09.06.2008

VOUS AVEZ QUAND MEME VOTE POUR LUI

D'APRES MARIANNE


 
Avez vous remarqué ? A chaque coup dur gouvernemental, donc très régulièrement, Nicolas Sarkozy ou l'un de ses ministres nous expliquent qu'ils ne font qu'appliquer le programme présidentiel, que les Français ont voté en connaissance de cause, que les promesses sont tenues. Bref, «nous savions, vous saviez.» Donc il n'y a aucune raison de se plaindre.

Pour cette 57ème semaine de Sarkofrance, nous savions effectivement beaucoup de choses.

Saviez-vous... pour le Bling Bling ?
La pause dans l'exubérance de paillettes n'a eu qu'un temps. Nicolas Sarkozy et son épouse font à nouveau la une des magazines. Carla Bruni a confié ses secrets à quelques journalistes, et se fait prendre en photo dans le Fauteuil Présidentiel devant un Nicolas Sarkozy souriant. Elle nous apprend même qu'«Il a cinq ou six cerveaux remarquablement irrigués.»
Nous savions évidemment que Nicolas Sarkozy aimait les femmes, ou qu'il avait un besoin à la fois narcissique et politique d'exhiber sa vie privée sous les flashes des photographes.

Saviez-vous... pour la politique d'immigration ?
C'était dans son programme. Nicolas Sarkozy a créé ce ministère d'un autre âge, «l'Identité Nationale», durcit le regroupement familial, fixé des quotas d'expulsions de clandestins, défini des quotas d'emploi par pays. Nous savions que cette «politique du chiffre» génèrerait des tensions, des dérapages, des douleurs. Nous savions qu'elle était un gage essentiel à l'électorat frontiste du Président. A l'approche de la présidence française de l'Union européenne, Sarkozy veut exporter son modèle ailleurs en Europe.

Saviez-vous... pour Rachida Dati ?
La nomination de Rachida Dati à un la tête d'un ministère régalien en juin 2007 était un signe formidable... pour l'image. Pour le reste, la personne était déjà porte-parole du candidat Sarkozy. On connaissait ses bourdes. On connaissait son parcours. On savait qu'elle était la «médaille beurette» que le Ministre de l'Intérieur avait très tôt accrochée à sa veste quand il visitait les banlieues. Il ne fallait pas attendre Rachida Dati sur le fond.
Un an à peine après sa nomination au poste de Garde des Sceaux, l'état de grâce est bien loin. Nous ne savions pas que son échec pouvait être aussi rapide et patent : elle est l'icône de Dior pour les Guignols de l'Info, la risée des gazettes. Ses volte-faces opportunistes agacent jusque dans son camp. Ses bourdes inquiètent Sarkozy. Elle s'est mise à dos l'institution judiciaire, la moitié de son cabinet l'a quittée, elle dérape à l'Assemblée.

Saviez vous .. pour les inégalités ?
L'été dernier, Nicolas Sarkozy a fait adopter un «paquet fiscal» qui prévoit , notamment, l'éxonération partielle des droits de succession, et le renforcement du bouclier fiscal (de 60% à 50%). Il applique son programme. La droite au pouvoir était déjà responsable d'une forte augmentation des niches fiscales, entre 2003 et 2008, dont leur coût est passé de 50 milliards d'euros en 2003 à 73 milliards en 2008. En mai 2008, le gouvernement fait mine de découvrir que les défiscalisations en tous genres font du mal au budget de l'Etat. Nous savions aussi que le gouvernement réduirait le nombre de fonctionnaires, et plus particulièrement d'enseignants. Les lycéens et leurs professeurs protestent. Mais ils savaient.

Saviez-vous... pour le déficit budgétaire ?
Le candidat Sarkozy avait promis fromage et dessert : on travaillerait plus, on gagnerait plus et il réduirait les prélèvements obligatoires de 68 milliards d'euros en 5 ans. Nous savions qu'il enterrerait les 35 heures sans le dire. L'UMP fait une fixette idéologique sur un dispositif qui ne concerne même pas la majorité des actifs en France.
Finalement, le déficit budgétaire se creuse: on l'a annoncé à 45 milliards d'euros cette semaine. Êtes-vous surpris ? A force de défiscaliser à tout crin, les ressources publiques font défaut.

Saviez-vous... pour le pouvoir d'achat ?
Le plus embêtant est certainement que nous n'avons pas eu davantage de pouvoir d'achat pour autant ! Depuis un an, le Président peine à convaincre de ses mesures en faveur du pouvoir d'achat. Il s'est même résolu à nommer un publicitaire, Thierry Saussez, à ses côtés, pour redresser la barre. La flambée du prix du pétrole et des matières premières n'arrange rien. Que le Grenelle de l' Environnement ait omis de définir des mesures concrètes en faveur des transports collectifs et du fret, et des énergies renouvelables ne choque personne. Nous le savions. L'écologie était un sticker électoral de plus sur le blazer du candidat.
Nous savions que le slogan de campagne ne concernait pas les retraités (travailler plus ?), les chômeurs, les précaires du temps partiel. Nicolas Sarkozy avait fait des 35 heures sa bête noire idéologique. Qu'une majorité d'actifs ne soit pas concernée par les RTT importait peu. Nous savions que le gouvernement viderait les dispositifs Aubry de leur substance sans chercher à les aménager. Nous pouvions même savoir que la France n'est pas ce pays de fainéants où l'on travaille moins qu'ailleurs ! Nos voisins européens ont une durée moyenne hebdomadaire de travail facialement plus élevée, mais davantage de travailleurs à temps partiel que nous

Oui, vous saviez.

Et pourtant, vous avez voté

Pourquoi ?

30.05.2008

HONTE AU TRIBUNAL DE LILLE

Grosse colère de Dominique Boy-Mottard

Palais de justice de Lille

Nous venons d’apprendre que dans la France d’aujourd’hui, république laïque, un mari pouvait obtenir l’annulation de son mariage car sa femme n’était pas vierge et le lui avait caché. Attention : il s’agit bien d’annulation (rien que ça !) pas de divorce.

L’avocat du demandeur peut prétendre que cela n’a rien à voir avec la religion (les époux sont musulmans), on voit mal comment expliquer la décision autrement que par une exigence religieuse que les magistrats du TGI de Lille ont fait prévaloir sur la règle de droit.

La décision est basée sur l’article 180 alinéa 2 du Code civil, à savoir : « S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage. »

La virginité ferait donc partie des qualités essentielles de la personne, au point d’en arriver à prononcer la nullité d’un mariage ? Si le monsieur était à ce point amer de ne pas être le premier, il pouvait toujours demander un divorce…

Mais non, il lui fallait l’annulation ! L’argumentation développée par son avocat est particulièrement effarante : « Il faut ramener la question au mensonge. La solution aurait été la même pour quelqu’un ayant [...] caché quatre pages de casier judiciaire, le fait d’avoir déjà été plusieurs fois marié ou de s’être prostitué ». Et il ajoute : « L’exemple traditionnel qu’on donne aux étudiants, c’est celui d’une femme qui a épousé un homme sans savoir qu’il était un ancien bagnard. C’est le fameux arrêt Berthon, qui date de 1868 ».

Donc, si l’on en croit Me Labbée, ne pas être vierge est équivalent à un casier judiciaire chargé ou encore à la prostitution…

Par ailleurs, il se plante complètement sur la référence à l’arrêt Berthon qui, non seulement, n’est pas de 1868 mais de 1862, mais qui surtout avait refusé de prononcer l’annulation d’un mariage à la demande d’une femme à laquelle son mari avait caché être un ancien bagnard.

Extrait de l’arrêt des Chambres réunies de la Cour de cassation du 24 avril 1862:
« … la nullité pour erreur dans la personne reste sans extension possible aux simples erreurs sur des conditions ou des qualités de la personne, sur des flétrissures qu’elle aurait subies, et spécialement à l’erreur de l’époux qui a ignoré la condamnation à des peines afflictives ou infamantes antérieurement prononcées contre son conjoint, et la privation des droits civils et civiques qui s’en est suivie ; »

Cela dit, la référence à l’arrêt Berthon est complètement hors de propos car la loi, à l’époque n’était pas la même qu’aujourd’hui : l’erreur sur les qualités essentielles n’existait pas, seule était prise en compte l’erreur sur l’identité physique de la personne.

Alors, la virginité est-elle une de ces qualités essentielles ? Selon la jurisprudence, les qualités essentielles doivent être « objectivement » constatées, c’est-à-dire apparaître comme telles aux yeux de l’opinion publique. Et je ne crois pas qu’on puisse dire que la virginité d’une jeune fille est de nos jours perçue comme telle, dans la France de 2008. J’aimerais bien connaître les juges de Lille qui ont pris cette décision pour savoir s’ils n’ont pas confondu leurs propres « valeurs » avec celles constatables objectivement dans notre société.

Mais l’argumentation juridique importe peu. Et je comprends la colère qu’a exprimée Elisabeth Badinter sur France Inter (propos repris par Libération de ce jeudi 29 mai) :

« Je suis ulcérée par la décision du tribunal d’accepter de juger ça parce que la sexualité des femmes est une affaire privée et libre en France, absolument libre (…) ça aboutit tout simplement à faire courir nombre de jeunes filles musulmanes dans les hôpitaux pour se faire refaire l’hymen. Et par conséquent au lieu, pour un tribunal, de défendre les femmes, de défendre ces jeunes femmes, au contraire il accentue la pression sur elles (…) Et je vous dis franchement, je pense à cette malheureuse jeune fille, humiliée publiquement, revenant dans sa famille, ce qu’elle a dû vivre a dû être épouvantable. J’ai honte que la justice française n’ait pas pris à cœur de défendre toutes ces jeunes filles ».

Au fait, est-ce que le mari était vierge ? L’histoire ne le dit pas…

Dominique Boy-Mottard

12.02.2008

EDITORIAL DE J.JACQUES THOMAS

L'annonce d'un (nouveau) plan quartier, malgré tout sans budget, le retour à la police de proximité pourtant tellement vilipendée à son arrivée, place Beauvau, l'accession à la propriété ou la création d'entreprises pour les jeunes des banlieues : Nicolas Sarkozy sait que, dans un mois, jour pour jour, les Français se seront exprimés. Le 9 mars, premier tour des Municipales et des Cantonales, les urnes auront, en effet, parlé.

Pour Charles Pasqua, les promesses n'engageaient que ceux qui les écoutaient. Pour le Gouvernement, les chèques en bois distribués avant les élections sont surtout à rapprocher de la langue du même nom.

La ville est peut-être un enjeu de civilisation. Elle souffre aujourd'hui de n'être qu'un enjeu électoral. Pour 4000 policiers supplémentaires dans les banlieues, combien en moins dans le reste de la France en prenant en compte la décision du Président de la République de supprimer un fonctionnaire sur deux ?

A un mois du premier tour de scrutin, Nicolas Sarkozy reprend ses suppliques. L'immigration (re) devient à la mode avec les quotas ethniques « utilement » réactivés par Brice Hortefeux. Le Président lui-même s'applique à satisfaire quelques-unes des promesses de l'élection (précédente).

Salariés de chez Michelin, buralistes, retraités, chauffeurs de taxis : chacun y trouvera son compte et surtout que personne ne puisse laisser entendre que le Président recule. Comme les sondages, il avance … à reculons !

Même si surtout ces nouvelles annonces évitent de (re) parler du quotidien, d'évoquer les franchises médicales ou de s'interroger sur le déficit (record) du commerce extérieur !

Avec 4,3 milliards de perte en décembre, la balance commerciale de la France chute à 39,2 milliards d'euros pour l'année 2007 ; soit un trou de 11 milliards supplémentaires par rapport à 2006.

Pendant ce temps, les Allemands qui utilisent la même monnaie et paient le même prix le baril de pétrole affichent, quant à eux, un excédent de 200 milliards !

Pour nombre de Ministres, la cause du malaise est simple : la France va mal. En fait, elle est d'abord mal gouvernée.

14.11.2007

LE TRAITE EUROPEEN ACTE II

2 - Le TME rendrait-il possible une

harmonisation sociale par le haut ?

Non. Le projet de TME exclut toute harmonisation des législations sociales. La possibilité d’instaurer progressivement un SMIC européen pour empêcher la concurrence par les bas salaires est exclue, tout comme un alignement vers le haut des régimes de protection sociale ou une réduction harmonisée du temps de travail dans toute l’Union européenne.

C’est le marché qui se chargerait d’ « harmoniser » les législations sociales au nom de la « concurrence ». L’harmonisation continuerait donc à se faire par le bas : les rangs des travailleurs pauvres et des chômeurs continueraient à augmenter au même rythme que les dividendes des actionnaires.

Le projet de TME ne changerait rien à la règle de l’unanimité nécessaire à l’harmonisation des législations fiscales des pays de l’Union européenne. La concurrence fiscale et la course sans fin aux augmentations d’impôt pour les salariés (TVA sociale) et aux baisses d’impôts pour les actionnaires (diminution de l’impôt sur les sociétés et sur les dividendes) pourraient donc continuer sans le moindre frein.

Depuis plus de vingt ans, les dirigeants de la social-démocratie européenne font le même serment : « Pour sauver l’Europe, nous avons été obligés de différer l’harmonisation sociale mais c’est promis, c’est juré, le social sera l’objet du prochain traité ». Vingt ans d’expérience pendant lesquels la politique sociale a été à chaque fois sacrifiée sur l’autel de la libre circulation des capitaux (Acte Unique, 1986), de la monnaie unique (Maastricht, 1992) ou du pacte d’austérité budgétaire (Amsterdam, 1997). Mais vingt ans d’expérience qui ne leur ont servi à rien. Ils continuent leur rengaine. Ils proposent de signer le TME qui interdirait tout harmonisation des législations sociales et qui sonnerait le glas de ce qui reste de services publics en Europe mais ils s’écrient, de nouveau, la main sur le cœur : « Préparons un traité social, défendons une directive européenne pour garantir les services publics… » Qui peut encore les croire ?

12.11.2007

LE TRAITE EUROPEEN EN 10 LECONS

10 questions, 10 réponses sur le Traité Modificatif Européen signé par Sarkozy. Par Jean-Jacques Chavigné

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1- Le projet de Traité Modificatif Européen (TME) est-il différent du projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE) ?

Non. Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la Convention européenne qui avait rédigé le TCE, le reconnaissait d’ailleurs dans le Monde du 26 octobre 2007 : « Les outils sont exactement les mêmes, seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils ».

Le Traité Modificatif Européen (TME), adopté par les Chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union européenne, le 19 octobre à Lisbonne, est donc le même que le Traité Constitutionnel Européen (TCE) qui a été repoussé le 29 mai 2005 par 54,67 % des électeurs de notre pays.

Sarkozy a présenté ce projet de traité comme un « projet simplifié ». C’est un mensonge, il fait plus de 250 pages et reprend l’intégralité de la partie I (les institutions) et de la partie III (les politiques européennes) du TCE. La partie II du TCE (la charte des droits fondamentaux) qui était le seul élément un peu positif du TCE ne figure plus dans le traité mais dans un texte séparé.

Sarkozy s’est vanté d’avoir fait retirer du texte « la concurrence libre et non faussée ». C’est là encore un mensonge éhonté. « La concurrence libre et non faussée » a bien été retirée de la partie 2 mais elle est reprise dans un protocole, partie intégrante du traité, qui affirme que « le marché intérieur, tel qu’il est défini à l’article 3 du traité comprend un système garantissant que sa concurrence n’est pas faussée ».

Les seules différences (exceptée l’exclusion de la charte des droits fondamentaux) sont d’ordre symbolique : le texte n’est plus une Constitution mais un Traité dont la révision sera tout aussi difficile que l’aurait été celle de la Constitution ; le drapeau européen (qui flotte partout) et l’hymne européen sont retirés du texte.

Ce texte est donc un coup de force contre le vote « non » des deux seuls peuples consultés sur l’intégralité du TCE : les peuples français et néerlandais. L’initiateur de ce coup de force anti-démocratique est Nicolas Sarkozy.(A suivre.....)

07.11.2007

UN REFERENDUM POUR L'EUROPE

Un référendum pour le nouveau Traité européen !

Le dernier Conseil européen de Bruxelles du 23 juin 2007 a décidé de confier à une Conférence intergouvernementale le soin de travailler d'ici à la fin de l'année à la rédaction d'un nouveau Traité européen « simplifié », suite au rejet par les peuples hollandais et français du Traité constitutionnel.

Le Président de la République française, puis son ministre des Affaires étrangères, ont néanmoins explicité les grandes lignes de ce nouveau traité « simplifié ».

Il ressort qu'il concernera le système et le mode de décisions européens, les questions sociales, les valeurs constitutives de l'Union et des mesures significatives concernant la lisibilité de l'Union.

Ce nouveau Traité « simplifié » aura des conséquences majeures et directes pour la vie de nos concitoyens et de nos institutions.

Cela implique donc qu'il soit soumis à referendum.

Tout d'abord, conformément à la Constitution française, dès lors que ce nouveau Traité modifiera le fonctionnement de nos institutions il devrait être soumis à approbation populaire.

En second lieu, si le besoin existe absolument de réconcilier l'Union européenne et les peuples européens alors ce Traité doit être aussi leur affaire.

Le précédent Traité, dit constitutionnel, a montré que la voie parlementaire n'était pas la voie par laquelle les peuples pouvaient se reconnaître. Et si ce nouveau Traité fait la synthèse entre les tenants du « non » et du « oui », ainsi que le dit le Président de la République , alors que peut-il craindre d'un referendum ? Les arguments du ministre des Affaires étrangères selon lesquels la ratification par la voie parlementaire évitera les inconvénients précédemment constatés ne peuvent être recevables.

La démocratie n'est pas négociable. Elle ne peut souffrir d'une mise à l'écart, d'un manque d'appropriation par les peuples européens de la construction européenne. Le retour de la politique suppose que notre peuple soit consulté. Il a défait le précédent Traité. Il doit s'exprimer sur ce nouveau Traité. C'est une double exigence : nationale et européenne.

En conséquence, nous appelons solennellement le Président de la République Française à soumettre le nouveau Traité à la ratification de notre peuple et à décider de l'organisation d'un referendum.

Que l'on soit pour ou contre ce nouveau Traité, l'Europe ne se fera pas contre les peuples. Elle ne se fera pas sans eux. Elle se fera nécessairement avec eux !

23.10.2007

KACZYNSKI:LA PORTE

 Les jumeaux conservateurs Kaczynski, au pouvoir en Pologne depuis deux ans, ont essuyé un cuisant échec, battus par l'opposition libérale aux législatives d'hier avec une avance de près de 13 points, selon les sondages.
Si les résultats officiels confirment aujourd'hui ces sondages, le parti libéral Plateforme civique (PO) de Donald Tusk recueillera de 43,7 % à 44,2 % des voix. Le parti conservateur Droit et Justice (PiS) du Premier ministre Jaroslaw Kaczynski n'est crédité que de 30,4 % à 31,3 % des voix.
Troisième, l'Alliance de centre-gauche (LiD), parrainée par l'ex-président Aleksander Kwasniewski, a obtenu de 12,2 % à 13,3 %. Le parti paysan traditionnel PSL est crédité de 7,9 % à 8,4 % des voix.

Participation record

Les libéraux frôlent ainsi la majorité absolue de 230 sièges sur 460 à la Diète (chambre basse). Ils ne devraient pas avoir de problème à former un gouvernement. Le PSL s'est déclaré prêt à coopérer avec les libéraux.
 Ces élections anticipées, considérées comme un référendum sur les deux années de gouvernement des Kaczynski, ont largement mobilisé les électeurs. Le taux de participation a atteint un record pour ce genre de scrutin depuis la fin du communisme en 1989 : 55,3 % selon un sondage.
Mais cette affluence a causé des perturbations sérieuses dans le scrutin. Certains bureaux ont manqué de bulletins de vote et les opérations de vote ont été prolongées dans certains bureaux de Varsovie.
Les quelque 30,5 millions de Polonais appelés aux urnes ont renouvelé les deux chambres du parlement, 460 députés élus à la proportionnelle et 100 sénateurs élus au scrutin uninominal majoritaire à un tour.
Les anciens alliés du PiS au pouvoir, le parti populiste Autodéfense et l'extrême droite ultracatholique de la Ligue des familles polonaises (LPR), sont éliminés du parlement, avec moins de 2 % des voix, soit largement moins que les 5 % requis.

16.10.2007

ADIEU 1945 ADIEU 1968

Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance c'est en regardant l'affiche derrière mon camarade Jean-Jacques Thomas maire de Hirson(O2) qui recevait François Hollande le week-end dernier que m'est revenu le texte de Kessler,à lire, pour comprendre jusqu'où veut aller Sarkozy 



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Denis Kessler est de retour. L’ancien n° 2 et idéologue en chef du MEDEF au côté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998, apôtre du projet de “refondation sociale” d’alors, signe un éditorial dans le journal Challenge du 4 octobre 2007. Il éclaire avec le plus grand cynisme la cohérence globale du projet Sarkozy : liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur la base des rapports de force issus de la Résistance et de la Libération. Il s’agit bien d’une contre-révolution. Bon à savoir pour mieux combattre !



ADIEU 1945, RACCROCHONS NOTRE PAYS AU MONDE ! 

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. 

La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. 
Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun.
Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.Le problème de notre pays est qu’il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges. Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d’entrepreneurs politiques et sociaux. 

Désavouer les pères fondateurs n’est pas un problème qu’en psychanalyse.

par Denis Kessler

10.10.2007

A LA MAISON BLANCHE

Nice : A « Maison Blanche » l'occupation s'organise

 

L'occupation s'organise à « Maison Blanche », cet ancien pensionnat de jeunes filles du boulevard Carabacel investi, dimanche matin, par seize familles en quête de toit. Chacun a pris ses quartiers dans ce qui fut, jusqu'à l'été dernier, des chambrettes d'étudiantes. Sans autres titres ni droit, que celui de la nécessité. Résisteront-ils à celui, opposable devant les tribunaux, du propriétaire légitime ?

 

L'association catholique Saint-Jean-Baptiste qui a racheté cet ancien hôtel en 1923, dénonce un « putsch »... Et pourrait très vite engager un recours. De quoi déjà hypothéquer l'avenir des occupants de « Maison Blanche » (voir encadré). Alors, comme pour ne pas se laisser miner par l'incertitude qui plane toujours au-dessus de leur tête, tous s'affairent. À l'image d'Igor, jeune élève Tchétchène de 17 ans, premier de sa classe de terminale S : « Tant que j'ai de la lumière, je vais en profiter pour travailler mes cours. » Lui et sa famille viennent de passer les six derniers mois dans un squat, « sans gaz ni électricité ».

 

« Ils sont tous dans ce cas, insiste Thérésa Mafféi, l'une des bénévoles de « Maison Blanche » : « Certains vivaient à quinze dans un tout petit appartement, d'autres dormaient dans leur voiture, dans des squats, voire dans la rue. »

 

Soutien scolaire et règlement intérieur

 

La rue ? Amel, 42 ans, a connu. « Pendant un an », confie cette Tunisienne qui a fui avec sa fille un mari violent et un pays qui ne la considérait pas pour autant comme une victime. « C'était terrible, murmure-t-elle, les yeux pleins de larmes. Et si elle « préfère, même sans logement, rester en France, c'est pour Imen », 15 ans, sa « fierté » qui elle aussi « est malgré tout première de sa classe » .

 

Les enfants de « Maison Blanche » - ils sont vingt-cinq - rythment la vie de ce squat de luxe, au pied de l'une des collines les plus huppées de Nice. Ramassage scolaire organisé par les bénévoles des différentes associations présentes, goûter à la sortie des cours et même soutien scolaire.

 

En revanche, pour ne pas troubler la quiétude de ce quartier tranquille, les enfants de « Maison Blanche » doivent jouer dans l'enceinte de la bâtisse. Un règlement intérieur a ainsi été établi : « pas d'alcool, pas de cigarette dans le bâtiment, interdiction d'utiliser les ascenseurs et obligation de s'acquitter des tâches ménagères. »

 

Péril imminent

 

Alors chacun met la main à la pâte. Sans rechigner. Plus aucune feuille morte ne jonche la terrasse. Les douches ont été astiquées. Tout comme les parties communes. « Maison blanche » est rutilante. Pourtant sous le vernis, il ne faudrait pas gratter beaucoup pour trouver les vices d'une construction vieillissante. Électricité défaillante, planchers chancelants, absence de système anti-incendies... Autant de carences qui ont justifié en août dernier un arrêté de péril imminent.

 

« Maison Blanche » avait alors été fermé au public. Jusqu'à ce que des associations militant pour le droit au logement en décident autrement. Mais ces mêmes arguments sécuritaires pourraient bien conduire à leur expulsion.

 

Eric Galliano

 

Nice Matin

 

26.07.2007

A QUI LE TOUR ?

Rasmussen quitte le Tour


 MICHAEL RASMUSSEN HUÉ PAR LE PUBLIC AU DÉPART DE LA 16E ÉTAPE-
REUTERS/Stefano Rellandini

Le maillot jaune Michael Rasmussen ne sera pas au départ de la 17e étape du Tour de France, jeudi, à Pau. Son équipe, Rabobank, a décidé de le limoger pour avoir menti sur son emploi du temps.

Le Tour de France perd son maillot jaune ! Nouveau coup de théatre sur les routes du Tour, avec l'annonce mercredi soir par la formation Rabobank que leur leader Michael Rasmussen ne prendra pas le départ de la 17e étape jeudi. Le Danois est le leader de la Grande Boucle depuis sa prise de pouvoir dans les Alpes. Il a même mardi, lors de la dernière étape de montagne, consolidé son maillot jaune. La victoire finale à Paris ne pouvait plus échapper...

Mais depuis l'annonce par la fédération danoise de son exclusion pour ne pas avoir communiqué ses lieux d'entraînements, le doute planait sur les performances de Rasmussen. Son équipe, Rabobank, a décidé de le limoger pour avoir menti sur son lieu d'entraînement. Rasmussen a menti à son équipe sur son emploi du temps durant le mois de juin. Le coureur danois se serait trouvé en Italie le mois précédant le Tour et non au Mexique comme il le prétendait. Rasmussen quitte donc le Tour de France par la petite porte.

Cette décision intervient quelques heures après le départ volontaire de l'équipe Cofidis dont le coureur italien Christian Moreni a été contrôlé positif à la testostérone. Mardi, c'était l'équipe kazakhe Astana qui était mise à l'écart par la direction du Tour : son leader, Alexandre Vinokourov, avait été contrôlé positif aux transfusions homologues.

EN CAVALE
458293f80a2c03ab79ebd6fe0420e0f7.jpgQu'à cela ne tienne, pour dramatiser un peu plus le scénario du "Tour du renouveau" Chicken Run est maintenant en cavale.  Alertés par une dépêche d'Associated Press les gendarmes de Pau, accompagnés de la police scientifique et de maîtres chiens (!), sont venus interpeller l'ex-maillot jaune à l'hôtel de l'équipe Rabobank. Manque de chance "car il avait quitté les lieux", a-t-on appris après la tentative de capture.

La police des douanes a été mise en alerte sur demande de la préfecture et un mandat aurait été lancé à l'encontre du superbe vainqueur de l'étape de  l'Aubisque de ce mercredi 26 juillet.  Pour information l'individu recherché se déplace en vélo, porte une casaque jaune, a le crâne rasé et ne s'exprime qu'en danois. Merci de contacter les pouvoirs publics ou Azurcom si vous l'apercevez

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