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20/01/2015

JE SUIS ATTERRE

L’organisation internationale de développement, dont la directrice générale, Winnie Byanyima, coprésidera l’édition 2015 de Davos, souligne aujourd’hui que l’explosion des inégalités entrave la lutte contre la pauvreté dans le monde, alors qu’une personne sur neuf ne mange pas à sa faim et que plus d’un milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants, a affirmé Oxfam lundi à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse), en appelant à "réécrire les règles" pour corriger ces inégalités "vertigineuses".

Etude à l'appui, l'organisation non-gouvernementale a indiqué que "la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches est passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépassera les 50 % en 2016".

"En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Le reste du cinquième (20%, ndlr) le plus riche de la population possède 46% du patrimoine mondial alors que 80% de la population mondiale ne se partagent que les 5,5% restant", a précisé Oxfam.

L'organisation, dont la directrice générale Winnie Byanyima va coprésider le forum de Davos, a réclamé "l'organisation cette année d'un sommet mondial sur la fiscalité pour réécrire les règles fiscales internationales".

"L'ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse", a dénoncé Mme Byanyima, pour qui "le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement". Elle a appelé les dirigeants internationaux à s'attaquer "aux intérêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère".

Oxfam a exhorté les Etats à adopter un plan pour lutter contre les inégalités, en contrant l'évasion fiscale, en promouvant la gratuité des services publics, en taxant davantage le capital et moins le travail, en instaurant des salaires minimum ou encore en mettant en place une protection sociale pour les plus pauvres.

Le forum économique mondial (WEF), dont ce sera la 45e édition, se tiendra à Davos de mercredi à samedi. Plus de 300 dirigeants politiques de premier plan, dont la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le Premier ministre chinois Li Keqiang et le secrétaire d'Etat américain John Kerry y sont attendus.

17/01/2015

JE LIS L'HUMA : EST CE GRAVE

 

Une loi de classe
Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’humanité

Quelle profession de foi ! « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires. » Elle est du ministre de l’Économie Macron, loin d’ici, à Las Vegas, lors d’un grand salon de l’électronique. Quelle profession de foi de la part de l’ancien banquier qui ne sait pas ce que signifie vivre dans la précarité absolue, travailler la nuit pour payer ses études, dormir dans la rue ou dans sa voiture pour certains, tout en ayant un emploi, ne pas pouvoir finir le mois pour un jeune couple.
Non ! Ayez « envie de devenir milliardaires », lui, le même qui veut rétablir pour les pauvres la troisième classe en car, faire travailler tout le monde le dimanche, allonger la semaine de travail et… abaisser le « coût du travail » ! C’est notre nouveau Guizot avec son « enrichissez-vous ». Lui, le super-millionnaire, explique donc aux jeunes, d’un ton culpabilisateur, que s’ils ne deviennent pas « milliardaires », ils ne sont pas dans le coup.
D’ailleurs, le président de la République a expliqué sans rire, lors de ses vœux, que ce projet de loi censé donner « un coup de jeune à la France » était aussi « une loi pour le siècle à venir ». Il faut se pincer pour ne pas s’écrouler de rire devant de telles grossièretés. C’est au contraire une loi de retour au XIXe siècle. C’est la contre-révolution libérale et anti-écologique.
Le ministre de l’Économie est chargé de tenter de faire changer des législations qui relèvent d’autres ministres, comme ceux du Travail, de la Justice, du Commerce ou de l’Artisanat, des Transports, du Logement. Il tente de modifier des pans importants de notre droit du travail : travail du dimanche élargi à la possibilité de douze dimanches travaillés par an, travail de nuit modifié, facilitation des licenciements, allongement du temps de travail, juridictions prud’homales mises en cause, inspection du travail affaiblie, médecine du travail dénaturée.
Autrement dit, la régression pour les travailleurs. Il projette aussi d’introduire les logiques marchandes dans des professions qui étaient jusque-là protégées, non pas pour diminuer les tarifs, mais pour les livrer à de grands consortiums capitalistes anglo-saxons. Sa logique est de faire admettre que plus rien ne doit échapper à la loi du marché capitaliste et à sa recherche de plus-value, extorquée du travail et de la consommation.
Ni l’organisation du temps de la semaine, ni les infrastructures d’un pays. Pour y parvenir, la prétendue loi naturelle du « marché capitaliste » prime sur la souveraineté des individus, leur organisation collective fondée sur l’idéal d’émancipation, condition de l’exercice de la citoyenneté et sur l’environnement. Elle prime aussi sur la souveraineté nationale, bradée sur l’autel décrépi des instances européennes et sur celui encore plus grand des intérêts privés, y compris étrangers, comme on le voit avec la vente d’une partie d’Alstom aux Américains de General Electric ou de l’aéroport de Toulouse aux capitaux canadiens et chinois.
Jusqu’aux industries d’armement proposées à la salle des ventes des rapaces de la finance internationale. C’est en cela que les fondements de la République sont gravement fissurés, affaissés, dégradés. Cette République sociale et solidaire, dont la force était de garantir la souveraineté de la nation et celle des individus, de protéger les citoyens contre le fait accompli de la loi du plus puissant, de la concurrence de plus en plus faussée.
La loi Macron porte une certaine idée de la société et des êtres humains. Ce ne peut être la nôtre. Son sens et ses conséquences doivent être étudiés, décryptés, débattus dans des ateliers citoyens, dans les usines, les magasins, les bureaux, les quartiers. Au nom de la République et d’une certaine idée du progrès humain, unissons-nous pour la rejeter. Cette édition spéciale de l’Humanité est un outil unique pour décrypter ce projet régressif et pour mobiliser autour de soi pour le mettre en échec.

C’est un service à rendre à l’intérêt général, aux idéaux de la gauche, à vos voisins, collègues de travail, membres de votre famille.

N’hésitez pas à le diffuser largement autour de vous. Il est temps de mettre un coup d’arrêt au « régressisme » en cours.

C'est fait 

28/12/2014

LU DANS LIBE

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PHOTO/Archives CL

J'ai eu la chance de travailler dans le passé avec l'architecte  Alexandre Chemetoff , homme de talents et de bon sens  , je porte çi-dessous l'entretien qu'il a eu avec Libé au sujet des grilles sur les bancs anti publics

Les grilles anti-marginaux posées sur neuf bancs du Champ-de-Mars ont placé Angoulême au coeur de l'actualité en ces fêtes de Noël. Politiques, anonymes et commerçants se sont abondamment exprimés. Mais il est une voix que l'on n'avait pas encore entendue, celle d'Alexandre Chemetoff, l'architecte-urbaniste qui a conçu la place du Champ-de-Mars. Libération a pu s'entretenir avec lui

Le Grand prix de l'urbanisme en 2000 a suivi de près les événements. "J'ai la même réaction que tout le monde, qui consiste à penser que c'est scandaleux et inapproprié. Mais quand on est dans la position qui est la mienne, d'avoir conçu un espace public partagé, on est doublement choqué car si l'on place des bancs, c'est pour qu'ils soient utilisés et que l'espace gagne ainsi son qualificatif de "public", explique t-il à nos confrères.

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Alexandre Chemetoff rappelle que les bancs "sont tout le symbole de cette place et de sa fonction". Ainsi, il estime que "cette façon d'emprisonner les bancs pour les rendre inaccessibles est un détournement d'une oeuvre qui a été faite, je le rappelle, avec les élus de l'époque."

L'architecte n'a donc guère apprécié l'idée de voir ses bancs mués en gabion, pas plus que la défense de la municipalité. "On accuse toujours les architectes des dysfonctionnements. C'est parfois vrai mais c'est surtout une manière pour les élus de se défausser car la réponse est profondément politique. [...] Il est terrible qu'avec ses cages et ses galets, le maire fasse une réponse de mauvais architecte. Il me met sur la sellette en laissant penser que c'est le banc qui est à l'origine du problème mais les sans domicile fixe se mettent près des centres commerciaux parce que c'est là qu'il y a du passage et des gens. Cette histoire est vraiment une faillite politique. Quand nous avons gagné ce concours, la discussion portait sur la question de savoir si le lieu le plus sûr était l'espace privé de la galerie commerciale, surveillé par des vigiles, ou l'espace public de la place. Le fait que ce dernier ait été attaqué de cette façon par les autorités municipales dit en creux que le seul espace sûr serait l'espace privé. Et c'est là un véritable aveu d'échec politique."

15/12/2014

LES 35 HEURES

C'est la conclusion du rapport d'une commission d'enquête parlementaire que s'est procuré AlterEcoPlus.

Oubliez tout ce que vous avez pu lire ou entendre sur les 35 heures. AlterEcoPlus s’est procuré le projet de rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’impact économique, social et sociétal des 35 heures qui doit être rendu public mardi 16 décembre. Et le bilan («le vrai bilan», article consultable sur abonnement) va à l’encontre de la plupart des idées reçues. Dans une interview donnée au site économique, la rapporteure de la commission, la députée socialiste Barbara Romagnan, résume:

«Entre 1997 et 2001, il n’y a jamais eu autant d’heures travaillées partagées par tous en France. Deux millions d’emplois salariés dans le secteur marchand ont été créés sur cette période. Aucune politique ne s’est révélée plus efficace par le passé

 

39 personnalités issues du monde politique, syndical, universitaire, de l’administration et de l’entreprise ont été auditionnées. Selon le rapport, «presque aucune des personnes auditionnées ne demandait une remise en cause des 35 heures».

Dans un propos liminaire, le président de la commission, le député UDI Thierry Benoit, souligne «le travail sérieux accompli par notre rapporteure Mme Barbara Romagnan, même si je ne partage pas les conclusions de son rapport. Chacun pourra se forger sa propre opinion».

Les conclusions en question, les voici (l’ensemble du rapport est consultable sur AlterEcoPlus, le gras est de Slate):

● La réduction du temps de travail décidée par la loi de 1998 a contribué à ce que l’économie française crée davantage d’emplois qu’elle ne l’aurait fait sans cette loi sur la même période. Le chiffre de 350.000 est le plus communément admis. Entre 1997 et 2001, l'Insee estime à 2 millions les créations d'emplois salariés dans le secteur marchand. Il n’est aujourd’hui pas possible de dire combien d’emplois supplémentaires auraient pu être créés si le processus de réduction du temps de travail n’avait pas été interrompu en 2002.

Cette réduction n’a pas coïncidé avec une dégradation de la compétitivité de notre pays notamment parce qu’elle s’est accompagnée d’une accélération des gains de productivité.

La France reste ainsi attractive et se place régulièrement dans le trio de tête des IDE (investissements directs à l’étranger).

• La réduction du temps de travail, comparée à d’autres politiques publiques mises en œuvre pour stimuler l’emploi, notamment celles qui reposent sur des baisses de cotisations sociales sans conditions, apparaît moins coûteuse pour les finances publiques, au regard du nombre d’emplois qu’elle a permis de créer.

• Elle a permis une réorganisation du travail dans les entreprises de plus de vingt salariés grâce à la relance et au dynamisme du dialogue social pour aboutir à des accords.

• La réduction du temps de travail s’est traduite, pour la majorité des salariés qui en ont bénéficié par une amélioration de l’articulation entre le temps passé au travail et le temps consacré aux activités personnelles, familiales ou associatives. Elle a également permis un rééquilibrage, limité mais réel, des tâches ménagères au sein des familles.

Les études disponibles laissent penser que ce processus, s’il avait été mené à son terme, pouvait constituer un puissant élément de recomposition des temps au service de l’égalité hommes-femmes.

A l’aune de ces auditions et des documents à notre disposition, il apparaît que la réduction du temps de travail a constitué un outil pertinent et efficace de lutte contre le chômage, un outil de transformation de la société et d’amélioration de la qualité de vie.

Quinze ans après, il convient de tirer lucidement les leçons des expériences passées de réduction du temps de travail, de leurs conditions, de leurs effets positifs mais aussi de certains effets négatifs qui peuvent expliquer les critiques.

L’objectivation de ces derniers est l’un des acquis majeurs de ce rapport, et a pu également faire l’objet d’un large consensus au sein de la commission.

On peut évoquer à ce titre:

l’intensification du travail, repérée dans plusieurs secteurs, et qui s’est parfois accompagnée de souffrance pour les salariés;

les fortes tensions dans la fonction publique hospitalière en raison d’un décalage entre l’application de la loi et le temps des recrutements importants, étalés de 2002 à 2000. Elles ont été incontestables mais les difficultés ne résultaient pas uniquement de la RTT;

• les difficultés qu’aurait pu engendrer l’application de la loi aux entreprises de moins de 20 salariés.

Ces effets, s’ils doivent être pris en compte et corrigés, n’invalident en rien le principe de cette politique. Pour se poursuivre, elle devra s’ajuster à un contexte qui n’est plus celui des lois Aubry. Il nous appartient aujourd’hui, au travers de la négociation sociale, d’accélérer l’amélioration de la qualité de vie au travail, dans le secteur privé et dans le secteur public, de permettre aux jeunes de construire leur parcours professionnel et de ramener de nombreux chômeurs vers l’emploi.

Laisser perdurer un chômage de masse serait faire courir à notre pays le risque d’une explosion sociale prochaine.

Voilà qui va faire plaisir à Martine Aubry.

11/12/2014

TRIBUNE DE MARTINE AUBRY

Le Monde : Tribune de Martine Aubry

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« Ne réduisons pas l’existence à la consommation » C’est le titre de la tribune de Martine Aubry publiée par Le Monde suite à la présentation du projet de loi présenté par Emmanuel Macron, ministre de l’Economie.

Le projet de loi pour l’ouverture des commerces le dimanche va entrer en discussion au Parlement. Ce n’est pas une réforme subalterne, c’est un moment de vérité autour de la seule question qui vaille : dans quelle société voulons-nous vivre ?

Veut-on faire de la consommation –  encore plus qu’aujourd’hui – l’alpha et l’oméga de notre société ? La gauche n’a-t-elle désormais à proposer comme organisation de la vie que la promenade du dimanche au centre commercial et l’accumulation de biens de grande consommation ?

Le dimanche doit être un temps réservé pour soi et pour les autres. C’est un moment précieux qui doit être consacré à la famille et aux amis, à la vie associative, à la culture et au sport… Valorisons l’être, plutôt que le tout avoir. Gardons du temps pour penser, respirer et vivre.

D’ores et déjà, 5 millions de Français travaillent habituellement le dimanche, et 3 millions occasionnellement. Leur fonction est nécessaire à la vie collective : la sécurité, les transports, la santé…, sans oublier les magasins alimentaires…

Les arguments économiques de ceux qui sont favorables à une plus grande libéralisation du travail le dimanche ne résistent pas à l’analyse. Le commerce est affaire de revenu disponible. Celui-ci étant limité, l’élargissement des jours d’ouverture procédera à une simple réaffectation des achats dans la semaine. Les zones de tourisme international font seules exception, et méritent une approche particulière, car elles peuvent apporter du pouvoir d’achat supplémentaire, et donc créer des emplois. Encore faut-il que l’approche soit limitée et partagée par les maires concernés.

Dégradation

Par ailleurs, les petits commerçants, si importants pour le dynamisme de nos centres-villes comme de nos quartiers, déjà en butte à la concurrence des zones commerciales et de l’e-commerce, qui souffrent aujourd’hui de la crise économique, seront nombreux à ne pas résister face à l’ouverture le dimanche. Des dizaines de milliers d’emplois seront détruits, sans compter la dégradation des conditions de vie pour ceux qui survivront.

Le volontariat est mis en avant, pour récuser toute régression sociale. Croire que les salariés vont de gaieté de cœur travailler le dimanche, en décalage avec la vie de la société, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’emploi ou un salaire majoré, montre une profonde méconnaissance de la réalité. En période de chômage de masse, on ne refuse pas de travailler aux horaires que demande l’employeur. L’ensemble des syndicats sont aujourd’hui à l’unisson opposés à ce projet. Il faut les entendre. Inutile autrement de parler de démocratie sociale.

Enfin, sur un sujet qui touche à l’organisation du temps dans la société, à la façon dont nous voulons vivre ensemble, ce ne sont pas les sondages qui doivent servir de boussole. Les Français dans leur majorité veulent sans doute pouvoir commercer, y compris le dimanche, mais une majorité encore plus grande d’entre eux ne veulent pas être contraints de travailler le dimanche. La politique, c’est bien de dire, au regard de nos valeurs et du sens que nous leur donnons, dans quelle société l’on veut vivre et non de se laisser guider par les études d’opinions.

Je me suis toujours engagée pour un dimanche réservé à la vie : vie personnelle, vie collective. Aujourd’hui, je suis fermement opposée au passage de 5 à 12 dimanches ouverts par an.

Je combattrai cette régression pour notre société au niveau national, comme dans ma ville.

04/12/2014

VU DANS LIBE

Travail du dimanche : les députés PS attendent Macron au tournant

Laure BRETTON 3 décembre 2014 à 17:20

Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale le 29 octobre.Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale le 29 octobre. (Photo Lionel Bonaventure. AFP)

RÉCIT

Le texte du ministre de l'Economie, qui contient notamment la réforme du travail dominical, est loin de faire l'unanimité dans son camp.

 

Un «accident parlementaire». C’est le destin que prédisent nombre de socialistes à la future loi Macron sur la croissance. Le texte doit être présenté mercredi prochain en conseil des ministres mais la résistance s’organise déjà au Parlement. Licenciements collectifs facilités, assouplissement des professions réglementées, libéralisation du transport en autocar, recours aux ordonnances pour réformer l’inspection du travail mais surtout élargissement du travail le dimanche: les motifs de colère sont légion au sein de la majorité. «En l’état, c’est injouable, estime donc l’ancienne ministre Delphine Batho. Un accident parlementaire n’est pas à exclure.»

  •  

«La réforme quand on est de gauche, c’est plus et mieux»

Le fait que ce texte, sur lequel François Hollande et Manuel Valls, comptent pour amadouer Bruxelles, soit une loi ordinaire change beaucoup de choses pour les parlementaires socialistes. Député de l’Ardèche, Olivier Dussopt s’est astreint à voter les projets de loi de finances depuis le début du quinquennat malgré ses réticences sur le fond. «C’est normal, le budget marque l’appartenance à la majorité mais sur une loi ordinaire c’est différent», explique-t-il, réservant sa décision de vote avant d’avoir le texte final en main. Un ex-ministre ayant croisé Macron il y a peu confirme: «Voter contre cette loi, ça coûte pas cher».

Henri Emmanuelli prévient lui aussi que son abstention pourrait cette fois être un vote contre, à cause notamment du travail du dimanche un «débat ancestral sans résultat économique». A Bercy et à Matignon, «ils ne regardent pas du côté de la réforme mais de la régression. La réforme quand on est de gauche, c’est plus et mieux, pas moins et moins payé. Dans les Landes on ne veut pas du travail le dimanche mais du travail tout court», a expliqué le député lors de l’émission Mardi politique sur RFI. Comme pour la transition énergétique, le texte sera porté au Parlement par une commission spéciale, avec des membres des commissions des lois, des affaires sociales et du développement durable, vu son côté fourre-tout – le secret des affaires pourrait finalement y figurer.

Pour les socialistes, qui ont mené la bataille contre la loi Maillié sur le travail dominical, voter le passage de cinq à douze dimanches ouvrés serait se dédire. Une fois de plus, après la hausse de la TVA, combattue par le candidat Hollande avant d’être augmentée en 2013. Mercredi, la maire de Paris Anne Hidalgo a apporté sa pierre à l’entreprise de démolition. Commandé au nom de sa majorité plurielle qui va des communistes au centre, un rapport conclut à l’inutilité de l’extension du travail le dimanche dans la capitale.

«Jamais candidat à rien»

Au sein du petit monde socialiste, Le profil d’Emmanuel Macron, qui a détricoté le projet de loi de son prédécesseur Arnaud Montebourg, n’arrange rien. Énarque, ancien secrétaire général de l’Elysée, concepteur du CICE et du pacte de responsabilité, le trentenaire n’a jamais été élu ni même candidat. Chacune de ses apparitions dans les médias menace de mettre le feu au groupe PS, des salariées de Gad «illettrées» au déverrouillage des 35 heures en passant par les vertus du contrat unique. Au ministère de l’Economie, «on a remplacé un mec qui avait fait 17% à la primaire par un type jamais candidat à rien: tout un symbole», lâche un parlementaire. Macron pris au piège de son texte – qui fait en l’état 107 articles – l’idée fait rigoler un élu légitimiste: «C’est peut-être un bleu mais il est loin d’être con: il a fait monter tout le monde très haut pour ouvrir un espace de négociation.» Ce qui reste à voir.

Laure BRETTON

08/10/2014

VIEUX BOUCAU : SUITE MAIS PAS FIN

2017 pourrait être plus dangereux que 2002 prévient Emmanuelli à Vieux-Boucau

"Si la gauche n'est pas rassemblée, elle ne sera pas présente au second tour" de 2017, a averti le député des Landes, Henri Emmanuelli. "2017 ne sera pas 2002, ce sera beaucoup plus dangereux",  000_par7961709.jpg

  • Hélène Chauwin avec l'AFP
 
© XAVIER LEOTY / AFP Emmanuelli et Hamon à la Rochelle le 29 août 2014
 
Et de mettre en garde aussi la direction du PS contre une "erreur" si elle voulait retarder la date du prochain congrès du parti (il réclame qu'il se tienne en 2015) en tablant sur un exode des militants, seuls restant "les résignés" n'ayant "plus envie de combattre".

"Dans cette hypothèse-là, il n'y aurait de victoire pour personne", mais "des risques de voir une scission" au parti.


Dimanche  Benoît Hamon avait donné le ton. Il avait assuré "ne pas être dans l'opposition" au gouvernement L'ex-ministre de l'Education a déclaré hier vouloir que la gauche "retrouve la confiance avec le peuple" dans les deux ans et demi qui viennent. "On va parler de la question la plus évidente qui se pose à la gauche, c'est comment en deux ans et demi la gauche retrouve la confiance du peuple, une confiance qu'elle a perdue et qui mérite qu'on travaille", a-t-il affirmé.

"Je respecte le Président de la République, je respecte le Premier ministre, je respecte leurs choix, je ne suis pas dans l'opposition. Il n'y a pas un socialiste ici qui est dans l'opposition, à ranger du côté de ceux qui aujourd'hui veulent combattre la gauche"


"Mais on veut qu'elle réussisse la gauche. Incontestablement, les Français ne comprennent pas un certain nombre de nos décisions", a souligné M. Hamon, sorti du gouvernement fin août en même temps qu'Arnaud Montebourg après leurs propos sur la politique économique gouvernementale.

Selon lui, "on est, nous, en situation parfois d'apparaître sur la défensive sur un certain nombre de principes, de valeurs - la solidarité, la redistribution, le rôle de l'Etat - là où je pense qu'il n'a jamais été aussi évident, raisonnable et simple d'être de gauche".

"Je redis mon désir qu'on (...) soutienne le pouvoir d'achat car si demain on ne peut pas donner aux Français les moyens de consommer, il n'y aura pas de redémarrage de l'économie française"

"Quand on est de gauche, il faut pouvoir défendre un certain nombre de positions sans avoir peur de ceux qui inévitablement vont vous critiquer", a-t-il dit, en citant le Medef.
Son message ? "La même chose que ce que je disais quand j'étais à l'intérieur du gouvernement, j'essaie d'être cohérent et constant dans mon expression".

24/09/2014

DES VOYOUS

Dans le Canard du jour.

Vu dans le Canard

14/09/2014

A MEDITER

Ils ont fait science po, passé ou non un concours de l’administration, regardé autour d’eux… Et finalement trouvé un poste d’attaché parlementaire ou encore un job dans une collectivité et, pour les plus chanceux ou les plus habiles, dans un « Cabinet ».

Dans ces milieux un tantinet confinés, ils ont pris le virus. Rien à reprocher : la densité d’intelligence y est grande, les sujets d’intérêt nombreux et variés, l’endogamie forte et l’impression d’appartenir à une sorte d’élite pensante, bougeante et agissante, porteuse. L’envie vient d’aller plus loin, de fabriquer soi-même de l’immédiat au lieu de travailler à façon celui des autres, de projeter, d’échafauder, de bâtir ou du moins de le croire.

Cinq ou dix ans ont passé, ils entrent à leur tour dans la piscine. Grand bain pour les museaux les plus fins (tenter une élection uninominale, cantonale le plus souvent), moyen bassin pour la plupart (figurer sur une liste municipale ou régionale), pataugeoire pour les encore timides (tenir un rôle dans une équipe de campagne). Ils gagnent ou ils perdent, mais ils demeurent dans cet entre-soi réconfortant où l’on partage les mêmes idées avec, bien souvent, l’impression d’avoir raison.

Ceux qui gagnent du premier coup sont les plus à risque : ils n’ont plus seulement le virus, mais la maladie. Grand air, bobine sur le journal après l’avoir eue sur de grandes affiches, ils sont quelqu’un, c’est à dire déjà plus tout-à-fait eux-mêmes. Les autres retenteront. Ce sera plus ou moins long, plus ou moins brillant, quelquefois péniblement stationnaire, mais ils arriveront quelque part, même si pas toujours où ils voulaient.

Le danger maximum vient avec le succès dans une élection où l’on a été parachutée, voire même que l’on a sélectionnée sur la carte si on a eu la chance d’être dans les instances du Parti, d’avoir un mentor de grand renom ou de grand pouvoir, d’être choisi par un qui ne voulait/pouvait pas se représenter.

S’il est élu, le parachuté devient un conquérant. Nul, sur le terrain, ne le connaissait avant, ne sait vraiment quelles études il a faites ou s’il a eu jamais la moindre responsabilité. Son document électoral est son passeport. « Engagé dès mon plus jeune âge, j’ai fait mes études de droit, tout en travaillant pour financer mes études » (nombreuses variantes : sociologie, écoles de commerces…). Pas d’autre précision sur le « travail » pour financer les-dites études. Il n’est pas rare, mais pas obligatoire, qu’il s’agisse d’un stage dans le cabinet d’avocat paternel.

J’éxagère, évidemment, du moins dans la généralisation. Un nombre non négligeable de ces « porteurs de virus » viennent d’un « milieu modeste » (expression détestable mais que ceux qui sont devenus immodestes utilisent souvent). Ils ont réellement fait effort, passé des concours : ils resteront plus longtemps porteurs sains et pour quelques rares n’auront pas, ou très peu, de signes de la maladie. Le manichéisme n’est pas mon fort : même de milieu immodeste, quelques rares passent à travers les gouttes. J’en connais.

Après trente ans d’entre-soi, les voilà à leur tour à la tête d’une écurie : député entouré de ses trois assistants parlementaires et de quelques dizaines de congénères faits au moule; maire à la tête de son Conseil et de son Cabinet. .. Beaucoup demeurent au coeur du mouvement qui les a formés. Au PS, cela s’appelle des courants, après avoir été des motions. A l’ump, cela n’a d’autre nom que celui du mentor, généralement candidat potentiel à la prochaine présidentielle.

Dans cette période, ils apprennent à tuer le père, si ce n’est déjà fait, un exemple récent qui a défrayé la presse en témoigne. Ils s’agitent aussi pour peu que leur Parti soit celui du Président pour devenir ministre ou secrétaire d’Etat. Peu y arrivent, mais les remaniements sont aussi faits pour ça : élargir le champ des élus.

Dans cet éxercice, deux choix : s’opposer à peine un peu plus qu’il ne faut pour qu’il soit bénéfique de vous enrôler. Être au contraire toujours présent dans la sphère du pouvoir, se rendre souvent au ministère auquel on croit pouvoir prétendre, envoyer des notes, rencontrer les conseillers. Bref, être là, se faire connaître, tout cela n’ayant en soi rien de très grave.

Ce texte n’a d’autre objet que de répondre à un questionnement que j’entends plusieurs fois par jour depuis quelques semaines : comment cela est-il possible ?

« Cela » ? Perdre tout pied dans la réalité, n’avoir plus le sens commun. Agir comme si l’on était au-dessus de la règle la plus élémentaire, ne plus savoir entendre raison ou n’en plus avoir. Je n’ai besoin ni de noms, ni d’exemples : ils ne sont que trop nombreux.

L’explication la plus plausible est la plus simple : ces élus n’ont jamais connu la vie réelle. Entrés tôt dans le tunnel, ils n’en sont jamais ressortis. Compter pour savoir si l’on pourra payer ses deux employés à la fin du mois, si l’on aura soi-même assez pour assumer la scolarité du petit, le loyer… . Suivre de près météo, récoltes et prix des matières premières pour maintenir son exploitation agricole, répondre aux appels les nuits de garde en faisant entre deux la revue des traitements qu’on aurait pu oublier, toutes ces heures et ces jours où le réel est dur comme ciment et ou il faut le coltiner sans échappatoire possible, tout cela, ils n’en savent rien.

J’ai pour voisin à l’Assemblée un des deux seuls exploitants agricoles qui y siègent. Il s’y sent sur une autre planète et raisonne d’une manière différente à tous les autres. Pour sûr, il sait ce que payer une facture veut dire ou répondre à une échéance.

On dit bien souvent qu’il faut des jeunes en politique pour régénérer les pratiques et on juge trop souvent les Assemblées ou les Gouvernements à leur moyenne d’âge. Il faut des jeunes, c’est une évidence, comme il faut des femmes et plus encore, des élus issus de milieux différents, ayant des expériences différentes. Les jeunes pourtant, entrés tôt dans le tunnel et le gravissant sans interruption, sont plus à risque de comportements « hors sol ». Ils sont dépendants de la politique à tous les sens du terme, y compris financier.

La loi sur la parité a eu plus d’un mérite, mais un surtout : faire entrer dans le sérail des personnes qui, par définition, n’en venaient pas. C’est à vrai dire la seule explication pour celles qui « pratiquent la politique (un peu) autrement ». Les pas-jeunes, de même, n’ont pas a priori tous les mérites. L’histoire que j’ai racontée est valable pour des élus à mandat répétitif et le non-cumul dans le temps (pas plus de 3 mandats identiques successifs) devra bien finir par s’imposer.

Il n’empêche que… Dans le choix que vous aurez à faire de l’un ou l’autre candidat à l’une ou l’autre élection, il peut n’être pas inutile de regarder s’il est passé par la case Réalité.

 

Michele Delaunay . Députée de la Gironde , Conseillière Municipale de Bordeaux

 

06/08/2014

VU SUR LIBE

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ENQUÊTE DE LIBERATION

Centres sociaux étranglés, fin de la cantine gratuite... dans nombre de villes passées au Front national, les déshérités trinquent.

 

Ici, c’est la gratuité de la cantine pour les ménages les plus pauvres qui saute. Là, des heures de garderie sont refusées aux enfants de parents chômeurs. Là encore, on coupe les subventions aux centres sociaux des quartiers les plus défavorisés. Les maires du Front national élus en mars se sont voulus discrets pendant leurs premiers mois de mandat, veillant à ne pas commettre d’impair, même si l’œuvre d’art-fontaine repeinte en bleu à Hayange (lire ci-contre) ou le drapeau européen retiré du fronton de la mairie de Fréjus ont été très commentés.

Lors de leurs quatre ou cinq premiers conseils municipaux, ces élus FN ont néanmoins pris des décisions qui égratignent sérieusement les politiques d’aide aux plus pauvres. Sous couvert de redresser les finances de villes souvent très endettées ou de tenir leur promesse de campagne de ne pas augmenter les impôts, ils fragilisent l’accompagnement social réalisé par les associations ou les services municipaux eux-mêmes. En ces temps de disette budgétaire, ils ne sont certes pas les seuls à tailler dans ces politiques bénéficiant aux précaires. «On fait une fixation sur nos villes, mais ça se passe ainsi dans bien d’autres communes et vous n’en parlez pas», rétorque Franck Briffaut, le maire FN de Villers-Cotterêts (Aisne). A Fréjus (Var), trois centres sociaux ont vu leurs subventions fondre jusqu’à 67%. La structure la plus touchée se trouve à la Gabelle, quartier qui concentre les difficultés et où vit une importante population immigrée. Le maire, David Rachline, justifie ces coupes mais aussi le budget de rigueur qu’il a fait voter au printemps par la «situation financière catastrophique» de Fréjus. «Toute la ville est mobilisée pour faire des efforts financiers, et je n’ai pas de tabou», explique-t-il.

«Fainéants». Au Pontet (Vaucluse), Joris Hebrard a mis fin à la gratuité totale des repas à la cantine dont bénéficiaient les ménages les plus démunis. Là aussi, la mairie invoque «l’endettement dramatique de la ville et la nécessité absolue de détecter les abus». «Cette mesure représente 29 000 euros d’économies sur un budget de 50 millions, ce n’est pas ça qui va résorber la dette ! réplique Miliani Makhechouche, l’ancien candidat PS. Et ces soi-disant économies sont faites sur le dos des pauvres.» Au-delà de son intention de réduire les dépenses, la mairie du Pontet ne se cache pas de vouloir «responsabiliser les parents» en les obligeant à payer pour les repas «une somme même modique» : «Avignon et les mairies d’à côté ne font pas ce service gratuitement. Une ville n’est pas un centre social géant, on ne doit pas tout faire gratis. S’acquitter de 1,58 euro pour un repas complet, c’est une question de principe», argumente le directeur de cabinet, Xavier Magnin. L’opposant UMP Claude Toutain rappelle que le maire n’a, de son côté, pas hésité à relever son indemnité, et juge «la leçon de morale déplacée et démagogique» : «Ces familles sont souvent en attente d’allocations ou d’une pension parce que le mari ou la femme s’est barré. On est dans la mesure idéologique, le maire part du principe que les chômeurs sont des fainéants.»

Ce refrain antigratuité, ils sont plusieurs élus FN à l’entonner. A Villers-Cotterêts, Frank Briffaut, qui a aussi remodelé la grille des tarifs de cantine, assume : «Rien n’est gratuit dans ce monde, arrêtons la démagogie. Expliquons aux gens que tout a un prix. Il n’y a que vingt familles concernées et les parents ne travaillaient pas.» Ce discours ciblant les chômeurs considérés comme des «assistés» est raccord avec les sorties de Marine Le Pen, qui se pose en grande défenseure des «travailleurs pauvres».

A Béziers (Hérault), la politique menée par Robert Ménard (soutenu par le FN) s’apparente «plus à une guerre aux pauvres qu’à une guerre à la pauvreté», accuse son opposant socialiste Jean-Michel Du Plaa. L’ancien président de Reporters sans frontières a choisi de réserver la garderie municipale du matin aux enfants dont les deux parents travaillent. Alors que la ville est classée parmi les dix communes les plus pauvres de France (1), le centre communal d’action sociale (CCAS) a subi, lui, une baisse de subventions de 365 000 euros. L’épicerie sociale qui dépend du CCAS et propose des services de banque alimentaire exige dorénavant «un an de séjour minimum à Béziers». La mairie a également décidé de se retirer d’un partenariat avec le conseil général destiné à accompagner les décrocheurs et les adolescents fugueurs, grâce au travail d’éducateurs de rue.

«Péril». Sandrine Montagard, directrice d’un des centres sociaux de Fréjus, celui de Villeneuve, est obligée de se séparer de trois salariés sur douze et de renoncer à un projet éducatif complet d’accueil des préadolescents. Comme si les élus FN sous-estimaient l’utilité sociale, notamment en matière de prévention, de ce genre de programme qui œuvre en outre à l’égalité des chances. «Cette baisse des subventions a des conséquences dramatiques, cela peut mettre en péril l’existence des centres sociaux. Une partie de l’électorat FN est là aussi, dans ces quartiers», rappelle-t-elle. S’il reconnaît que le «bilan des centres sociaux n’est pas mauvais», David Rachline compte leur proposer une convention pluriannuelle pour «pérenniser» leurs budgets mais sur des actions précises… choisies par l’équipe municipale frontiste. Les élus du parti d’extrême droite se défendent de cibler les plus pauvres et assurent qu’ils mèneront une politique sociale à leur sauce. «J’ai plein d’idées», claironne Rachline. «Faire du social, ce n’est pas rendre tout gratuit, ce n’est pas forcément aider ceux dont on attend le suffrage en retour, prévient le maire de Mantes-la-Ville (Yvelines), Cyril Nauth. Je veux bien faire du social, pas du socialisme.»

(1) Selon une étude de janvier 2014, du Centre d’observation et de mesure des politiques d’action sociale (Compas), près de 33 % des habitants de Béziers vivent sous le seuil de pauvreté.

Charlotte ROTMAN et Laure EQUY