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MOT DE GERARD FILOCHE



Non, le PS ne va pas au Modem comme la rivière va à la mer…
 
Non, le PS ne va pas vers le Modem comme la rivière va à la mer, contrairement à ce qu’explique partout Jean-Luc Mélenchon afin d’avoir un argument pour refuser toute unité de la gauche au premier tour des régionales de mars 2010.  Il n’y a rien de “naturel”, rien de “fatal” là dedans.

Jean-Luc Mélenchon avait déjà pronostiqué que Ségolène Royal avait gagné le 6 novembre 2008. Il s’était trompé, mais était quand même sorti du Parti socialiste sur ce constat faux.
Voilà qu’il rejoue le même prophète de malheur. Car ce serait un malheur si le PS s’alliait avec le Modem. C’est évidemment une menace réelle, pareil danger n’est pas écarté, il y a de puissantes forces pro-sarkozystes qui aimeraient cela, et toute la presse sarkozyste intoxique violemment l’opinion en ce sens.
On redoute cela, on craint cela.
Mais ce n’est pas joué, la bataille n’est pas perdue.
La gauche socialiste existe et elle ne veut pas que le PS dérive ainsi, et au contraire, elle veut faire remonter le PS à ses sources.  Jusque-là, la majorité du congrès de Reims, avec 71 % des voix a refusé ce renversement d’alliance vers le centre au lieu de la gauche. La direction de Martine Aubry s’y refuse, et cela a été confirmé à La Rochelle et lors du Conseil national du samedi 12 septembre.

Face au risque que cela se produise, la bonne attitude, positive, constructrice et unitaire n’est pas de déclarer l’affaire jouée, ni de pousser à ce qu’elle se réalise. Ce n’est pas d’encourager le PS dans la mauvaise voie, au contraire, il faut souhaiter dans l’intérêt de toute la gauche, que cela ne se produise pas !  Parce que si cela arrivait ce ne serait réjouissant pour personne à gauche, à moins d’être sectaire, diviseur forcené, avide de perdre ou de faire perdre face à Sarkozy.
Il n’y a pas de fatalité à l'échec en 2012 : si on parvient à éviter la division entre une gauche combative mais isolée et un Ps compromis avec le Modem.
Mais pour cela il faut avoir conscience que rien de grand ne s’est fait dans l’histoire de ce pays, sans unité de toute la gauche. Nous n’avons gagné les 40 h en 1936, les congés payés, les 39 h en 1982 et quantité de droits, les 35 h en 2002 qu’avec l’unité de toute la gauche. Nous avons gagné et protégé la sécurité sociale, les retraites, avec l’unité de la gauche : en 2002, les caisses de sécurité sociale étaient en solde positif et les retraites n’étaient pas attaquées comme elles le sont depuis 2003…   
Alors, il ne faut partir du fait qu’il y aurait “deux gauches”, il ne faut pas « installer » cette idée, il ne faut pas creuser le fossé, entre deux gauches, il ne faut pas comme le dit, de façon nouvelle, dans sa bouche, Jean-Luc Mélenchon « assumer la compétition entre deux gauches”. C’est l’unité qu’il faut assumer.
Si les deux années qui viennent sont celles de “deux gauches en compétition”, c'est foutu pour 2010 ou 2012, Sarkozy sera ré élu ! Au contraire menons bataille pour nous unifier et créer les conditions de la victoire.

La théorie dite des "deux gauches" est fausse ! Il y a un seul salariat, il doit y avoir une seule gauche ! Bien sûr qu’à gauche, il y a des sensibilités multiples, un arc-en-ciel de points de vue, mais ce sont les points communs qu’il faut rechercher. Il faut bâtir un programme commun au cœur de la gauche, c’est de façon volontaire, qu’il faut surmonter les obstacles divisant les multiples gauches : rapprocher « réformistes » et « révolutionnaires » sur un projet de transformation sociales immédiates est une nécessité, par exemple pour  35, 60, 1600, 20… Pour un retour à de vraies 35 h, travailler moins, mieux, pour travailler tous, pour une retraite décente pour tous à 60 ans, pour une hausse forte du Smic à 1600 euros, pour un blocage du salaire maxima à 20 fois le Smic.
Trois  réunions nationales sont prévues par thème : une organisée par le PCF, une par le PS, une par les Verts et ces trois formations invitent TOUTE la gauche du MRC au NPA ! certains sont sceptiques, méfiants, certes, mais quelle meilleure façon de « voir » sinon en participant ? Pas d’a priori, il faut tester, marcher, essayer, se saisir de toute occasion comme celle-là, la répéter partout, de la base au sommet. Pourquoi ne serait-ce pas les prémices d’une grande union ? Sans exclusive. En tout cas, c’est l’intention déclarée, affichée de Martine Aubry.
Pourquoi le Parti de gauche, NPA, LO ne viendraient-ils pas ? En toute indépendance ? En s’exprimant librement ?
On pourra vérifier dans la durée, mener campagnes communes, par exemple, pour défendre La Poste, pour soutenir les actions des 6 syndicats qui appellent à grèves et manifestations le 7 octobre… Par exemple pour le contrôle des licenciements, n’est-ce pas le NPA lui-même qui avait proposé cela ?
De même, pourquoi prendre l’idée de « primaires » à gauche comme un piége ? Pareilles "primaires" ne s'entendent que s'il y a une plateforme commune entre les partenaires de gauche. Et c’est seulement alors qu’on peut défendre l’idée révolutionnaire d’avoir un candidat commun qui défende ladite plateforme dés le premier tour. Il se peut même qu’il y ait un consensus sur un candidat commun et les primaires ne seraient qu’une grande ratification unitaire, publique, mobilisée… C'est logique dès qu'il y a accord... mais c'est insensé s'il n'y a pas accord...
Un candidat commun, c’est le contraire de la présidentialisation, car il ne s’impose pas, il n’échappe pas à son parti, aux partis de gauche, il est le produit d’un choix collectif, raisonné, mobilisé. Bien sûr, pas question de Modem ou autre, cela n’aurait pas de chances, il s’agit d’un candidat du camp de la gauche…Évidemment, cela veut dire aussi accord de partage des moyens de campagne, des paroles de campagne, des finances de campagne, des circonscriptions avec des garanties précises pour les groupes parlementaires, pour le gouvernement lui-même.  
En avant pour l’unité, levons méfiances, préjugés, rancoeurs, rencontrons nous, bâtissons la confiance, donnons-nous les garanties par le débat politique, des collectifs unitaires partout à la base, par un accord programmatique précis, et un véritable projet commun de gouvernement de toute la gauche.

Gérard filoche, membre du Cn du PS, motion C “UMA”, 
 

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