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J AI RECU UNE INVITATION

INVITATION AUX VOEUX DU MAIRE D ANTIBES

Hier j'ai reçu une invitation pour aller à la cérémonie des voeux du maire d'Antibes.  Je pratique ce rite de façon trés  modérée  je peux constater ce phénomène : on retrouve dans les salle des fêtes ou des mairies une grande partie d’habitué(e)s motivés car déjà engagés dans la vie collective. Peu de nouveaux venus ou de personnes décidées à découvrir dans le traditionnel discours des élu(e)s des éléments de la gestion publique. Il n’y a même plus la totalité de l’équipe municipale car elle a perdu  sa motivation originelle pour pas mal de ses membres. La vie et l’action de proximité n’ont plus grand sens. En 2017 avec les primaires et les échéances électorales il y avait encore un soupçon de motivation supplémentaire qui n’existe plus cette année et les élu(e)s se font plus rares.
Bien évidemment ce phénomène croissant de la non-durabilité de l’engagement civique est soigneusement occulté des propos conventionnels. Ce n’est pas au moment des vœux que l’on va souligner les signes de déliquescence de l’esprit républicain. D’ailleurs quand on présente ses vœux il est vraiment malvenu de parler-vrai puisque l’on est censé porter un message d’espoir ouvrant une nouvelle année de bonheur avec plein de projets réussis… Il ne faut surtout pas faire de politique (« c’est pas le moment! ») et celle ou celui qui oserait en faire serait vite montré du doigt ! Tout a été pour le mieux en 2017 et il s’agit ensuite surtout de prédire que tout ira encore mieux… dans le meilleur des mondes possible en 2018 ! C’est vrai que l’on vit dans ce consensus mou provoqué par une intoxication continue discréditant ceux qui tentent de secouer le cocotier des certitudes. Il ne faut pas déranger… Pourtant ces « cérémonies » devraient être davantage conçues comme des rencontres citoyennes que comme des séquences de thérapie de bonheur prospectif à savourer. C’est l’opportunité d’expliquer, de tenter d’éduquer, de faire partager des analyses différentes de celles que distillent des spécialistes de la communication accompagnant les gouvernants depuis des décennies.
Dans les communes le sujet qui revient sans cesse est celui de la fameuse suppression de la taxe d’habitation avec l’expression de craintes des maires… sans que personne ne se pose la seule vraie question : comment va-t-on récupérer les 10 milliards qui sont promis en compensation ? Nul ne sait que dans les fondements des finances publiques on ne peut pas effectuer une dépense sans que l’on prévoit un équivalent en recettes. Autant dire que les 10 milliards sont donnés d’une main et repris discrètement de l’autre dans la poche de celui qui se croit bénéficiaire… ou dans celle de son voisin !
Comme souvent l’assistance n’est malheureusement constituée majoritairement que de retraité(e)s il serait bienvenu de leur expliquer que dans leur commune quand un couple cumule 2 400 € de retraite brute (avant toutes retenues) par mois va payer exactement une augmentation annuelle de 489 € de CSG alors que souvent il n’acquitte guère plus de TH dans son village. S’il est propriétaire de sa modeste maison il aura la douloureuse surprise de constater que sa taxe sur les propriétés bâties augmentera inexorablement ce qui réduira à peau de chagrin le prétendu cadeau qu’on lui a fait. L’égoïsme est tel que les regards quand on explique calmement ces réalités sont septiques : ce n’est pas ce qu’on leur a dit à la télé au moment des vœux ! Il ne faut surtout pas détruire les certitudes rassurantes surtout quand elles concernent les impôts. Les élus deviennent inaudibles dans un tel contexte alors beaucoup d’entre eux préfèrent faire profil bas.
Et alors si par malheur vous abordez le dossier des « migrants » au nom simplement des principes républicains que sont la fraternité, la solidarité, l’humanisme c’est pire ! Le risque est grand de voir les gens baisser les yeux pour éviter de croiser le vôtre. Ce n’est vraiment pas le moment de gâcher la fête et d’évoquer un sujet pouvant laisser supposer que les voleurs de galettes sont à la porte de la salle. Il suffit de se rappeler que c’est dans le milieu rural, les plus petits villages où aucun migrant n’est jamais venu, que le FN a réalisé ses plus gros scores en 2017 pour vraiment gâcher définitivement l’ambiance. Tout le monde les a vus à la télé et c’est suffisant… pour que les esprits soient imprégnés. Quand au passé et ce qu’il a pu produire, sur ces bases là, comme malheurs , il faut le laisser derrière soit puisque l’on est là pour parler d’avenir.
A force la réalité apparaît comme forcément impossible à énoncer. Il vaut mieux se contenter de formules simples dorant la galette des tables et flattant l’auditoire puisque dans le fond on constate si l’on en fait trop « qu’un pessimiste, n’est qu’un optimiste qui a beaucoup d’expérience.” Et je commence à en avoir trop ! Beaucoup trop 

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