19/04/2013

INTERVENTION DE GERARD FILOCHE

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Exceptionnellement je commence par un point de fonctionnement. La convention sur l’Europe se tient le 15 juin, le vote des militants est prévu le 6 juin, l’arrivée des textes le 6 mai, leur dépôt le 26 avril et nous devions lancer le débat ce jour. Mais à ce que je vois il n’y a pas de texte de la majorité, seulement des commissions de travail. Nous avons, dans la motion 3, discuté par un google’s group d’un plan puis d’un texte, celui qui est sorti, il est là, je vous le présente disponible, on croyait qu’on allait le distribuer ici, on en avait fait une version longue, et même une version courte, mais apparemment c’est trop tôt. J’ai écouté les positions orales, et j’entends bien qu’il existe deux lignes, ce qui recoupe un vote qui a eu lieu en BN avec 44 % de refus de voter lors du budget européen. Je propose à Guillaume Balas et à ses amis d’UMA, à Pierre Larrouturou et Patrick Ardoin pour la motion 4 de nous rencontrer pour parvenir à un texte commun avec la motion 3. C’est possible, l’enjeu est sérieux et dans le parti, un texte commun de la gauche du parti peut atteindre la majorité. Faisons tout pour réussir ça.

 

Sur le fond politique, je voudrais revenir sur un enseignement de la dernière crise à Chypre. C’est la 13° fois que l’euro est encore déclaré « sauvé ». Mais que s’est-il passé ? Ceux qui prétendent qu’on ne peut pas s’attaquer aux paradis fiscaux, là, ont osé carrément fermer les banques de Chypre et prélever directement sur leurs comptes ! (Pourtant Chypre n’était ni sur la liste « noire », ni sur la liste « grise » desdits paradis fiscaux selon l’OCDE !). La première tentative de hold up de la troïka UE BCE FMI sur Chypre a échoué.

 

Qu‘a dit à ce propos notre camarade Pierre Moscovici ? Il a dit qu’il s’était opposé au cours de la réunion des 17 ministres des finances, à ce premier plan catastrophique et qui a été retoqué. Mais apparemment, la voix de la France n’a pas été entendue dans cette réunion et notre Ministre des Finances a in fine voté le plan en question. Pierre Moscovici explique dans la presse qu’il a agi ainsi « pour ne pas ajouter la crise à la crise ». Mais on a eu la crise quand même ! C’est dire si cette stratégie ne fonctionne pas.

Or c’est la même qui nous a fait avaler le TSCG, pour ne pas avoir la crise et qui provoque la crise. C’est la même qui nous a fait accepter un « pacte de croissance » a minima et il n’y a pas de croissance, chômage et récession augmentent partout en Europe. C’est la même pour le budget européen, et c’est un budget d’austérité, ce qu’il ne faut pas faire. C’est cette stratégie qui est en question.


Car, tout à l’heure, dans son introduction, Jean-Christophe Cambadélis situait la « centralité » du combat actuel, au fond, entre la social démocratie européenne et la droite allemande. Mais ce n’est pas ce qui se passe, nous ne combattons pas la droite allemande centralement, en fait « pour ne pas ajouter la crise à la crise » chaque fois, nous sommes dans une « grande coalition » avec elle. Et c’est ce qui brouille tout, car nous perdons l’appui du salariat en France, sans le gagner en Europe. L’Europe va dans le mur, Merkel tue l’Europe, partout les peuples ne voient que reculs venus de l’UE, de la BCE, du FMI. En serrant la vis de la « rigueur budgétaire » ici, nous mécontentons nos électeurs, et le « choc » Cahuzac n’est pas seulement un « choc » d’honnêteté, mais il est un « choc » social, révélateur d’une opposition massive de l’opinion contre nous.

 

Certes nous sommes le gouvernement le plus à gauche d’Europe. Certes nous faisons moins mal qu’ailleurs, mais ça ne suffit pas loin de là pour répondre aux attentes, aux urgences, aux impatiences sociales. L’immense majorité de nos concitoyens attendent encore le changement promis pour lequel ils ont voté il y a dix mois.

 

 

Le rejet de la troïka c’est partout et plus seulement en Grèce. C’est la barbarie qui vient de l’UE et du chantage inouï qu’elle fait à la dette pour le seul compte des banques privées. En Italie, Mario Monti a été chassé après avoir accablé son peuple d’austérité pour rembourser les banques privées. En Espagne, ca pousse contre l’UE et au Portugal, un des plus grands mouvements de masse – le seul d’ailleurs qui a gagné, qui montre la voie.

 

Il y a eu un million de manifestants le 12 septembre 2012 quand le gouvernement portugais a voulu abaisser les cotisations sociales patronales de 22,5 à 18,5 et hausser les cotisations salariales de 11,5 à 18,5 et la troïka a dû reculer dans son exigence. Et il y a eu encore 1,5 million de manifestants (c’est à dire l’équivalent de 10 millions chez nous) le 16 mars quand l’UE a exigé un nouveau plan de d’austérité de 78 milliards à donner aux banques. La mobilisation des peuples espagnols, portugais, italiens, grecs, chypriotes, c’est LA solution contre la troïka, c’est ça, la véritable « centralité du combat » contre la droite allemande.

 

Et le SPD l’a compris. Car il a longtemps payé le prix de sa « grande coalition » complice avec Merkel et il est en train d’en sortir pour les élections de fin 2013. Quand il faisait les plans Hartz 1, 2, 3 et 4, contre les droits des salariés, contre les salaires et les retraites, c’était Merkel qui en tirait les marrons du feu. Michel Sapin citait l’autre jour le « plan Hartz IV » à propos de l’ANI, cette attaque qu’hélas nous menons contre le droit du travail, ici aussi, comme concession au Medef et aux agences de notation, au détriment des salariés. Pourtant en Allemagne, le SPD est en train de revenir là-dessus et se mord les doigts d’avoir fait Hartz IV pas seulement parce que Hartz, ex-PDG de Volkswagen, est maintenant démasqué comme corrompu et condamné lourdement comme tel, c’est un nom maudit, mais parce qu’à cause de cela la misère s’est développée en Allemagne avec des millions de travailleurs à très bas salaires. Maintenant Martin Schultz défend un Smic et les droits sociaux, contre l’austérité et les banques.

 

On doit cesser, d’alimenter cette politique pour « éviter d’ajouter la crise à la crise ». Rassurer les marchés n’a jamais été une bonne politique, c’est comme jeter des steaks aux requins, ca ne les éloigne pas, au contraire, ils restent dans le sillage du navire Europe.

 

Les sondages sont mauvais pour notre gouvernement, et c’est NOTRE gouvernement, nous soutenons François Hollande et Jean-Marc Ayrault – de toutes nos forces, ardemment – parce que s’ils ne réussit pas ce sera terrible. Terrible. J’ai peur qu’avec l’actuelle ligne sur l’Europe, sous prétexte de « ne pas ajouter la crise à la crise » nous soyons rejetés, ce qui est arrivé au PASOK en quatre ans, nous sommes en train de courir le risque de le subir en un an ! On risque avec cette ligne d’être réduit à 7 % et loin derrière de nombreuses listes. Oui, je le dis avant que ca arrive, et pour ne pas que ça nous arrive ! Car ca ne sert à rien d’avoir raison après, il est encore temps pour éviter cela.

 

Si nous échouons, ce ne sera pas une « autre gauche » qui gagnera. Ce sera toute la gauche qui perdra. UMP et FN reviendront et ensemble, Copé annonce déjà la privatisation des 4/5e de ce qui est resté public dans notre pays, et une austérité puissance mille pour plaire aux banques.

 

Nous n’avons pas le droit de rester associés à l’image de Merkel et d’une Europe qui va dans le mur en semant chômage et misère.

 

Pour l’heure, les peuples qui luttent et y résistent, à Lisbonne, Madrid, Rome, Athènes ou à Chypre, ne sont pas encore majoritairement tournés vers l’extrême droite, mais si nous décevons, si nous ne rompons nettement avec la politique de cette troïka, les nationalistes et xénophobes s’épanouiront partout, et l’idée même de l’Europe périra.

 

J’ai entendu Fréderic Hocquart parler ici de la culture en Europe : bien, très bien, mais rendez vous compte qu’en Grèce cette semaine, l’UE a fait fermer l’enseignement supérieur public. Fermer l’enseignement supérieur public ! En Grèce !

 

J’ai entendu Bernadette Vergniaud, ici, tout à l’heure parler d’un « pacte européen pour l’égalité des salaires femmes hommes », mais il n’y a pas le premier pas en ce sens nulle part, En France l’ANI est une attaque contre les droits des millions de femmes à temps partiels, flexibilité, coupures, délai de prévenance, bloc d’heures complémentaires, lissage des salaires… A qui va t on faire croire qu’ici et avec l’Europe on va, là aussi, dans le bon sens ?

 

Sans redresser, redistribuer les richesses maintenant, ré investir, hausser les salaires, défendre les retraites, les allocations familiales, et le droit du travail, sans s’opposer nettement, frontalement, à la ligne brutale, d’austérité, imposée par Merkel, nous allons dans le mur ! Ecoutez quand il est temps ! Bernard Cazeneuve disait dans Le Monde que dans le budget 2014 il allait encore baisser les dépenses publiques, de 1,5 milliard, et ce, en diminuant sur toutes les lignes du budget… Il ne croit donc pas qu’on va réussir a aller chercher l’argent de la fraude fiscale, les 590 milliards d’avoirs français dans les paradis fiscaux, ou les 108 milliards en Suisse, ou les 60 à 80 milliards de la fraude fiscale. Il agit comme si tout ce qu’on dit là-dessus, n’allait pas arriver, comment va t on être crus ? De toute façon ce n’est pas avec 50 magistrats et inspecteurs qu’on va SERIEUSEMENT lutter contre cette fraude, si nous n’embauchons 2000 inspecteurs des impôts et des inspecteurs du travail et des douaniers, les services de contrôle ont été démantelés sous Sarkozy…

 

Il faut des signes pour remonter la pente dans l’opinion de nos électeurs, un gouvernement rose vert rouge, une riposte surpuissante à la hausse du chômage de masse, la réforme fiscale (que Cahuzac osait prétendre avoir déjà faite…). C’est au gouvernement de donner le ton, le rythme, les explications, de l’inflexion, de la correction de trajectoire, avec les mots qui seront les siens, mais n’importe comment que ca s’appelle, inflexion, tournant, s’il n’y a pas cette inflexion sociale nous sommes perdus.

 

Merci !

 

Source : Filoche.net

12/04/2013

L'INTOLERANCE HOMOPHOBE DOIT CESSER

« Ce climat d’intolérance doit cesser » Manuel Valls s’engage contre l’homophobie

Devant la déferlante d’homophobie ces derniers jours, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a affirmé avec détermination à l’Assemblée Nationale que « la République ne cèdera pas devant de tels agissements ».

Les Jeunes Socialistes saluent la volonté du ministre de l’Intérieur de refuser la violence et la haine, qualifiant ces faits d’ « intolérables » et d’ « inacceptables ». Ceux qui pensent qu’ils imposeront leurs idées par l’intimidation et la violence se trompent selon Manuel Valls. « La démocratie c’est la liberté d’opinion, la liberté d’expression, c’est aussi le droit de manifester » a t-il déclaré devant la représentation nationale, avant d’affirmer que « dans notre République, il n’y a pas de place pour les factieux, qui ne respectent aucun principe démocratique ». Manuel Valls dénonçait les groupuscules d’extrême droite, alliés objectifs de nombreux élus de droite comme Christine Boutin, dans le mouvement contre l’égalité. Les intimidations et menaces de mort subies par certains élus de la République comme Erwann Binet, rapporteur du projet de loi à l’Assemblée Nationale ou encore Chantal Jouano, Sénatrice UDI doivent être explicitement condamnés, au-delà de tout clivage partisan. Ils appellent Jean-François Copé, jusque là trop silencieux, à les condamner tout aussi fermement au nom de la République.
Suite aux dégradations survenues dans la nuit de samedi 7 à dimanche 8 avril, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et Porte-parole du gouvernement, et Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, déclaraient dans un communiqué commun que “La haine et les propos homophobes n’ont pas droit de cité dans notre pays et sont punis par la loi.”

Face aux actions de plus en plus violentes de la part de ces groupuscules contre le mariage pour tous, les Jeunes Socialistes se joignent à l’appel invitant le ministre de l’Intérieur à interdire les prières de rue organisées par Civitas, extrémistes catholiques, au même titre que celles organisées en septembre dernier devant l’ambassade des USA. Cette interdiction doit être prononcée au nom de la laïcité et de l’égalité entre les religions.

05/04/2013

ROMS EN FRANCE

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La grande majorité des Français ayant une origine " Rom " est sédentaire et n’est ni facilement identifiable ni systématiquement discriminée. Leur nombre est estimé à 2 millions. Dans les années 70, l’administration a forgé pour ceux qui restent itinérants la catégorie "gens du voyage" qui inclut des non Roms. Il y aurait actuellement environ 400 000 gens du voyage, de nationalité française depuis plusieurs siècles.
On compte par ailleurs en France environ 15 000 Roms migrants de nationalité roumaine, bulgare, tchèque, slovaque, hongroise, moldave ou des pays de l’ex Yougoslavie (Serbie, Croatie, Kosovo notamment). La plupart d’entre eux ont immigré dans les années 90, peu après la chute des régimes communistes. Bien que présents depuis de nombreuses années, ils sont considérés comme " illégaux " sur le territoire français et rencontrent de grandes difficultés pour réussir à s’insérer. Ils restent en marge de la société et vivent trop souvent dans des campements informels.

Seule une petite minorité de Roms d’Europe de l’Est a choisi d’émigrer tout en gardant des liens étroits avec leur pays d’origine. L’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans la Communauté Européenne en 2007 ne s’est pas traduite par un afflux de Roms, mais par des allers-retours plus fréquents entre la France et leur pays d’origine. Ils sont plus nombreux dans d’autres pays européens (Espagne, Italie).


Les Roms migrants

Fuyant leur pays, les Roms d’Europe de l’Est les plus démunis vivent dans des conditions si indignes, notamment en France, que, malgré le désir qu’ils en ont, leur intégration devient un rêve inaccessible.

La Roumanie et la Bulgarie ont été admises dans l’Union européenne en 2007 mais des mesures dites "transitoires" accompagnent le traité d’adhésion. Ces mesures, facultatives mais appliquées de façon stricte par la France, leur interdisent pratiquement l’accès à l’emploi (taxe pour l’employeur abrogée : liste de métiers spécifiques, dits "sous tension"). Leur séjour légal est limité à 3 mois. Il devient illégal en l’absence d’emploi ou de ressources suffisantes passé ce délai.

  • ils sont fréquemment victimes d’expulsions forcées de leurs campements et de reconduites à la frontière
  • la scolarisation des enfants est pratiquement impossible dans ces conditions de précarité
  • ils sont stigmatisés par les autorités et sont les victimes de comportements voire de violences racistes, quand on leur reproche leurs conditions de vie et leur grande pauvreté tout comme leur origine ethnique.
  • Pendant l’été 2010, ils se sont retrouvés la cible d’une politique de « lutte contre les campements illicites » et la destruction de campements, entreprise depuis plusieurs années, s’est poursuivie à grand renfort de publicité. A plusieurs reprises, Amnesty International a exhorté le gouvernement à respecter les droits de ces populations et déploré l’orientation essentiellement répressive des mesures prises à leur encontre.

Les "Gens du voyage"

Constamment discriminés en raison de leur origine et de leur mode de vie, les Roms français itinérants ont été particulièrement ciblés par les politiques discriminatoires de la première partie de 20ème siècle : notamment la loi discriminatoire du 16 juillet 1912 (abrogée en 1969) distinguant les "nomades" des autres Français et instaurant un "carnet anthropologique" pour les repérer ; ou leur internement dans des camps français au cours de la deuxième guerre mondiale et jusqu’en 1946.

Mais aujourd’hui encore, les "Gens du voyage" sont discriminés en matière de :

  • liberté d’aller et venir : obligation des livrets de circulation
  • liberté d’installation : obligation d’un rattachement administratif
  • droits économiques, sociaux et culturels : accès au travail, scolarisation des enfants, santé, habitat (non respect de la loi Besson du 5 juillet 2000 qui fait obligation aux communes de plus de 5000 habitants de créer des aires d’accueil, non reconnaissance de la caravane comme habitat)


Et maintenant ?

En octobre 2012, le gouvernement a élargi la liste des métiers accessibles aux ressortissants roumains et bulgares et supprimé la taxe imposée à leurs employeurs. Pour autant, les mesures transitoires n’ont pas été abolies et de lourdes contraintes administratives rendent difficiles l’accès à un travail. Contrairement à la France, 14 États Membres de l’UE donnent libre accès au marché de l’emploi aux Roumains et Bulgares.

Une mission de coordination « sur l'organisation de l'accompagnement des personnes touchées par l'évacuation d'un campement » a été mise en place et confiée au délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement.
En dépit de ces mesures, les expulsions forcées des campements roms se poursuivent.

AIF demande aux autorités françaises

Pour les Roms :
De se conformer au droit international :

  • en garantissant le droit de tous à un logement convenable
  • en ne procédant à aucune expulsion de campement illicite, tant qu’une ou plusieurs propositions d’installation sur un terrain licite n’ont été faites, après consultation de l’ensemble des occupants concernés ;

Pour les gens du voyage :

  • de s’attacher à faire appliquer la loi Besson du 5 juillet 2000 qui oblige chaque commune de plus de 5000 habitants à aménager une aire d’accueil ;
  • d’abroger toutes les dispositions discriminatoires notamment l’obligation d’être munis d’un livret de circulation

 

09/03/2013

COMPROMIS

Alors, Libé, on rend les armes ?

 

emmanuel maurel

 

 Je mets en ligne l'excellent article de notre camarade Emmanuel Maurel  Vice-président de la région Ile-de-France,qui réagit  à l'édito de Nicolas Demorand du 6 mars sur la situation de l'emploi en France, titré «Compromis».

Par Emmanuel Maurel
 

Bien sûr, la politique passe par des compromis. Mais on ne les concède pas, on les gagne, au terme de vrais combats. On ne rend pas les armes avant la bataille, on commence par rendre les coups !

Or ce n’est pas un «compromis» que vous nous proposez, c’est une défaite en rase campagne. Vous pensez peut être aider ce gouvernement en endossant le costume des résignés : vous ne faites que décourager un peu plus celles et ceux (et il y en a beaucoup parmi vos lecteurs) qui n’ont pas renoncé à changer la vie.

Oui, la situation économique est extrêmement difficile, oui, la crise est d’une ampleur inédite, oui, le rapport de forces est, dans un tel contexte, plutôt défavorable au monde du travail. Mais de là à rejoindre la cohorte des éditorialistes assoupis, fatalistes, toujours prompts à énumérer les «sacrifices nécessaires» et les mutations inéluctables»?

«Travailler plus pour gagner autant voire moins» ? «Rendre des droits chèrement acquis» ? Il n’y aurait donc pas d’alternative possible ? Rien d’autre à faire que courber l’échine et attendre que ça passe, en priant pour qu’il y ait le moins de casse possible ? C’est ça que vous proposez aux «entrepreneurs et aux salariés» qui, comme vous le soulignez justement, «n’ont jamais boursicoté» ? Ce serait donc à eux de payer, point barre. Il faudrait accepter l’ordre des choses, à ce point? Ne pas réagir? Ne pas se battre? Ne pas essayer, au moins ?

En reprenant à votre compte tout ce que vous fustigiez hier chez Sarkozy (je n’aurais pas la cruauté de citer ce que vous écriviez il y a un an à peine), vous accréditez la thèse des tenants du «there is no alternative», qui alimente les «populismes» dont vous déplorez la progression. L’austérité, un mal nécessaire ? Le démantèlement de notre modèle social, la flexibilité du marché du travail, des mesures de bon sens ? Et vous prétendez qu’il ne s’agit pas là d’ «idéologie» ? Mais c’est quoi alors? De la science ?

Au moment où la course folle à l’austérité soulève, partout en Europe, de légitimes indignations, vous prétendez qu’il est «pragmatique» de continuer d’aller dans le mur. Au moment où même les économistes du FMI redécouvrent les vertus de la relance keynésienne, vous semblez vous ranger du côté des gardiens du temple libéral.

La politique, c’est évidemment des compromis, mais aussi des choix. Vous semblez penser qu’il n’y en a plus ! Vous voulez qu’on se rende… à l’évidence, là où il faudrait se libérer du carcan de la pensée toute faite, de ce que vous appeliez jadis «l’idéologie dominante». Il suffit pourtant de parcourir votre journal pour se rendre compte qu’il y existe d’autres choix. Les Islandais ont bien tenu tête aux banquiers ! Les Suisses s’y mettent ! Même Obama plaide pour une augmentation du salaire minimum. Et nous serions les seuls, nous Français, nous Européens, à devoir subir sans rien dire le chantage à l’emploi que tentent d’imposer ceux qui sont passés entre les gouttes de la crise qu’ils ont provoquée.

Oui, il existe d’autre choix que celui du social défaitisme qui ne mérite pas le beau nom de «compromis» que vous lui affublez. Celui du volontarisme comporte des risques, des incertitudes ; rien ne garantit qu’il réussisse tant sont nombreux les obstacles, les résistances.

Nul ne nie la difficulté de la tâche. Mais c’est dans les moments de grandes turbulences qu’il faut faire preuve de courage.

01/02/2013

LE MAL LOGEMENT

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La Fondation Abbé Pierre publie son 18e rapport annuel vendredi 1er février. 59 ans, jour pour jour, après l'appel de l'Abbé Pierre.

3,6 millions de personnes non ou très mal logées

Pas de domicile, difficulté à le conserver quand on en a un, mauvaises conditions d'habitat... la Fondation Abbé Pierre rappelle dans son 18e rapport annuel que la situation est à la fois urgente et structurelle. "Les demandes d'hébergement reçues au 115 ont enregistré une hausse de 37% en novembre 2012 par rapport à novembre 2011", écrivent ses auteurs, précisant que "2012 a été difficile". "L'hébergement est sous pression", disent-ils, "et ne parvient pas à sortir d'une gestion saisonnière indexée sur la température."

133.000 personnes sans domiciles

Parmi elles 33.000 dorment dans des lieux non prévus pour l'habitation (cave, cage d'escalier, chantier, parking, centre commercial, grotte, tente, métro, gare) ou dans des centres d'hébergement d'urgence. 66.000 sont accueillis dans des établissements sociaux de longs séjours et 34.000 dans des dispositifs temporaires. Le dernier recensement de la population en 2006 a établi à 14.600 personnes le nombre de sans-abri, contre 9.000 en 1999.

411.000 personnes hébergées chez des tiers

Que ce soit des personnes entre 25 et 60 ans qui n'ont pas les moyens d'être indépendants et non aucun lien de parentés avec la personne qui les héberge (79.000), des enfants ou petit-enfants qui reviennent au domicile parental pour une raison autre que la fin des études (282.000), ou des personnes de plus de 60 ans, elles sont tous hébergées de façon contrainte, estime la fondation. Ces chiffres datent de 2002, et "de nombreuses alertes montrent que le phénomène a pris une réelle ampleur ces dix dernières années".

15.498 places en hôtel

"L'hôtel apparaît de plus en plus comme une situation de dernier recours pour assurer l'accueil d'urgence des personnes privées de domicile", écrivent les auteurs du rapport. 15.498 places fin 2011, contre 13.948 places fin 2010, et cela sans compter les places mises à disposition par les collectivités locales. L'essentiel se situe en Île-de-France (plus de 12.000), le reste en Rhône-Alpes, Lorraine et Picardie. Ces chambres d'un confort limité, servent à 90% à des personnes seules. "Cette solution apparaît très insatisfaisante pour les familles", explique la fondation, et elle est coûteuse : l'Etat y a consacré 95 millions d'euros en 2011, représentant 43% des dépenses d'hébergement d'urgence, "alors qu'elle devait être réduite à 25%".

Pour 3 Français sur 4, difficile de se loger

"Le situation est particulièrement dramatique pour les ménages les plus modestes, les isolés, les jeunes en difficulté d'insertion, les femmes avec enfants disposant de faibles ressources", explique la fondation Abbé Pierre... "Mais elle est aussi devenue complexe pour de nombreux ménages insérés socialement et économiquement". Discriminations dans l'accès au logement, demande qui a progressé de 43% en dix ans, témoignant d'une déconnexion forte entre les niveaux de loyer dans le parc privé et les ressources des ménages. Selon l'association, "le marché du logement fonctionne comme une véritable centrifugeuse qui sélectionne les candidats les plus solvables et refoule les autres vers les réponses apportées par la puissance publique. Notamment vers un parc HLM qui n'est pas calibré pour répondre à l'ensemble des besoins".

D'aprés LE NOUVEL OBS

16/01/2013

MARIAGE POUR TOUS

 Manifeste : au mariage pour tous, nous disons oui
Je vous encourage à lire ce texte de Gularu publié chez Jegoun. Il s'agit d'un des plus beaux plaidoyers pour le mariage pour tous lu depuis longtemps.
 
Ite missa est

08/12/2012

OPPOSE AUX OPPOSANTS

par Gaëtan Jarnot

La salle était pleine le samedi 1 décembre aux Assises de l’écosocialisme organisées par le Parti de gauche (PG) dont Jean-Luc Mélenchon, le coprésident, assurait la conclusion.

Des interventions de qualité, telles celles de Jacques Généreux, Henri Peña-Ruiz, ou François Delapierre, mais je fus malgré tout saisi d’un malaise persistant. Certains intervenants ont délaissé l’idée d’éducation populaire, l’ambition d’élever le citoyen pour se laisser aller à la manipulation de l’assemblée à l’aide de symboles qui font immanquablement plus réagir que penser. Notre-Dame-des-Landes était ainsi brandi comme symbole de toutes les luttes, économisant à l’intervenant démonstrations et raisonnements.

J’aimerais examiner la critique du projet d’Aéroport du Grand Ouest à la lumière des discours et idées entendus ce jour-là.

  • Projet archaïque – Si l’on en est réduit à utiliser un tel argument, alors la bataille culturelle gramscienne est perdue. On ne juge pas du bien-fondé ou de la cohérence d’un projet à sa date de naissance. Dans le champ politique le mot « archaïsme » appartient à la culture des néo-conservateurs jugeant les travaux du Conseil National de la Résistance dépassés ; comment l’utiliser aujourd’hui sans céder sur le terrain de la culture politique ? Notre République vieille de deux siècles serait-elle archaïque ? S’envoler à l’autre bout du monde partir à la découverte de l’autre n’est pas plus archaïque. À moins de décider que la découverte de l’Amérique du Sud tant évoquée ce soir-là ne soit facilitée aux parisiens (Ne parliez-vous pas d’égalité de tous sur le territoire Éric Coquerel ?), les citoyens de l’ouest de la France ont aussi le droit de voyager sans passer par Paris.
  • Journalistes parisiens – « 80% – c’est la part de cartes de presse qui se trouvent à Paris » rappelait justement François Ruffin lors d’une table ronde. Dans ces conditions, comment parvenir à saisir l’incongruité de cars qui font l’aller-retour Paris – Notre-Dame-des-Landes pour aller manifester ? Que des nantais aillent manifester à Montreuil (l’actuel aéroport de Nantes se trouve également aux portes du périphérique) pour la construction d’un aéroport afin de libérer les terres agricoles de Roissy, vous eût-il paru plus choquant ? C’est pourtant à peu près ce qui s’est déroulé ce 17 novembre 2012 sans que cela semble remuer plus que cela ces 80% de journalistes. Enfin, combien des journalistes présents à Notre-Dame-des-Landes ont-ils poussé leur enquête jusque dans la zone de bruit à Nantes ? Les journalistes manquent parfois de courage pour aller dans les zones où l’on s’ennuie tout simplement, sans lacrymos, ni CRS.
  • Méconnaissance du milieu agricole – C’est ce qui a été soulevé à juste titre, toujours par ce même journaliste qui a effectué une enquête sur l’entreprise Doux. Le public vacille constamment entre idéalisation et répulsion pour le milieu agricole. Idéalisation pour une profession au contact du Paradis perdu : la Nature ; au risque d’adopter parfois des accents pétainistes « La terre, elle, ne ment pas », et oubliant parfois que les agriculteurs de Notre-Dame-des-Landes n’ont jamais été portés sur le bio. Répulsion pour « ces gens-là qui votent aux 3/4 à droite » (dixit un spectateur posant une question lors des tables rondes). Entre ces deux extrêmes, le monde agricole continue d’être largement fantasmé, et ceux qui découvrent aujourd’hui la magie des zones humides seront les mêmes à chanter demain les beautés des vertes prairies transalpines entre Lyon et Turin sans jamais y avoir posé les pieds.
  • Priorité des luttes – Si le transport représente une part importante des rejets de CO2 (34%), il est urgent d’agir sur sa diminution. En revanche lorsque l’on sait que le transport aérien compte pour 3,3% des émissions du secteur, on peut douter de la priorité à se battre contre les avions lorsque les mêmes voitures qui s’étaient déplacées pour manifester à Notre-Dame-des-Landes participent au transport routier qui compte pour 93,6% des rejets. Les solutions sont plutôt à trouver, comme nous l’indiquait Martine Billard, du côté de l’aménagement du territoire en limitant l’étalement urbain. À Nantes les nouveaux arrivants sont obligés de s’installer en 3e ou 4e couronne alors que l’actuel aéroport se trouve aux portes sud-ouest du périphérique et empêche toute nouvelle zone de construction. Difficile là encore de communiquer sur le sujet aussi simplement qu’avec un symbole comme Notre-Dame-des-Landes. Comme l’ont souligné certains intervenants, nous aurions été mieux inspirés en soutenant les cheminots en 2010 dans leur combat en faveur du fret SNCF. Pour aller plus loin dans une optique internationaliste, il n’est pas interdit d’essayer de sensibiliser l’opinion en Chine et aux États-Unis responsables de 42,2% des émissions mondiales de CO2.
  • Légalité/légitimité – Le discours sur la légitimité des activistes face à la légalité de l’État fait florès derrière les micros devant des assemblées bien sages. Mon esprit critique se fait très bien à ces débats philosophiques, en revanche mon esprit petit bourgeois s’offusque un peu lorsque la grange d’un agriculteur qui a porté plainte contre un activiste prend feu1 ou que l’on se « défend » avec des cocktails Molotov qualifiés de légitimes. Les violences de l’extrême-droite lors de manifestations contre le mariage pour tous ont été condamnées par les partis de gauche, celles-ci doivent l’être également. Les politiques doivent tenir compte des éventuelles répercussions de leurs discours sur le terrain.
  • Suspicions – Le préfet qui a préparé l’avis d’appel public à la concurrence pour la construction de l’aéroport (et non signé la déclaration d’utilité publique comme parfois affirmé) est depuis parti à la Cour des comptes avant de rejoindre Vinci 2 3. Ce n’est pas la première fois qu’un haut fonctionnaire délaisse l’intérêt général et le service de la République pour rejoindre un groupe qu’il a parfois contribué à privatiser. Mais l’esprit critique et le doute ne doivent pas s’arrêter là. Un rapport « indépendant » commandé par Vinci pour affirmer la nécessité d’un nouvel aéroport aurait-il eu le moindre poids ? Non. Pourquoi alors prêter davantage de crédit à un rapport commandé par une association militant contre l’aéroport, dont les seules contributions et informations ont été apportées par… les opposants à l’aéroport. Continuons dans cette logique de suspicion généralisée. F. Verchère, à la tête des élus contre le déménagement de l’aéroport, est-elle l’élue d’une des communes concernées par les expropriations à Notre-Dame-des-Landes ? Non… elle fut élue maire sous l’étiquette socialiste à Bouguenais… ville qui accueille l’actuel aéroport. Si vous devez exercer votre esprit critique, ne vous arrêtez pas à mi-chemin.
  • L’intérêt général – Ce pour quoi il me semble qu’on a une sensibilité de gauche, le désir de faire passer l’intérêt de la collectivité avant l’intérêt particulier. 42000 citoyens sont aujourd’hui touchés par le Plan d’Exposition au Bruit. Avec le nouvel Aéroport du Grand Ouest, ce seront 845 personnes concernées. À entendre Jacques Généreux lors des Assises parler de dissociété, on pouvait penser que les activistes de Notre-Dame-des-Landes ne sont que le pur produit de notre société néo-libérale, un groupe qui se veut autonome sans avoir à prendre en compte comment vivre bien, pas seulement à une petite centaine dans des cabanes sur quelques hectares, mais tous ensemble. Ils ne font que reproduire une logique communautaire, sans vouloir participer au jeu politique et citoyen français. Rappelons que les activistes ne voulaient voir aucun drapeau politique lors des manifestations et que le député vert local a eu sa permanence vandalisée. Toujours lors de ces Assises de l’écosocialisme, j’ai pu visiter le village associatif qui se tenait à côté des débats. Anti-OGM, Anti-Nucléaire, se côtoyaient. Tous avaient en commun la sentence : « Le risque zéro n’existe pas ». Soit, pourquoi accepte-t-on dans ce cas de faire courir un risque à Nantes, la seule ville française dont on survole le centre lors de la phase finale d’atterrissage ?
  • L’écosystème humain – Jean-Luc Mélenchon et François Delapierre ont été bien inspirés de prendre leurs distances par l’ironie avec ceux qui voudraient donner des Droits à la nature ou à l’eau : « Le droit est culturel, fait par les hommes ». Le sérieux aurait commandé que les envolées lyriques sur Notre-Dame-des-Landes soient traitées avec la même distance. Enfin, un passage du discours m’a laissé espérer qu’à l’avenir le parti de gauche parlerait davantage aménagement du territoire, télétravail et transports que défense de cabanes en bois :

Nous ne défendons pas la nature, mais l’écosystème humain

Un symbole tel que Notre-Dame-des-Landes est peut-être fédérateur à court terme, mais laisse courir le risque à long terme de laisser apparaître un hiatus entrée pensée politique et engagement politique.

Le centre-ville est survolé à très basse altitude une minute seulement avant le « toucher de roues ». 1 km. sépare le périphérique du seuil de la piste

Voir une carte plus grande

[Mise à jour]

  • « trop coûteux » – Certains m’ont reproché de ne pas avoir répondu à cette critique. C’est vrai, je n’ai pas traité ce point, et pour une bonne raison : je n’ai pas entendu cette critique à gauche. Dans le cadre d’une lutte contre l’austérité un New Deal se fait toujours par des investissements d’infrastructure à l’intérieur du pays, ce qui stimule l’activité sans creuser la balance commerciale extérieure. J’ai bien entendu l’air c’est du « trop coûteux », mais en creusant un peu les mêmes chantaient aussi le refrain « politiques, tous les mêmes, fonctionnaires, trop payés ».
  • personnalisation du débat – Un des vices de la Ve République ? « petit politicien de province » « Ayrault-porc ». L’auteur de la première invective s’est maladroitement ravisé. Avis aux poètes manifestants : Jacques Auxiette, président de la région Pays de Loire, rime avec quéquette et toilettes, au choix. Et vivement la VIe République…
Photo : Flickr/US National Archive (Creative Commons)
 

28/11/2012

SOUTENONS MONTEBOURG

Soutenons la fermeté de Montebourg

 

 
 

Avatar de Philippe Doucet

Par
Député-maire d'Argenteuil
 
 

LE PLUS. À l’initiative de Philippe Doucet, député-maire d’Argenteuil, et de Laurent Baumel, député-maire de Ballan-Miré, 40 députés socialistes signent la tribune ci-dessous de soutien à la proposition du Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, en faveur du contrôle public temporaire du site Arcelor Mittal de Florange.

Un salarié d'Arcelor Mittal à Florange, le 27 février 2012 (J-C.VERHAEGEN/AFP).

Un salarié d'Arcelor Mittal à Florange, le 27 février 2012 (J-C.VERHAEGEN/AFP).

 

 

Mittal ne respecte pas notre pays

 

Aujourd’hui, Mittal ne respecte pas notre pays. Par des conditions de reprise intenables, il empêche le gouvernement de trouver des repreneurs sérieux et voue à l’échec les tentatives de sauvetage de Florange et de ses emplois.

 

En 2006, Mittal a mené une OPA hostile pour absorber Arcelor, fleuron européen de la sidérurgie. Depuis, il n’a respecté ni ses engagements, ni la France. Le site de Gandrange a été fermé en 2009. Le site de Florange n’a bénéficié d’aucun investissement pour accroître sa compétitivité. L’industriel indien complète lui-même le tableau : il se livre aujourd’hui à un chantage à l’emploi en impliquant les autres sites français de production.

 

Nous, députés de la Nation, considérons qu’il est temps d’arrêter de considérer comme la seule qui vaille la parole d’un dirigeant industriel dont les intérêts ne sont manifestement pas ceux de la France, de son tissu industriel, de ses emplois.

 

Pallier les défaillances de l'industriel indien

 

Nous, députés de la Nation, affirmons que l’État fait son devoir en envisageant de pallier aux défaillances de l’industriel indien. Il est temps de sortir de la chimère d'une économie sans usine, sans machine, comme si l'immatériel pouvait remplacer le travail de l'ouvrier, du contremaître, de l'ingénieur et son savoir-faire.

 

Nous, députés de la Nation, considérons que la sauvegarde des 2500 emplois d’un site rentable dans une région malheureusement touchée depuis longtemps par la crise doit être une priorité de l’action publique.

 

Nous soutenons la position d'Arnaud Montebourg

 

C’est pourquoi, nous soutenons la proposition de contrôle public temporaire du site dans les conditions qu’Arnaud Montebourg a déjà évoquées publiquement notamment avec l’accompagnement d’un partenaire industriel.

 

Pour parvenir au sauvetage du secteur automobile américain, Barack Obama s’est appuyé, en 2009, sur une intervention publique forte dans un pays où ce type d’intervention ne s’inscrit pas dans l’histoire industrielle. Sa réussite prouve que c’est par une action pragmatique et non pas idéologique que l’on peut intervenir dans l’économie de la mondialisation. Cela ne remet pas en cause l’attractivité du pays et montre la détermination du gouvernement dans sa politique industrielle.

 

Le 22 janvier 2012, François Hollande déclarait dans son discours du Bourget : "Nous devrons montrer nos armes." En effet.

 

 

Les signataires :


Philippe Doucet, Laurent Baumel, Chaynesse Khirouni, Hervé Féron, Dominique Potier, Jean-Yves Le Déaut, Hugues Fourage, Corinne Narassiguin, Patrice Prat, Christophe Borgel, Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Yann Galut, Julie Sommaruga, Arnaud Leroy, Christian Franqueville, Sébastien Pietrasanta, Vincent Burroni, Jean-Louis Destans, Nicolas Bays, Christophe Castaner, Joëlle Huillier, Eric Jalton, Stéphane Travert, Dominique Chauvel, Isabelle Bruneau, Monique Rabin, Laurent Kalinowski, Jean-Michel Villaumé, Martine Martinel, Estelle Grelier, Suzanne Tallard, Cécile Untermaier, Anne-Yvonne Le Dain, Olivier Dussopt, Sandrine Doucet, Chantal Guittet, Jean-Jacques Cottel, Catherine Troallic.

29/09/2012

SON BILAN

J'ai la nette impression qu'un grand nombre de Français dont Mélenchon ont oublié les quelques années passées et le bilan que la gauche a trouvé à son arrivée récente au pouvoir.

Alors il m'a semblé intéressant de dresser un bilan le plus complet possible  puissent se remémorer d'où l'on vient et dans quel état Sarkozy a laissé la France.

A l'image de son parcours personnel au RPR puis à l'UMP, son quinquennat aura été chaotique, lui qui vantait aux Français une "République irréprochable".

On ne peut pas affirmer que ces cinq années passées auront été un fleuve tranquille puisque émaillées d'affaires, scandales, magouilles et condamnations en tout genre, "mouillants" ministres et entourage voire l'ex chef de l'Etat lui-même.


Pour mémoire, voici donc "les affaires" du quinquennat de Sarkozy, elles ont pour nom :

L'affaire Karachi Gate,
l'affaire Takieddine,
l'affaire Bettencourt,
l'affaire Woerth (hippodrome de Compiègne)
le scandale Tapie,
l'affaire Clearstream,
les affaires Wildenstein,
les voyages de Michelle Alliot-Marie en Tunisie,
le scandale Joyandet,
la nomination de Jean Sarkozy,
les cigares de Christian Blanc,
les condamnations d'Hortefeux,
la légion d'honneur du couturier de Sarkozy,
la légion d'honneur de l'expert comptable d'Eric Woerth,
la légion d'honneur de Jacques Servier
la légion d'honneur de Patrice de Maistre (gestionnaire des Bettencourt),
les micros partis de Wauquiez, Copé, Woerth,
les amis placés ici où là,
le scandale Georges Tron,
l'espionnage du Monde,
le fiasco à propos des vaccins contre le H1N1,
les expulsions des Roms,
la circulaire Hortefeux sur les Roms,
la stigmatisation des gens du voyage,
l'espionnage de Médiapart,
l'affaire des fadettes,
la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers,
etc.... liste non exhaustive

La compil des données concernant l'etat de la France au départ de Sarkozy :


Économie :

- 2,46 millions d’euros de salaire moyen, soit 150 Smic, pour les patrons du CAC40,
- 37,4 milliards d'euros de dividendes versés aux actionnaires des sociétés du CAC40
- 0,7% de croissance (estimation 2011)
- 148,8 milliards de déficit budgétaire (2010)
- 70 milliards de déficit commercial (commerce extérieur) en 2011 (39,1 milliards en 2007)
- 1 600 milliards d'euros dette publique soit 82,3% du PIB fin 2010
- la dette publique de la France est passée de 64.2% du PIB en 2007 à 82.3% en 2010
- 172% d'augmentation du salaire présidentiel de Nicolas Sarkozy  en janvier 2008
- 2 milliards de baisse de l’Impôt Sur la Fortune pour les plus riches


 

03/06/2012

INTOX

Tous les jours je reçois sur ma boite mail des propos mensongés sur François Hollande depuis son élection à la présidence de la République

Ces propos ne semblent pas envoyés que par la droite et son extrême

Voiçi le dernier en date  

Désintox : le coût de la journée d'investiture de François Hollande

 

Depuis quelques jours, un message est relayé sur le net à droite et à l'extrême-droite. Il détaille le prétendu coût exhorbitant de la journée de cérémonie d'investiture de François Hollande, à partir d'éléments totalement fallacieux. Raillant la «gauche morale» et la «présidence normale» de François Hollande, ce mail cherche à tromper les Français sur la nature d'une gauche qui serait forcément dépensière. Désintox.

Ne laissons pas faire, rétablissons la vérité !

1/ Des chiffres totalement fantaisistes.

Il suffit d'examiner en détail certains des chiffres évoqués dans ce message pour en démontrer l'absurdité totale.

La plupart sont en réalité tout simplement inventés.

- «Réception Élysée + Réception Hôtel de Ville de Paris : 17 000 bouteilles de Champagne ont été bues soit un total de 612 000 €»
380 personnes ont été conviés à la réception à l'Elysée, dont une trentaine d'invités personnels du président Hollande, les autres représentant les différentes institutions et corps constitués.

Un millier de personnes environ étaient à la réception à l'Hôtel de Ville. En comptant 1500 personnes au total, cela ferait plus de 11 bouteilles de champagne par personne. Si nous ajoutons à cela les prétendus 576 766 euros de boissons diverses affichés dans le mail (Jus de fruits, Soda, Grands Crus, Bière, Whisky et alcool divers), on arrive à un nombre de bouteilles par personne totalement incomptatible avec la physiologie humaine.

- «Repas des Anciens Ministres Socialistes : 97 215 €»
Ce déjeuner rassemblait 9 convives autour de la table, soit un coût prétendu de 10 802€ le repas par personne. C'est d'autant plus fantaisiste que ce repas a été filmé par des chaînes de TV et qu'au-delà du protocole élyséen traditionnel, il ne comportait pas de faste particulier.

 

 

 

 

D'autres chiffres ne correspondent absolument à aucune réalité: il n'y a pas de défraiment de transport dans ce type de cérémonies et la très grande majorité des invités à la cérémonie de l'Hôtel de Ville sont parisiens.

Il est parfois même difficile d'argumenter dans le détail sur des intitulés vagues pour des montants qui ne correspondent à rien ou des dépenses imaginaires.

2/ Des chiffres non sourcés.

Le message annonce «Ces chiffres ont été vérifiés et sont vérifiables» avant de dire qu'ils sont «sous réserves et omissions». Sans qu'aucune source ne soit mentionnée. Ce serait difficile de le faire, vu que les chiffres sortent de l'imagination de leur auteur. Puis il est expliqué que ces chiffres seront disponibles en 2013 après vérification de la Cour des comptes : comment l'auteur peut-il connaître des données qui sortiront dans un an ?

Ne laissez pas passer l'intox !

> Répondez systématiquement aux messages que vous voyez passer sur le net à ce sujet en renvoyant à cet article.
> Signalez-nous les tentatives de désinformation.

 

Parti socialiste