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  • DELOYAL ET HAINEUX

    Dans 20minutes, Pierre Laurent justifie la position des sénateurs PC à propos du budget. Enfin... Il tente de justifier... Bilan des courses : le budget a été refusé. L'électeur appréciera.

    Jean-Luc Melenchon, quant à lui, est interviewé par Libération. Il vante son "ecosocialisme" et traite les verts de ringards tout en confirmant vouloir travailler avec eux.

    Comprenne qui peut. On comprend surtout en le lisant que la présence du Front de Gauche à Notre Dame des Landes est uniquement liée à la communication du parti : plus écolo que moi, tu meurs...

    Jean-Luc Melenchon évoque une élection anticipée à Hénin-Beaumont (la dernière pourrait être invalidée). Il ne sait pas s'il sera candidat. Si on fait appel à lui, il ne se défilera pas. Ouf. Par contre, il prévient d'emblée que si Marine Le Pen passe, ça sera de la faute des autres. Du PS, je suppose.

    C'est tout juste s'il ne gueule pas parce que le PS ne l'a pas laissé aller en finale lors de la dernière législative. Il a seulement oublié qu'il pas recueilli plus de 12,5 % des voix des inscrits et qu'il n'était pas qualifié pour le second tour. En français, ça veut dire que les électeurs du coin ne veulent pas de lui.

    Mais c'est de la faute des autres.

    Ce n'est pas de la sienne. Ce n'est pas parce que les électeurs ont été ulcérés par ce parachutage pour des fins exclusives de communication personnelle ?

    Et si lors des prochaines élections, Marine Le Pen passe, ça ne sera probablement pas parce que le Front de Gauche votent "comme" la droite au Sénat ? 

     Marine Le Pen à Hénin Beaumont ? « Si elle gagne, les gens intelligents comprendront que les socialistes et les républicains de droite auront préféré la laisser passer plutôt que de me voir à l'Assemblée nationale. »

    Qui sont les « gens intelligents » ?

    Les « gens intelligents » ce sont ceux qui ont compris que si le budget n'est pas passé au Sénat, c'est parce que les élus du Front de Gauche ont voté « comme » les « républicains de droite ».

     Je ne sais pas ce que Mélenchon espère . Pour ma part, je sais  qu'il veut  pourrir ce quinquennat et j'espère alors que le Parti Socialiste prendra les mesures qui s'imposent lors de la préparation des prochaines élections locales…

  • NATIONALISER FLORANGE

    La proposition d'Arnaud Montebourg de nationaliser le site de Florange d'ArcelorMittal a fait bondir hier matin Laurence Parisot : "scandaleux", "très grave", a-t-elle dit  chez Apathie, suivi d'une argumentation en trois points, que je veux reprendre et contester :

    1- "C'est un chantage". Admettons, mais l'économie libérale n'est-elle pas toute entière un immense chantage, qu'on appellera plus sobrement un rapport de forces ? Dans ce jeu-là, les salariés n'ont que l'Etat pour les protéger, qui doit faire son devoir quand il n'y a pas d'autres solutions.

    2- "C'est une atteinte au droit de propriété". Doucement : il y a propriété et propriété. Ma maison, ma voiture, mes biens sont à moi, c'est ma propriété, personnelle. Une entreprise, c'est une propriété collective, socialement parlant : elle ne fonctionne pas avec son seul patron, il lui faut des salariés. Et ses produits vont en direction des consommateurs. Laurence Parisot place mal son indignation, en mélangeant deux types de propriété.

    3- "C'est coûteux pour l'Etat". Certes, mais la représentante du patronat a-t-elle songé au coût social d'une non nationalisation ? Et puis, ce serait bien la première fois que Laurence Parisot se préoccuperait des charges de l'Etat !
      Florange sera, si elle se fait, une nationalisation ponctuelle, conjoncturelle et provisoire. Rien à voir avec les nationalisations générales, structurelles et permanentes du Programme commun PS-PCF d'autrefois.

    Et puis, nationaliser est une mesure technique . Des gouvernements de droite en ont fait usage, dans des circonstances particulières, chez nous le général de Gaulle à la Libération.
    François Hollande, socialiste qui nationalise ? Le penseur atypique Emmanuel Todd a une petite théorie déjà ancienne : le gouvernement de gauche actuel, par essence réformiste, sera obligé de prendre des mesures radicales, à cause de la gravité de la crise économique. Je ne sais pas si Todd a entièrement raison, mais la nationalisation de Florange irait dans son sens.

  • SOUTENONS MONTEBOURG

    Soutenons la fermeté de Montebourg

     

     
     

    Avatar de Philippe Doucet

    Par
    Député-maire d'Argenteuil
     
     

    LE PLUS. À l’initiative de Philippe Doucet, député-maire d’Argenteuil, et de Laurent Baumel, député-maire de Ballan-Miré, 40 députés socialistes signent la tribune ci-dessous de soutien à la proposition du Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, en faveur du contrôle public temporaire du site Arcelor Mittal de Florange.

    Un salarié d'Arcelor Mittal à Florange, le 27 février 2012 (J-C.VERHAEGEN/AFP).

    Un salarié d'Arcelor Mittal à Florange, le 27 février 2012 (J-C.VERHAEGEN/AFP).

     

     

    Mittal ne respecte pas notre pays

     

    Aujourd’hui, Mittal ne respecte pas notre pays. Par des conditions de reprise intenables, il empêche le gouvernement de trouver des repreneurs sérieux et voue à l’échec les tentatives de sauvetage de Florange et de ses emplois.

     

    En 2006, Mittal a mené une OPA hostile pour absorber Arcelor, fleuron européen de la sidérurgie. Depuis, il n’a respecté ni ses engagements, ni la France. Le site de Gandrange a été fermé en 2009. Le site de Florange n’a bénéficié d’aucun investissement pour accroître sa compétitivité. L’industriel indien complète lui-même le tableau : il se livre aujourd’hui à un chantage à l’emploi en impliquant les autres sites français de production.

     

    Nous, députés de la Nation, considérons qu’il est temps d’arrêter de considérer comme la seule qui vaille la parole d’un dirigeant industriel dont les intérêts ne sont manifestement pas ceux de la France, de son tissu industriel, de ses emplois.

     

    Pallier les défaillances de l'industriel indien

     

    Nous, députés de la Nation, affirmons que l’État fait son devoir en envisageant de pallier aux défaillances de l’industriel indien. Il est temps de sortir de la chimère d'une économie sans usine, sans machine, comme si l'immatériel pouvait remplacer le travail de l'ouvrier, du contremaître, de l'ingénieur et son savoir-faire.

     

    Nous, députés de la Nation, considérons que la sauvegarde des 2500 emplois d’un site rentable dans une région malheureusement touchée depuis longtemps par la crise doit être une priorité de l’action publique.

     

    Nous soutenons la position d'Arnaud Montebourg

     

    C’est pourquoi, nous soutenons la proposition de contrôle public temporaire du site dans les conditions qu’Arnaud Montebourg a déjà évoquées publiquement notamment avec l’accompagnement d’un partenaire industriel.

     

    Pour parvenir au sauvetage du secteur automobile américain, Barack Obama s’est appuyé, en 2009, sur une intervention publique forte dans un pays où ce type d’intervention ne s’inscrit pas dans l’histoire industrielle. Sa réussite prouve que c’est par une action pragmatique et non pas idéologique que l’on peut intervenir dans l’économie de la mondialisation. Cela ne remet pas en cause l’attractivité du pays et montre la détermination du gouvernement dans sa politique industrielle.

     

    Le 22 janvier 2012, François Hollande déclarait dans son discours du Bourget : "Nous devrons montrer nos armes." En effet.

     

     

    Les signataires :


    Philippe Doucet, Laurent Baumel, Chaynesse Khirouni, Hervé Féron, Dominique Potier, Jean-Yves Le Déaut, Hugues Fourage, Corinne Narassiguin, Patrice Prat, Christophe Borgel, Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Yann Galut, Julie Sommaruga, Arnaud Leroy, Christian Franqueville, Sébastien Pietrasanta, Vincent Burroni, Jean-Louis Destans, Nicolas Bays, Christophe Castaner, Joëlle Huillier, Eric Jalton, Stéphane Travert, Dominique Chauvel, Isabelle Bruneau, Monique Rabin, Laurent Kalinowski, Jean-Michel Villaumé, Martine Martinel, Estelle Grelier, Suzanne Tallard, Cécile Untermaier, Anne-Yvonne Le Dain, Olivier Dussopt, Sandrine Doucet, Chantal Guittet, Jean-Jacques Cottel, Catherine Troallic.