier tout le pan de mur réservé aux 5 000 cendriers publicitaires (son côté publitéphraphile).
« J'en ai très peu en double, c'est ceux qu'on me donne. Sur les brocantes, au premier coup d'œil, je sais si je l'ai ou pas. Je me rappelle où j'ai eu chaque pièce », souris Serge en nous montrant des bouteilles de champagne d'une grande maison rémoise, qui à l'époque les avait bradées.
Serge n'est pas le genre de chineur à rentrer bredouille d'une brocante. Il accumule, il accumule en se disant, avec le temps, ça va prendre de la valeur.
« Maintenant, il y a beaucoup de gens qui collectionnent, les prix montent. Dans le temps, ce n'était pas comme ça ».
Nul doute qu'avec ses 70 000 objets en tout genre, Serge va devoir réfléchir à agrandir sa pièce. « Il y a de la place », glisse t-il en désignant le jardin.

E.D.

24.02.2009

BUGNES LYONNAISES

En ce jour de Mardi-Gras

on fait des bugnes.Voiçi la recette                                                                           

d'un boulanger lyonnais 


650 gr de farine
150 gr de beurre
2 oeufs complets + 2 jaunes d'oeufs
20 gr de levure de boulanger à diluer dans une petite tasse

 d'eau chaude
1 pincée de sel
De la fleur d'oranger.

on mélange tout ensemble, et on pétri, pétri, et pétri encore.
Au moins 15 minute de travail.

quand c'est fini, on fait une croix sur la boule avec un couteau                                                                              on couvre d'un linge humide

  On laisse reposer 2 h près d'un radiateur.

Dans une sauteuse on fait bouillir, à fond les watts, 2 litres d'huiles.

On étale la pate le plus fin possible (plus c'est fin, mieux c'est).
on coupe des lanières pour faire des bugnes de 12 cm x 5 cm avant cuisson.

Si on juge la bugne coupée trop épaisse, ne pas hésiter à lui remettre

 un coup de rouleau (tant pis si elle devient énorme)

On jette dans l'huille bouillante.
Ca doit gonfler instantanément, et les bugnes ne restent pas plus

 de 20 secondes dans l'huile si elle est bien chaude.

On les poses sur un sopalin.

Quand elles sont un peu refroidit, on les roules dans du sucre glace,

 et hop, dans un panier en osier.

Il y en a suffisement pour distibuer à votre famille

Noubliez pas d'aérer après

04.02.2009

NICOLAS SARKOZY

Nicolas Sarkozy - N'oubliez pas !

 

Nicol_s_Sarkozy

 

 

N'oubliez pas !

- Il a sauvé Alstom, et libéré Ingrid Betancourt.
- Nicolas Sarkozy peut encercler ses ennemis. Tout seul !
- Quand Nicolas Sarkozy pisse face au vent, le vent change de direction.
- Nicolas Sarkozy peut claquer une porte fermée...
- Nicolas Sarkozy a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.
- Certaines personnes portent un pyjama Superman. Superman porte un pyjama Nicolas Sarkozy.
- Jésus Christ est né en 1955 avant Nicolas Sarkozy.
- Nicolas Sarkozy ne porte pas de montre. Il décide de l'heure qu'il est.
- Nicolas Sarkozy peut diviser par zéro..
- Dieu a dit : "Que la lumière soit !" Et Nicolas Sarkozy répondit : "On dit s'il vous plaît".
- La seule chose qui arrive à la cheville de Nicolas Sarkozy, c'est sa chaussette...
- Quand Google ne trouve pas quelque chose, il demande à Nicolas Sarkozy.
- Nicolas Sarkozy fait pleurer les oignons.
- Les Suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel côté Nicolas Sarkozy se situe.
- Chez certains hommes, le testicule gauche est plus large que le droit. Chez Nicolas Sarkozy, chaque testicule est plus large que l'autre..
- Nicolas Sarkozy sait parler le braille.
- Il n'y a pas de théorie de l'évolution. Juste une liste d'espèces que Nicolas Sarkozy autorise à survivre.
- Nicolas Sarkozy et Superman ont fait un bras de fer. Le perdant devait mettre son slip par dessus son pantalon.
- Un jour, au restaurant, Nicolas Sarkozy a commandé un steak. Le steak a obéi.
- Nicolas Sarkozy a un jour avalé un paquet entier de somnifères. Il a cligné des yeux.
- Nicolas Sarkozy mesure son pouls sur l'échelle de Richter.
- Nicolas Sarkozy connaît la dernière décimale de Pi.
- Nicolas Sarkozy peut taguer le mur du son.
- Quand la tartine de Nicolas Sarkozy tombe, la confiture change de côté.
- Nicolas Sarkozy est capable de laisser un message avant le bip sonore.
- Une larme de Nicolas Sarkozy peut guérir du cancer, malheureusement Nicolas Sarkozy ne pleure pas.
- Quand Nicolas Sarkozy passe devant un miroir, il n'y a pas de reflet : il n'y a qu'un seul Nicolas Sarkozy.
- Si Nicolas Sarkozy dort avec une lampe allumée, ce n'est pas parce qu'il a peur du noir, mais parce que le noir a peur de lui.
- Le calendrier de Nicolas Sarkozy passe du 31 mars au 2 avril. Personne ne fait de blague à Nicolas Sarkozy...

24.11.2008

SARKOZY VAINQUEUR PAR ABSTENTION

Pour ceux d'entre nous qui ont modestement  suivi le Congrès de Reims , cette 81ème semaine de Sarkofrance a confirmé une triste évidence : le président français peut être agité, princier, monarque, maladroit, nerveux, paranoïaque, inculte voire incompétent, aucun concurrent valide et valable ne s'est cependant distingué en France depuis mai 2007 pour le challenger durablement.


Un président usé qui abuse
Comme Sarkozy a néanmoins tenu nombre de promesses, elles devaient être finalement mauvaises: la répression criminelle est plus forte, mais les prisons débordent puisque que la réforme pénitentiaire était le cadet des soucis du nouveau Président. La défiscalisation des heures supplémentaires a grevé le budget de l'État , de la Sécurité Sociale et des retraites sans créer d'emplois. Le durcissement du traitement des chômeurs et pré-retraités a précarisé ces derniers. Les mesures d'économies sur le «train de la vie de l'Etat», par le biais symbolique de suppressions de postes de fonctionnaires sont apparues dérisoires dans le budget et dangereuses.

Nicolas Sarkozy s'est même permis de mettre le feu inutilement à des secteurs qui ne demandaient rien : citons la révision autoritaire et idéologique des programmes scolaires, la suppression des ressources publicitaires du service public audiovisuel et l'imposition du démarrage des programmes télévisuels à 20h35, ou la réforme de la carte judiciaire.

Dernier gadget, le «fonds souverain d'investissement stratégique». L'idée est séduisante, mais elle est réservée aux PME innovantes et aux entreprises stratégiques. Les salariés licenciés de Renault, PSA, Amora, Sanofi ou du secteur bancaire peuvent aller pointer au chômage ailleurs. Cet argent n'est pas pour eux. D'ailleurs, il n'y a que 6 milliards d'euros, et pas 20.

Un président qui se ridiculise
Il n'y a que quelques blogueurs tenaces et de rares journalistes têtus pour relever systématiquement les incohérences présidentielles. L'agitation médiatique et législative de Sarkozy n'a produit objectivement aucun effet positif sur l'économie et les conditions sociales des Français. A l'exception d'une minorité bénéficiaire du paquet fiscal, la majorité du pays se retrouve aujourd'hui davantage fragilisée qu'hier. Et le président français a beau expliquer crânement qu'il a sauvé la Géorgie, l'Europe politique et le système financier international, il devient la risée des observateurs étrangers. La France n'a jamais aussi bien porté sa caricature: Sarkozy est notre un petit coq gaulois. La première année, il se contentait de jacqueter dans les basses cours des dictatures du monde. Depuis cet été, c'est plus gênant. Il nous humilie devant des plus forts. Obama l'a gentiment snobé en juillet dernier. Medvedev, le président russe s'est gentiment gaussé de ses tics («le président Sarkozy aime être à la tribune pour parler»). L'estimé Washington Post a critiqué son agitation inutile il y a 10 jours.

Voici cette semaine l'International Herald Tribune qui flingue en bonne et due forme notre Monarque gaulois et son action européenne et internationale: l'Union pour la Méditerranée est oubliée aussitôt passé le 14 juillet; la présidence de l'Eurogroup après 2008 lui est refusée; son Traité simplifié est rejeté; son projet de refonte du capitalisme mondial est repoussé au 31 mars. Plus grave, le journaliste américain pointe l'inconstance dangereuse de Sarkozy dans l'affaire des missiles nucléaires américains à Kaliningrad : le Monarque, debout à la tribune à Nice à côté de Medvedev, critique l'utilité de ce bouclier américain, lui qui encourageait une éventuelle riposte nucléaire contre l'Iran. Puis, il se reprend quelques jours plus tard, après les protestations britanniques, tchèques et polonaises. Un ancien ministre de Tony Blair expliquera plus tard aux participants d'un meeting de l'OTAN en Espagne : «on dirait que Medvedev prend Sarkozy pour une truite grasse et lente qu'il peut dévider à loisirs

Seul compte le show, pour Nicolas S.

Mais un président sauvé ?
La crise mondiale aidant, Sarkozy a cependant gagné un sursis. Cet été, les sondages se sont retournés. Les Français craignent moins pour leur pouvoir d'achat que pour leur emploi. Le chômage est devenu la première préoccupation de nos concitoyens depuis cet été. Le slogan sarkozyste «Travailler plus pour gagner plus» reste obsolète et anachronique, mais il a tôt fait d'éclipser la misère sociale du pays. Si la gauche ne change pas rapidement son fusil d'épaule pour s'attaquer à la protection de l'emploi et la lutte contre la précarité, elle va une fois de plus passer à côté du sujet essentiel.

 

Cette récession est en effet pour l'instant une triple bonne nouvelle pour le président: elle masque son échec (paquet fiscal, heures supplémentaires, etc) ; elle divertit les attentions par la peur ; elle replace le discours sarkozyste sur le travail au cœur du dispositif. Car la France entre en récession, les déficits dérapent (mais le gouvernement ne renonce pas à ses échecs fiscaux) et l'administration Sarkozy semble gouverner à vue. Moins d'Etat un jour, Gosplan le lendemain, etc... Une chose demeure, les plus riches sont épargnés.

La coquille vide de l'UMP
Le parti majoritaire n'aide pas le Président. L'UMP a beau jeu de se moquer du Parti Socialiste, et de prendre un air mi-sérieux mi-compatissant («c'est important d'avoir une opposition en démocratie, mais regardez-les.»). Elle n'est pas mieux lotie. Hier agacés par son narcissisme «bling bling» qu'il a dû mettre de côté, les parlementaires expriment de temps à autre leur énervement: Christine Boutin en a fait les frais il y a un mois; Rachida Dati est lâchée en pleine campagne d'impopularité . Au sein même de l'UMP, l'agitation parfois grotesque de Frédéric Lefebvre , l'ancien lobbyiste et conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy devenu député et porte-parole de l'UMP ne doit pas faire illusions

L'UMP a perdu plus de 100 000 adhérents, Patrick Devedjian nommé à sa tête a été désavoué à plusieurs reprises depuis un an (par la nomination de sarkozystes zélés tels Xavier Bertrand à ses côtés); Jean-Pierre Raffarin, «l'autre patron par intérim» de l'UMP a été sèchement évacué de la présidence du Sénat. Même l'élection du patron des «Jeunes Populaires» s'est soldée par une mascarade à la fin de l'été. Il y a quelques semaines, l'UMP s'était lancée dans des «ateliers du changement» pour «refonder le capitalisme». La liste des 37 propositions est amusante; la présentation de ces dernières à la presse a été l'occasion de nombreuses précautions : en gros, elles n'engagent que les débatteurs mais pas le gouvernement, et certaines ne seront étudiées davantage. Bel exercice de communication.


Nicolas Sarkozy n'a pas plus de réservoir de voix à son extrême droite que le Parti Socialiste n'en a à sa gauche. le FN paraît durablement miné par l'agonie politique de son chef historique, et les récentes élections municipales ont encore prouvé que son électorat n'a pas retrouvé le chemin des urnes.

Une opposition éparpillée façon puzzle
L'opposition politique aurait pu profiter de cet effondrement. Que nenni. François Bayrou pâtit ainsi de son inexistence parlementaire et d'un positionnement toujours ambigü. Cette semaine, il en est venu à intervenir sur les radios pour protester contre le détournement «probable» de son vote à l'Assemblée Nationale : il a été crédité à tort d'un vote favorable à l'allongement de l'âge de la retraite à 70 ans; en fait, c'était juste son voisin de fauteuil qui s'était trompé de bouton... De leur côté, les Verts ont compris la leçon de leur petitesse en acceptant une large union écologiste, de Bové à Hulot, pour le prochain scrutin européen. L'activisme parlementaire de 4 députés ne suffit pas. Le Parti Communiste souhaite lui se coaliser avec le Parti De Gauche de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon, deux dissidents socialistes depuis le 6 novembre. 1,3% + 0% = ? Restons sérieux. Olivier Besancenot travaille à son Nouveau Parti AntiCapitaliste, mais il ne veut pas diriger avec d'autres que lui.

En organisant le plus tard possible son Congrès, le Parti Socialiste a aussi manqué bien des étapes. Le rassemblement de Reims n'a pas été salutaire. Que Martine Aubry ait finalement réussi à l'emporter d'une courte tête repousse à plus tard la mise en ordre de bataille du premier parti d'opposition. La base militante est plus apaisée que ces chefs.

Pourtant les mobilisations sociales ou républicaines se multiplient. L'opposition existe, mais elle n'est pas parvenue à se structurer. Les échecs électoraux éparpillent toujours les perdants. C'est la loi du genre. On se dispute, on se chamaille. Le temps presse. Il ne reste 3 ans et demi à l'opposition pour s'ouvrir, se rassembler, se rénover, et organiser la riposte sur le terrain.

Malgré son impopularité rapide et record, le Monarque se frotte encore les mains

Toutes les notes