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  • C'EST LA LUTTE

    Marie-George Buffet quitte la tête du PCF (AFP)

    Marie-George Buffet quitte la tête du PCF (AFP)

    J'ai connu une époque où un congrès du PCF était un événement national qui faisait la une des journaux. C'est fini. Ce 35ème congrès a été précédé d'un événement tout autant inaperçu et qui n'était pourtant pas rien : 200 personnalités, élus, députés, intellectuels, vétérans du Parti l'ont quitté, à quelques jours du rendez-vous de ce week-end. Dans la division ou dans le rassemblement, le PCF laisse indifférent.
    Ce qui est surprenant, c'est que ces dernières années le Parti communiste ne s'en est pas trop mal tiré électoralement. Sa stratégie du Front de Gauche lui a permis de repasser au-dessus de la barre des 5% alors qu'il flirtait avec les 1%. Il a pu sauver nombre de ses élus. Pourquoi alors ces départs massifs et lourdement symboliques ? On ne voit pas très bien où ils vont aller, ce qu'ils vont faire. C'est à ce genre de découragement muet, d'impuissance sans nom, de désespoir larvé qu'on mesure la gravité d'une crise à l'intérieur d'une formation politique.

    Ce 35ème congrès, ce n'est pas rien non plus : Marie-George Buffet s'en va, après une dizaine d'années à la tête du PC. Que retenir d'elle ? Je crois qu'elle a été, en termes d'image, très marquée par son passage dans le gouvernement Jospin. Il est certain que ce Parti, initialement révolutionnaire, ternit sa réputation quand il se compromet avec des réformistes. Mais comment faire autrement ?

    En tout cas, le courant orthodoxe, tel qu'on le retrouve par exemple à Antibes, ne pourra qu'être renforcé à l'issue de ce congrès, même s'il demeure minoritaire. Les rénovateurs qui sont partis lui laissent en quelque sorte la place de la contestation. Savez-vous que ces orthodoxes, gremetziens en tête, se méfient comme de la peste de Mélenchon, qu'ils considèrent comme un "social-démocrate" ?

    Pierre Laurent sera le prochain leader du PCF. Je souhaite qu'il maintienne son Parti à gauche,qu'il ramène à la raison et à la loyauté envers le P.S ses dirigants locaux , qu'il ne favorise aucun rapprochement avec l'extrême gauche ni stratégie illusoire à la gauche de la gauche qui ne fait que le jeu de la droite.

  • ANTIGAULLISTE PRIMAIRE

    En ce jour du 70ème anniversaire de l'appel du 18 juin, j'ai l'impression que tout le monde est devenu gaulliste,parfois même à gauche. Je voudrais expliquer pourquoi je ne le suis toujours pas.

    D'abord, quoi qu'on dise, de Gaulle était philosophiquement un homme de droite, ayant du pouvoir, de l'autorité, de l'histoire, de la nation des conceptions de droite. Dans les années 50, il lance le RPF, une formation politique qui prend des positions très à droite, qui la distinguent nettement de la droite libérale, centriste et modérée du MRP.

    En 1958, de Gaulle revient au pouvoir par un coup d'état: les partisans de l'Algérie française le soutiennent, croyant qu'il les a "compris", il les a ensuite trahis. La décolonisation avait été largement amorcée sous la IVème République. En matière d'institutions, le général met fin au parlementarisme intégral au profit d'une sorte de "monarchie républicaine" (la formule est de Maurice Duverger) qui pose encore problème aujourd'hui tellement le déséquilibre en faveur de l'exécutif est flagrant.

    En matière sociale, de Gaulle propose une très nébuleuse "participation" mais ne saisit pas les évolutions de la société moderne, qui conduiront à la crise majeure de Mai 1968. Par bien des aspects, c'est un homme du XIXème siècle. Il passe aussi à côté de la construction européenne, sur laquelle il ironise, se bornant à défendre une simple coopération entre les nations. La droite actuelle ne se réclame du gaullisme que dans les discours. En réalité, elle a depuis longtemps rompu avec cet impossible héritage.

    Voilà pourquoi je n'admire pas de Gaulle et ne suis pas gaulliste. Et je ne comprends pas que certains hommes de gauche, cédant au conformisme ambiant, affichent leur complaisance envers le gaullisme.

  • UN DIMANCHE AVANT LA CAMPAGNE

    Dimanche soir les interventions de nos leaders socialistes ont été pertinents . Martine Aubry a eu la bonne réaction dans l'affaire Boutin et sa rémunération à polémique : pas de démagogie, mais une proposition juste et concrète, plafonner globalement les rémunérations des élus et ministres.

    Car le vrai problème n'est pas que nos hommes politiques soient trop rémunérés. La République serait indigne de ne pas payer généreusement ses représentants. Un élu n'a pas à être un moine. Et s'il était riche, les riches feraient de la politique et pas des affaires. Ce n'est évidemment pas le cas. L'injustice n'est donc pas dans le montant des rémunérations mais dans leur cumul. Finalement, Martine propose : limiter le cumul des indemnités. Mais le cadre doit être global, concerner toutes les rémunérations et pas seulement celles d'élu, qui sont soumises à écrêtement.

    Un dimanche bien à gauche aussi avec Ségolène Royal, : "Que le capital cotise autant que le travail" ! Je ne sais si c'est possible et pertinent, mais la formule a le mérite de la clarté. Elle a taclé à merveille la droite, en retournant le slogan sarkozien en "travailler plus pour gagner moins", ce que chacun comprend quand le gouvernement s'apprête à mettre fin à la retraite à 60 ans.