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  • QUI A DIT?

    Agriculture
    « Je soutiendrai l’agriculture et l’industrie agroalimentaire » C’est dit. Mais rien n’est fait. L’agriculture subit la crise de plein fouet. En août 2009, Bruno Le Maire prévient que les producteurs de fruits et légumes devront rembourser des aides européennes. Les mesures de soutien financier se font attendre. L’UMP perd un soutien électoral décisif.

    Allocations Familiales

    « J’aiderai les familles à chacune des étapes de leur existence. En particulier, j’allouerai des allocations familiales dès le premier enfant. » Dès avril 2008, les familles en furent pour leurs frais, en apprenant que les bonifications accordées pour les adolescents ne seraient plus versées dès les 11 ans, mais après 14 ans.

    Banlieues
    « Si je suis élu je mettrai en œuvre un grand plan Marshall de la formation pour tous les jeunes de nos quartiers, pour qu’aucun ne soit laissé de côté, pour que chacun puisse tenter sa chance, pour que chacun ait un emploi
    Le plan Marshall n’est jamais venu. Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, a tout tenté, du site web participatif (en juin 2007) bien vite oublié au «plan anti-glandouille » (août 2007), à l’annonce d'un plan « Banlieues Espoirs » en février 2008 soit-disant doté d'un milliard d'euros ! Elle s’abrite derrière le plan ANRU (34 milliards d’euros pour la rénovation urbaine décidé … en 2004 ! Pour exister, Amara parle toujours banlieues, burqa et délinquance.

    Bouclier Fiscal
    « Pour redonner confiance aux investisseurs, (…) il faut d’abord réconcilier la France avec la réussite. Or, au-delà de notre culture collective, nous savons que l’une des difficultés concrètes est fiscale. C’est pour cela que j’ai toujours défendu l’idée d’un bouclier fiscal qui limite à un pourcentage donné les prélèvements qui peuvent s’accumuler, une année donnée, sur le revenu d’un même contribuable. Je crois à un bouclier fiscal à 50 % intégrant la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Autrement dit, nul ne paiera au fisc plus que la moitié de ce qu’il a gagné.»
    Mesure phare du paquet fiscal, l’abaissement du bouclier fiscal de 60% à 50% des revenus, ajouté à l’intégration de la CSG et de la CRDS dans son assiette, n’a pas produit les effets escomptés : les exilés fiscaux ne sont pas revenus en masse en France. Les investissements étrangers en France n’ont pas varié. Au printemps 2010, le bouclier fiscal est même devenu le symbole de l’incohérence et l’inéquité fiscales du gouvernement Sarkozy. Protégeant massivement quelques très riches contribuables, il s’adosse à un principe présidentiel, le seul que Nicolas Sarkozy semble bizarrement s’évertuer à respecter malgré la conjoncture : ne pas augmenter les impôts. On découvre que le bouclier fiscal profite d’abord aux rentiers. Surpris ?

    Capitalisme

    « Je n’accepte pas, et des milliers d’entrepreneurs avec moi, que le travail salarié et l’esprit d’entreprise soient bafoués par les rémunérations et les privilèges excessifs que s’octroie une toute petite minorité de patrons. Je n’accepte pas qu’au niveau mondial, pour des raisons de pur profit, on joue avec les salariés et avec les usines comme on déplace des pions sur un jeu de société. » Contre les délocalisations, Sarkozy s’est réfugié derrière ses incantations. Sur la régulation du capitalisme mondial, ses discours aux accents gauchistes ont fait rire à l’étranger. Et chaque année depuis 2007, le Monarque promet qu’il édictera une loi sur le partage de la valeur ajoutée. On attend toujours.

    facile !

    AA

  • BP OBAMA COMPLICE

    Chaque jour apporte son lot de révélations sur la manière dont les autorités fédérales, tant sous Bush que sous Obama, ont aidé et même incité BP et toute l'industrie pétrolière à négliger les précautions de sécurité et environnementales qui auraient pu empêcher ce désastre.

     

     

    Dilem

    Dilem

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    Parmi les dernières révélations, on compte :

    • En 2000, le Service des ressources minières (MMS) a requis un avis de l'industrie sur des problèmes liés aux dalles utilisées autour des bouches des puits de haute mer pour empêcher les éruptions de pétrole. L'industrie pétrolière n'a effectué aucune recommandation, et aucune règlementation n'a été mise en place.
    • Une étude de 2002, menée par le MMS a révélé que des éléments essentiels des dispositifs destinés à empêcher les éruptions sur les plates-formes ne fonctionnaient pas. Dans des tests en laboratoire menés sur les systèmes qui coupent les tuyaux après une éruption, la moitié des modèles d'un constructeur n'ont pas fonctionné. Sept autres constructeurs ont refusé de faire passer le test à leur système.
    • Une étude commandée en 2004 par le MMS a élevé de sérieux doutes sur la possibilité de ces équipements de fonctionner par les pressions qui régnaient au fond de l'océan. Aucun barème n'a été établi.
    • Deepwater Horizon n'avait pas d' « interrupteur acoustique », un système de secours permettant de déclencher le blocage des éruptions en cas d'explosion. L'industrie pétrolière américaine a trouvé le prix de ces systèmes (500 000 dollars) trop élevés et la MMS ne les a pas rendus obligatoires, alors qu'ils le sont en Norvège et au Brésil.
    • Le nombre d'inspections des sites de forage menées par le MMS a diminué de 41 pour cent entre 2005 et 2009, alors même que le nombre de plates-formes opérant dans les eaux américaines augmentait. Le nombre de pénalités infligées par le MMS pour des violations de ses règlements est tombé de 66 en 2000 à 20 l'année dernière.
    • En juin 2009, le MMS a dispensé BP de la publication d'un rapport d'impact environnemental pourtant exigé par la loi concernant le site que Deepwater Horizon allait exploiter. Obama avait pourtant été averti par la NOAA (Administration nationale des océans et de l'atmosphère) que les études du MMS approuvant les forages en haute mer n'étaient pas fiables.

    Ces décisions ont directement entraîné la mort des 11 travailleurs à bord de Deepwater Horizon et la catastrophe environnementale dans le Golfe. Les travailleurs tués dans l'explosion de BP ne sont que les victimes les plus récentes. D'après les données du Forum international des autorités de régulation, entre 2004 et 2009, les travailleurs des plates-formes pétrolières américaines avaient quatre fois plus de risques d'être tués et 23 pour cent de plus de risque d'être blessé que les travailleurs en Europe. Alors qu'il y a eu 5 accidents de « pertes de contrôle du puit » sur des plates-formes américaines en 2007-2008, dans cinq autres grands pays du forage off-shore – le Royaume-Uni, la Norvège, l'Australie et le Canada - il n'y en a eu aucun.

    Depuis 2001, il y a eu 69 morts, 1349 blessés et 858 feux ou explosions de plates-formes rien qu'en comptant celles opérant dans le Golfe du Mexique, selon l'Association internationale des entreprises de forage.

    Les liens incestueux entre le MMS et l'industrie pétrolière n'ont pas cessé après l'élection d'Obama. Obama était en fait le principal bénéficiaire des "employee donations" de BP durant la campagne de 2008, l'entreprise a mobilisé des dizaines de millions de dollars pour une campagne de lobbying massive avec l'appui de gens influents à Washington comme le faiseur de rois du parti Démocrate John Podesta, l'ex-dirigeant de la majorité démocrate à la Chambre des députés Thomas Daschle et l'ex sénateur républicain Alan Simpson (un membre essentiel du comité bipartisan sur le Budget créé par Obama). Le directeur actuel de la CIA Leon Panetta a également servi BP dans son « Conseil de recommandations externe ».

    Quelques semaines seulement avant le désastre du Golfe, Obama a fait un cadeau indéniable aux compagnies pétrolières en déclarant son intention de rendre de grandes portions de la côte américaine accessibles aux forages pétroliers. L'explosion de Deepwater Horizon est la conséquence de décennies de « déréglementation » où on a proclamé que le « libre marché » était le plus efficace quand il se réglementait lui-même. À partir de la fin des années 1970, le gouvernement américain, qu'il soit démocrate ou républicain, a oeuvré à systématiquement éliminer toutes les contraintes pesant sur les profits des entreprises.

    Le résultat en a été désastreux pour la population des États-Unis et du monde. Des entreprises contrôlant de vastes ressources sociales prennent les décisions affectant des millions de gens sur la base du profit qu'elles peuvent en tirer. Travaillant en étroite collaboration avec les « autorités de réglementation » qui ne sont guère plus que des succursales possédées entièrement par l'industrie, l’élite des entreprises élimine tous les obstacles qui réduisent son profit et ceux des actionnaires, qu’il s’agisse de la protection de l'environnement, de celle des consommateurs ou celle des travailleurs - comme l'a prouvé toute une série d'accidents mortels récents sur les lieux de travail.

    Dans toutes les industries, l'histoire est la même – que ce soit les mines, la production automobile, les transports, les télécommunications et, bien sûr, la finance. En fait, l'éruption de pétrole toxique au fond de la mer a son pendant dans l'éruption de produits financiers toxiques qui a déclenché la crise financière de 2008. Sous la direction du gouvernement Obama, les gouvernements de tous les pays ont répondu au désastre en renflouant les responsables – l'élite financière – et en laissant la classe ouvrière payer la note. Dans ce sens, la crise du Golfe et la crise grecque sont liées par un système économique et social commun.

    Les avoirs de BP, Transocean, Halliburton et de leurs dirigeants – des centaines de milliards de dollars – doivent être pris et utilisés pour les besoins des habitants du Golfe et pour mettre en place un programme de nettoyage environnemental de grande ampleur. Les dirigeants et les régulateurs dont les choix ont causé ce désastre devraient être poursuivis en justice.

    L'emprise des élites entrepreneuriales et financières sur la société et ses ressources doit être brisée. Cela exige la réalisation d'un programme socialiste de production d'énergie. Les grandes corporations énergétiques doivent être reprises et converties en services publics, contrôlées démocratiquement par la classe ouvrière dans l'intérêt des besoins sociaux.

  • MARCHANDS D'EAU:POMPE A FRIC

     

    Deux juristes remettent en question la légalité d’une partie des profits colossaux réalisés par les grands groupes… qui spéculent avec l’argent des taxes qu’ils touchent au nom des communes. A lire dans Bakchich Hebdo cette semaine.

    Une récente étude menée par deux juristes vient remettre en question le fondement légal d’une partie non négligeable des profits des distributeurs de flotte comme Veolia, Suez ou la Saur. Publié dans une revue spécialisée, la Semaine juridique, l’article est passé jusqu’ici presque inaperçu. Pourtant, la démonstration est détonante.

    En sept pages, les deux jeunes doctorants Yann Wels et Gersende Bousquet expliquent tranquillement que des millions d’euros perçus par les grandes entreprises d’eau et d’assainissement le sont de façon peu orthodoxe. Au cœur de la controverse, une pratique établie de longue date, qui voit les entreprises délégataires assumer pour le compte des collectivités, en plus de leurs missions traditionnelles, une « prestation complémentaire de recouvrement de fonds ».

    Qui plus est, d’autres services délégués à des entreprises privées par les collectivités sont potentiellement concernés. Et là encore, les enjeux financiers sont de taille. « Ne nous y trompons pas, c’est toute l’architecture de la délégation de service public qui est en cause et qui peut être mise à mal du seul fait du rappel de la réglementation en vigueur, écrivent Yann Wels et Gersende Bousquet. Il est en effet tout aussi évident que les mondes des déchets, des concessions de parking, tombent sous le coup d’un contrôle désormais renforcé du maniement de fonds par des personnes privées. » Pour beaucoup de ces délégataires, la perception de ces taxes, et les bénéfices réalisés en les plaçant, constitue un fonds de roulement des plus confortables

  • LES 23 SONT 30

    Des Bleus au blues national

    On aimerait le croire mais, avouons-le, le doute l'emporte.
     « Je suis sûr que l'équipe de France fait toujours rêver. » En prononçant cette profession de foi, hier soir sur TF1, Raymond Domenech avait les yeux qui brillaient. Sans doute était-il sincère mais cette conviction tenait plus de l'autosuggestion que du constat rationnel. Bien sûr, le dynamisme de la victoire pourrait, en quelques matches, transformer le scepticisme en enthousiasme mais, à un mois du début de la coupe du monde, le grand élan populaire de la France pour son équipe n'est franchement pas au rendez-vous. Un récent sondage ne montrait-il pas que les joueurs n'inspirent pas, massivement, un sentiment de sympathie ?
     L'annonce de la fameuse liste des trente pouvait apparaître comme un événement bien dérisoire comparé à l'actualité haletante de ce début de semaine. Ce serait réduire le football et le Mondial à du sport quand il représente bien davantage. La question de l'équipe de France, c'est, en effet, de la politique à l'état brut. Elle suscite des passions oecuméniques qui font voler en éclats les clivages idéologiques traditionnels. Rassembleuse et charismatique, elle prend forcément une intensité nationale autant que populaire qui lui donne un statut particulier dans l'information.
     D'une certaine façon, les Bleus échappent au réel tant ils appartiennent au domaine du symbole, fétiches d'une identité collective dans laquelle chacun voudrait se reconnaître le temps d'une compétition universelle. L'exigence envers eux et ce qu'ils représentent est d'autant plus élevée que chacun place en elle une partie de son propre imaginaire national. Et c'est là, précisément, que surgit l'incompréhension. Cette équipe n'est pas parvenue, jusqu'à présent, à provoquer cette adhésion et cette reconnaissance qui lui permettraient de porter le rêve d'un pays.
     Manque de panache, manque de classe, manque de style... manque d'âme, pour tout dire. Il va falloir beaucoup travailler pour restaurer cette dimension qu'avaient trouvée les vainqueurs de 1998 et de 2000. Raymond Domenech possède cette originalité de tempérament et de ton qui aurait pu donner corps à cette ambition. Les approximations presque loufoques de sa prestation d'hier soir, après de nombreux épisodes tout aussi glorieux, ne sont pas à la hauteur des attentes d'un public qui ne demande qu'à s'emballer et... à rêver plutôt qu'à rire jusqu'à en pleurer de tristesse devant le spectacle décevant de son équipe. Raymond, de grâce, étonne-nous.

     

  • HORS LA LOI

    Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création

    Le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, qui va être présenté au Festival de Cannes a fait l’objet de pressions politiques de la part de plusieurs élus de la majorité, relayées par un secrétaire d’État, pour que ce film soit censuré ou privé de ses subsides.

    Sur la seule lecture du scénario d’Olivier Lorelle, des pressions ont été exercées sur les chaînes de France Télévisions qui le coproduisent et sur 575x385_1630500_0_661f_ill-1335023-3f42-hors-la-loi.jpgles responsables du Festival qui l’ont sélectionné.

    La projection de ce film en sélection officielle au Festival de Cannes s’annonce sous des auspices inquiétants : des manifestations hostiles sont prévues, et une cérémonie en mémoire de « toutes les victimes de la guerre d’Algérie » doit être organisée à Cannes le 21 mai, jour de la projection du film. Le sous-préfet Claude Serra déclare qu’il sera présent pour cette cérémonie, devant le monument aux morts. Par ailleurs, un collectif proche de l’extrême droite appelle sur un site Internet à manifester à Cannes pour « pourrir » le Festival, en protestation contre la sélection de ce film.

    L’Observatoire de la liberté de création s’étonne de ces déclarations émanant de personnes qui n’ont pas vu le film, et proteste contre ces pressions de responsables politiques qui cherchent à faire obstacle à la liberté du réalisateur de donner sa version de la guerre d’Algérie, et veulent empêcher le public d’avoir accès à ce film de fiction. Il n’appartient pas à l’Etat et à ses services de décréter ce que serait une « véritable » histoire. Lorsque le film sera diffusé, le débat critique pourra alors avoir lieu sereinement.

    Paris, le 10 mai 2010

  • J'Y ETAIS

    Affaire Ajimi: 300 personnes à Grasse pour réclamer justice

    Publié le dimanche 09 mai 2010 à 15H31 Nice Matin
      
    La marche s’est symboliquement achevée devant le palais de justice de Grasse, où une minute de silence a été observée à la mémoire d’Abdelhakim Ajimi. Xavier Giraud
    300 personnes, dont des proches, ont défilé samedi dans le calme en mémoire d'Abdelhakim Ajimi, jeune Grassois mort à la suite d'une intervention policière en 2008. Deux policiers de la BAC ont bénéficié d'un non-lieu dans cette affaire

    Le non-lieu prononcé l’avant-veille envers les policiers de la BAC de Grasse avait fait l’effet d’une bombe. Il avait provoqué colère et indignation chez tous ceux qui, depuis deux ans, demandent justice en mémoire d’Abdelhakim Ajimi. Samedi, l’appel au calme de la famille, en tête du cortège, et de son comité de soutien a été respecté lors de la marche. Près de 300 personnes y ont participé.

    Initialement, la marche avait été organisée pour commémorer les deux ans de la mort du jeune homme lors de son interpellation.La décision des juges a ravivé la colère, au-delà de la tristesse.Mais seuls des slogans demandant que la même justice s’applique à tous, et des sifflets quand le cortège est passé devant le commissariat, ont traduit le sentiment général.

    Le service d’ordre mis en place par les organisateurs a contenu l’exaspération des jeunes qui ont connu la victime, et pour certains assisté à son agonie. Abdelhakim, 20 ans, est mort par asphyxie lors de son interpellation le 9 mai 2008, à deux pas du chapiteau d’Exporose. Il rentrait chez lui après une altercation avec son banquier.

    Devant le palais de justice, le président du comité a résumé la situation. « On a tout de suite fait appel hier. On repart à Aix. Le procureur nous a suivis pour contester la décision de non-lieu des juges d’instruction. Il faut que les policiers de la BAC se retrouvent devant un tribunal. Qu’ils réalisent qu’ils ont causé la mort d’un gamin alors que tout le monde autour d’eux criait qu’il étouffait et leur demandait d’arrêter de le bloquer par le cou. »

    « Hakim, on ne t’oublie pas », lisait-on sur un calicot.