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  • L'ETRANGERE

    L'ÉTRANGERE

    Aragon - L. Ferré



    Il existe près des écluses un bas quartier de bohémiens
    Dont la belle jeunesse s'use a démêler le tien du mien
    En bandes on s'y rend en voiture ordinairement au mois d'août
    Ils disent la bonne aventure pour des piments et du vin doux

    On passe la nuit claire à boire on danse en frappant dans ses mains
    On n'a pas le temps de le croire il fait grand jour et c'est demain
    On revient d'une seule traite gai sans un sou vaguement gris
    Avec des fleurs plein les charrettes son destin dans la paume écrit

    J'ai pris la main d'une éphémère qui m'a suivi dans ma maison
    Elle avait les yeux d'outremer elle en montrait la déraison
    Elle avait la marche légère et de longues jambes de faon
    J'aimais déjà les étrangères quand j'étais un petit enfant

    Celle-ci parla vite vitre de l'odeur des magnolias
    Sa robe tomba tout de suite quand ma hâte la délia
    En ce temps-là j'étais crédule un mot m'était promission
    Et je prenais les campanules pour les fleurs de la passion

    A chaque fois tout recommence toute musique me séduit
    Et la plus banale romance m'est l'éternelle poésie
    Nous avions joué de notre âme un long jour une courte nuit
    Puis au matin bonsoir madame l'amour s'achève avec la pluie

    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:AZfS1ehNyBAJ:www.wat.tv/audio/leo-ferre-l-etrangere-aragon-dpzb_2g5h7_.html+les+etrangeres+aragon&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

  • C'EST SAMEDI C'EST MANIF

    François Rebsamen refuse de défiler  aux côtés de la Ligue des Droits de l'Homme pour dénoncer la politique sécuritaire du gouvernement. Son argument : la loi doit s'appliquer partout et à tous, y compris aux Roms, il n'y a pas à les défendre s'ils sont dans l'illégalité. Il ajoute : "le PS, c'est pas la LDH".

    Je suis moi aussi favorable à ce que la loi s'impose dans toute sa sévérité, quelle que soit la situation. Mais ce n'est pas de cela dont il est question : c'est de l'instrumentalisation d'une petite partie de la population, la mise en spectacle de la répression et des expulsions afin de complaire à une opinion obsédée par la sécurité et prompte à se donner des boucs émissaires.

    En République, cela ne se devrait pas : il n'y a pas de communauté à montrer du doigt, il n'y a que des citoyens à sanctionner lorsqu'ils sont en faute.

    Rebs n'a pas tort de remarquer que la LDH, ces dernières années, s'est radicalisée, et son discours n'est pas toujours le mien. Mais s'il fallait être d'accord avec tout le monde pour agir, on ne ferait jamais rien. La gauche politique, associative et syndicale est plurielle et c'est très bien comme ça. J'ai trop souffert du sectarisme pour l'admettre un tant soit peu. Et puis, le Parti socialiste a signé la pétition de la LDH, ses élus et ses militants doivent donc respecter et honorer cet engagement, sinon il n'y a plus de vie collective possible.


    Mais tout ça ne doit bien sûr pas nous empêcher de nous retrouver ce matin à 10h Place des Martyrs de la Résistance à Antibes et à 14h00, Place Garibaldi à Nice.

  • C'KANKIDEMISSIONNE

    Ce jeudi 2 septembre au matin, Eric Woerth a craqué. Il a reconnu avoir rédigé la lettre publiée par le Canard Enchaîné, datée de mars 2007, par laquelle il demandait une misérable légion d’honneur pour le futur employeur de son épouse (6 mois plus tard), et par ailleurs donateur du parti majoritaire.

    En soi, la nouvelle est quasiment sans importance. Une légion d’honneur n’est pas une valise de billets. Et cette décoration a été tellement dévoyée depuis sa création qu’on a peine à comprendre que certains y attachent encore de l’importance.

    Seulement, l’acharnement avec lequel Eric Woerth (et son avocat) nie systématiquement chaque attaque, même des faits évidents et démontrés, depuis le déclenchement de cette affaire, est fascinant. Le ministre s’est coincé tout seul, signe d’une arrogance ou d’une inconscience incroyables.

  • LAURENT FIGNON

    Laurent Fignon : Champion jusqu’au bout

     

    Laurent Fignon à Monaco en 2009 Olivier Ogeron

    La nouvelle était redoutée. Mais quelle fut soudaine. Il y a un peu plus d’un mois encore, Laurent Fignon se battait au micro de France Télévisions puis d’Europe 1. La voix rauque, cassée, brisée. Comme sa carrière qui a déraillé il y a un peu plus d’un an, lorsque le double vainqueur du Tour annonçait à la France son cancer des voix digestives. Plus que ses succès sur Hinault, Le Mond Van Impe, ou même que sa défaite pour huit secondes en 1989, c’est certainement l’image d’un homme rongé par la maladie mais qui n’a jamais renoncé qui restera. Un champion resté digne jusqu’au bout. Un commentateur encore prêt à ferrailler à l’antenne avec Christophe Moreau pour une histoire de points et de maillot à pois. Que cette histoire parait risible avec le recul, mais elle illustre bien la force de caractère de ce champion d’exception. Car le Francilien est resté entier jusqu’à la fin. C’est d’ailleurs la principale vertu qu’il mettait en avant dans sa biographie (Nous étions jeunes et insouciants, éd. Grasset 2009), qui ressemble étrangement à un testament. « Du début à la fin, qu’on m’ait aimé ou non, qu’on ait été impressionné par mes exploits ou non, qu’on ait vu ou refusé de voir en moi un champion, je suis resté Laurent Fignon. Rien que Laurent Fignon ».

    D'apres Nice-Matin

  • ATTENTION A LA DENGUE

    Comme vous le savez, un moustique sème la panique. Les effets de la piqûre sont terrifiants, comme le montrent ces quelques témoignages de victimes.

    Le coup de l’Auvergnat

    ne m’a pas suffi…

    Désormais Je saute comme un cabri en criant

     “Les Roms, les Roms, les Roms !”

    Il faut 2 injections par moustique !

    Laissez-moi faire,

    je m’occupe de commander les vaccins !

    Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ???

    Ch’suis pas un imbécile : je suis ministre de…

    de quoi déjà ? Ah oui, de l’industrie !

    Il n’y a jamais eu d’accord entre l’UMP et la mairie de Paris !

    Je n’ai pas le commencement de la moindre qualité.

    Sans vergogne, j’ai trahi Bayrou en 2007.

    Maintenant, je trahis Sarko.

    C’est sûr, les Français vont me faire un triomphe en 2012 !

     

     

    Comme vous pouvez le constater, la baraque est bien tenue :

    tout est sous contrôle.

    Je la sens bien pour 2012, tiens…

  • TELLEMENT SOCIALISTE

    Martine Aubry AFP

    Je viens à l'instant de terminer d'écouter le discours de clôture de Martine Aubry à La Rochelle. Je ne sais pas trop ce que les médias et commentateurs en retiendront, je vous livre mon sentiment immédiat. Je pourrais le résumer en deux mots : classique et socialiste.


    Mais d'abord, il vaut revenir sur ce type d'exercice, dans lequel François Hollande excellait, en un mélange d'humour et de lyrisme qu'on ne retrouve pas chez Martine. Le discours-fleuve (une heure trente), exhaustif (toutes les rubriques de la politique sont passées en revue) et lu est un genre passé de mode. La télévision a imposé ses canons : une intervention doit être courte, précise et spontanée. C'est donc une redoutable épreuve, quasi impossible, que s'impose tout premier secrétaire en clôturant l'université d'été.


    L'objectif est double et ces deux aspects sont difficilement compatibles : d'une part s'adresser aux socialistes présents sur le ton du meeting, d'autre part parler pour les caméras de télévision et les radios qui reprendront dans la journée et demain matin quelques secondes seulement du discours. C'est pourquoi il y a le décor de la tribune en direction des militants et le panneau bleu ciel parsemé d'autocollants PS juste derrière Martine, en fond "télé". C'est un discours qui vise à être repris, cité, commenté, à assurer le buzz, à occuper l'espace médiatique durant les prochaines heures. Pour ma part, ayant suivi la totalité de l'intervention, je ne retiendrais que l'impact qu'elle a pu avoir sur la salle et mes camarades.


    C'était un discours très classique, sans effet oratoire, sans élévation de voix, sans formule choc, sans surprise, sans métaphore riche, sans ironie dévastatrice : un discours d'élu de terrain et de leader charismatique. En ce sens, la salle, composée pour beaucoup d'élus, a pu s'y reconnaître et certainement apprécier. On aime que ce en quoi ou en qui on s'identifie. Et puis, le temps des tribuns est fini, l'éloquence n'est plus de mise, la rhétorique inquiète plus qu'elle n'emballe.


    Il ne reste plus à gauche que deux ou trois discoureurs à l'ancienne, Fabius, Mélenchon et  aussi dans cette catégorie surannée Delanoë. C'est significatif qu'ils n'aient plus des rôles de premier rang. Je le déplore mais c'est ainsi : on ne réussit plus en politique en parlant bien et en soulevant l'enthousiasme d'une foule (les applaudissements, agitations de drapeaux et standing ovation sont souvent sur commande). C'est l'époque et la télévision qui veulent ça, qui ont tué le lyrisme politique d'autrefois. C'est aussi toute une société qui a changé : on ne cherche plus à admirer un responsable politique mais à s'identifier à lui, c'est ce qui fait son succès, c'est ce qui assure désormais les promotions.


    Il y a trente ans, ce qui m'épatait chez Mitterrand, ce qui faisait que je l'admirais surtout , c'était son personnage hors du commun, presque surgi de l'Histoire ses airs distants, son langage très littéraire, ses références culturelles. Avec Ségolène Royal et Martine Aubry, qu'on prendrait volontiers pour de bonnes copines, nous avons basculé dans un autre monde, les mécanismes psychologiques de la représentation ont complètement changé.


    Revenons-en à Martine: son discours a été classique dans la forme et classiquement socialiste dans le contenu. Rien n'y a manqué : critique de Sarkozy et rappel de nos principales propositions. Martine a veillé à ne pas trop paraître perso, à gommer tout ce qui pourrait faire penser à un ego, à jouer collectif, en citant tout au long de son intervention, régulièrement, les noms des principaux responsables socialistes, sans en oublier. Les élus ont été particulièrement mis en avant.


    Ce discours est à l'image des deux ans de mandat de Martine Aubry à la tête du Parti socialiste : elle a réussi le tour de force d'unir une formation divisée et de rénover un appareil largement vieilli dans ses pratiques. Ce n'est bien sûr qu'un début, mais je crois que c'est bien parti. Imposer les primaires, le non cumul des mandats, rassembler des sociaux-démocrates jusqu'à l'aile gauche, il fallait quand même le faire ! Comment a-t-elle réussi jusqu'à présent ? En étant classique et classiquement socialiste, en collant scrupuleusement à l'air du temps afin d'être suivie.