Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • ENCORE 448 JOURS A TENIR

    REVUE DE PRESSE - Les journaux n’ont pas été convaincus par la prestation du chef de l’Etat…

    Paroles_0.jpg 

    Les éditorialistes de la presse française pointent la criante absence de contradicteurs lors du grand oral deNicolas Sarkozy face à un échantillon de neuf Français, jeudi soir sur TF1.

    Yann Marec dans Midi Libre jugeant que «le remake télévisuel de l’an dernier, formaté pour dérouler la politique gouvernementale, manquait singulièrement de contradiction.»

    «Parole usée, électorat déboussolé, image brouillée, opinion désabusée, serments éculés», énumère Rémi Godeau dans l’Est républicain, «dans une mise en scène sur mesure, le crypto-candidat a dévoilé sa stratégie». «Censé être à l’écoute, il a souvent “oublié” les questions du panel faire-valoir», accuse l’éditorialiste.

    «Ce n’était pas Sarkozy, c’était un Pinocchio dont le nez s’allongeait à la mesure de cette interminable émission», assène Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées. «Une émission sur mesure d’où l’on avait soigneusement choisi les Français en évitant, comme lors de la précédente émission, tous les gréviculteurs qui l’avaient pollués.»

  • LA RETRAITE A 67 ANS POUR TOUS

    Les Français n’ont pas aimé la retraite à 62 ans, ils vont détester la retraite à 67 ans. Mais ils n’y couperont pas. Ceux qui souhaitaient une harmonisation sociale européenne ne s’attendaient sans doute pas à ce qu’elle se fasse dans ce sens… Mais la crise est passée par là.

    Image1.jpg

     

     Ce recul de l’âge de la retraite va concerner non seulement les Français, mais l’ensemble des Européens afin d’alléger les contraintes pesant sur les budgets de l’Union. C’est le prix à payer pour la solidarité financière que la zone euro a été obligée d’instaurer sous les coups de boutoir des marchés inquiets des dérives des finances publiques. L’Allemagne, la plus réticente face à cette véritable révolution de la gouvernance de la zone euro, s’est résolue à payer pour venir en aide aux États les plus fragiles, mais à condition qu’ils restaurent leur compétitivité, ce qui passe par une harmonisation sociale (par le bas, faute de moyens) et fiscale (afin de supprimer la concurrence fiscale). Un document interne du gouvernement allemand révélé par l’agence de presse Reuters prône l’instauration d’un « pacte » qui imposerait, outre l’obligation constitutionnelle de l’équilibre budgétaire, un recul de l’âge de la retraite. "Vous ne pouvez avoir une monnaie unique et des systèmes sociaux complétement divergents", a martelé au forum de Davos, la chancelière allemande Angela Merkel. Paris est exactement sur la même longueur d'onde, parfaitement conscient qu’une politique monétaire unique ne peut plus survivre avec dix-sept politiques économiques et budgétaires.

    Pour l’instant, seule l’Allemagne a instauré la retraite à 67 ans dans la zone euro et même dans l’Union. Mais l’Espagne, menacée par les marchés, a annoncé cette semaine un projet de loi afin de faire passer l’âge légal de 65 à 67 ans et le Danemark a mis le sujet à l’étude. La plupart des pays de la zone euro sont déjà à 65 ans (dont la Grèce qui a dû se plier à l’injonction de l’Union et du FMI), à l’exception de Malte, de la Slovaquie, de la Lettonie, de la Slovénie et, bien sûr, de la France. Autant dire qu’après 2012, l’Hexagone n’aura guère d’autre choix que de suivre ce mouvement, comme on le reconnaît à l’Élysée. Ce qui promet de belles manifestations… Bref, à terme, la zone euro ressemblera à une grande Allemagne.

  • MARTINE AUBRY :LA BATAILLE DE L'EAU

    Martine Aubry au Forum social mondial: «la bataille pour l'eau est une bataille pour la paix»
     
    Martine Aubry au FSM par Parti socialiste

     

    Martine Aubry est intervenue dans un atelier du Forum social mondial consacré à la question de l'eau, où elle a plaidé pour  une gestion régionale des bassins d'eau, ainsi que pour la gratuité ou le faible coût «des premières centaines de litres d'eau, qui permettent de vivre».
     

    La première secrétaire du PS a notamment évoqué le problème de l'accès à l'eau, au vu notamment des objectifs du millénaire, qui prévoyaient que «la moitié de ceux qui n'ont pas accès à l'eau» devaient pouvoir en disposer en 2015. Or, non seulement ces objectifs ne seront pas atteint, mais «si dans vingt ou trente ans rien n'est fait ce sera la moitié de la population mondiale qui n'aura pas accès à l'eau potable», a expliqué Martine Aubry.

    Une question politique

    «Ce n'est pas une question géographique ou de traitement de l'eau, mais une question politique» a expliqué Martine Aubry qui  a notamment pointé l'échec du transfert de la gestion de l'eau au privé: «il n'y a pas eu les investissements nécessaires, la population n'y a pas gagné, ni en nombre ni en qualité ni en prix».

    Martine Aubry a donc plaidé pour une «réponse mondial», en proposant notamment la création d'une agence de l'environnement au sein de l'OMC, «dont un des premiers domaines d'environnement doit être l'eau», et qui serait une des manières d'affirmer «la primauté absolue des intérêts publics».

    Gouvernance régionale

    La première secrétaire du PS a également avancé l'idée de la mise en place d'une «gouvernance régionale des bassins d'eau», citant l'exemple en Afrique des pays voisins de la région du Nil ou du fleuve Niger, qui s'organisent pour voir «regardent comment ils peuvent gérer ensemble la ressource en eau».

    Martine Aubry a également déploré que «les financements pour permettre l'accès à l'eau de cette population ne sont pas au rendez-vous». «Rien que pour l'Afrique, il faudrait 100 milliards pendant dix ans pour réaliser les investissements qui permettent que chacun puisse avoir accès à l'eau». Une partie de la taxe sur les transactions financières proposée par les socialistes européens servirait à réaliser ces investissements.

    eauBataille

    Martine Aubry a plaidé pour un accès à l'eau «qui soit gratuit ou de faible montant pour les premières centaines de litres d'eau qui permettent de vivre, tout simplement».

    «La bataille pour l'eau est une bataille pour la  vie, pour la paix, et pour la dignité», a résumé la première secrétaire du PS.

  • MISSION AU CAIRE

    logo.gifJe suis certain que vous serez sensible au récit de l'odyssée de l'équipe Amnesty International France au Caire et de la situation dramatique qu'elle révèle en matière de violation des droits des personnes par les membres avides de rester au pouvoir. N'hésitez pas à relayer ce texte , un peu longuet autours de vous... en tout cas pour eux!

    Bien amicalement

    Pour Info
    __________________________
    Service Presse
    Amnesty International France
    Tel. : + 33 1 53 38 66 23 / Port. : + 33 6 76 94 37 05 http://www.amnesty.fr

    Mission au Caire

    Par l’équipe d’Amnesty International en Égypte

    Hier, après avoir enfin retrouvé nos collègues, nous avons repassé ensemble
    quelques moments forts des dernières heures de notre séparation. Notre
    course dans les rues sinistres du Caire dans la nuit de vendredi à samedi
    pour les retrouver après leur libération avait des allures de film de série
    B. Et sans doute quelque chose de comique aussi, mais nous étions à ce
    moment là tellement inquiets pour leur sécurité et tellement désireux de
    mettre un terme à cette incertitude que tout cela n’avait vraiment rien de
    drôle.

    Malgré l'énorme soulagement de les savoir remis en liberté après 32 heures
    pénibles d'angoisse, sans sommeil, malgré la joie de les avoir brièvement
    entendus au téléphone, nous ne pouvions être tranquilles tant qu’ils ne
    seraient pas arrivés en lieu sûr, dans un endroit où ils pourraient enfin
    prendre un repas, se doucher et se reposer dans des draps propres. Nous
    étions d’autant plus angoissés qu’ils avaient été relâchés environ quatre
    heures après le début du couvre-feu. Nous ne savions pas précisément où la
    police militaire les avait déposés. Et ils n’avaient aucune preuve
    d’identité sur eux – leurs papiers avaient été confisqués au moment de
    l’arrestation.

    C’est cela qui nous préoccupait surtout, car à la nuit tombée, le Caire se
    transforme en un inextricable labyrinthe de postes de contrôle tenus par des
    jeunes gens qui patrouillent dans les rues après le début du couvre-feu, à
    17 heures. La présence de policiers en uniforme, d’agents de sécurité en
    civil et de militaires appuyés par ce qui nous semblait être la moitié de
    tout l’arsenal égyptien de tanks et de véhicules blindés venait parachever
    l’ambiance angoissante. Difficulté supplémentaire, le palais présidentiel se
    trouvait sur notre chemin. Et pour couronner le tout, nous avons constaté
    que dans certains quartiers du Caire, le couvre-feu pouvait pour de bon être
    appliqué et respecté.

    Nous avons avancé dans la ville, en étant arrêtés à chaque instant pour un
    contrôle d’identité ou une fouille du véhicule. Nous avons dû faire de
    nombreux détours pour passer les artères qui étaient barrées. Et tandis que
    nous progressions vers eux, nos collègues avançaient eux aussi à notre
    rencontre, confrontés aux mêmes dangers et à d'autres barrages. Notre point
    prévu de rencontre ne cessait de changer car nous essayions chacun de notre
    côté de déterminer le meilleur endroit ou nous retrouver et pouvoir passer
    le reste de la nuit. Nous avons à plusieurs reprises changé d’itinéraire,
    parfois juste après avoir franchi de manière très laborieuse un barrage
    particulièrement difficile. À un contrôle, un soldat nous a regardé l’air un
    peu troublé et embêté, puis il nous a dit : « Mais je viens de vous voir,
    non ? Pourquoi êtes-vous revenus ? » Un autre nous a mis en garde : « « Vous
    savez que le couvre-feu est en vigueur depuis six heures. Vous avez intérêt
    à avoir une bonne raison d'être dehors. » Nous avions une bonne raison.

    tahrir4fev11_300_214.jpgAu bout de deux heures, et après un nombre incalculable de coups de fil avec
    les collègues de Londres, de New York et du Caire qui suivaient notre
    progression, nous avons enfin cru apercevoir le bout du tunnel. Mais c’est
    alors que nous avons appris que nos collègues étaient peut-être de nouveau
    arrêtés et que les militaires étaient en train de les reconduire aux
    Renseignements généraux. Alors qu'ils nous attendaient à l'intérieur d'un
    taxi, ils avaient été interpellés par des militaires qui, dans un premier
    temps, n'avaient pas cru les raisons pour lesquelles ils se trouvaient
    dehors sans pièce d’identité en plein couvre-feu. « Nous venons d’être
    libérés par les forces armées après presque deux jours de détention »,
    avaient-ils expliqué. Voilà qui méritait bien une nouvelle vérification,
    avaient décidé les militaires !

    L’épisode nous fait bien rire aujourd’hui et n’a pas fini d’être raconté
    comme une bonne anecdote, mais cette nuit-là, c'est un peu comme si un
    nouveau cauchemar commençait alors que nous venions à peine d’évacuer le
    premier. Nous avons continué à avancer, point de contrôle après point de
    contrôle. L’ami qui était au volant a déployé des trésors de patience.

    Tout s’est heureusement résolu et nous avons pu retrouver nos collègues peu
    de temps après devant un hôtel. Malgré leur fatigue et l’épreuve pénible
    qu’ils venaient de vivre, ils étaient capables de plaisanter à propos de
    certains épisodes vécus en détention. Impressionnant ! Ils nous ainsi
    raconté l'étonnement d’un photographe étranger détenu avec eux quand il
    avait découvert que lorsqu’on dit « cinq minutes » en Égypte, cela ne
    signifie pas vraiment cinq minutes. Ils ont aussi plaisanté sur la pénurie
    de couvertures et l’attitude de certains détenus peu désireux de partager
    celles qu'on leur avait apportées.

    Nos collègues étaient aussi très inquiets du sort de la trentaine de
    militants égyptiens des droits humains encore détenus. Tous ont heureusement
    été remis en liberté samedi et ont pu retrouver leurs proches.

    On ignore exactement la raison pour laquelle toutes ces personnes ont été
    arrêtées. Nous nous demandons par ailleurs si les autorités égyptiennes vont
    expliquer pourquoi ces défenseurs des droits humains et ces journalistes ont
    été arrêtés sans mandat, détenus dans des conditions pénibles durant deux
    jours et privés de la possibilité de contacter leur famille, leurs amis et
    un avocat.

    Tout est bien qui finit bien pour nos deux collègues, certes, mais le récit
    qu’ils nous ont fait de leur détention aux mains des forces armées nous
    inquiète beaucoup. Les bâtiments militaires dans lesquels ils se trouvaient
    débordaient littéralement de détenus. Ils ont entendu les cris de personnes
    que l’on frappait, de toute évidence. Malgré toutes les promesses de
    réformes, de changement et de fin de l’impunité, les coups et les violences
    continuent d’être la norme pour les personnes privées de liberté.

    Que de choses vécues en ce samedi ! Pour la dernière fois, Inch’ Allah !
    Nous sommes retournés aujourd’hui dans les bureaux de l’ONG égyptienne où
    nos collègues ont été arrêtés – comme des assassins qui reviennent sur les
    lieux de leur crime ! Nous avons pu nous projeter dans l’ambiance qu’ils
    venaient de nous décrire. Quel étonnement de voir la vitesse à laquelle la
    vie a repris son cours sur la place du marché au coin de la rue, là où
    quelques heures plus tôt 35 personnes menottées avaient été embarquées de
    force dans des voitures, sous les huées de passants en colère qui les
    accusaient de trahison. Tout comme la veille, le vendeur de rue était en
    train d’arranger son étal et de disposer ses oranges en pyramide.

    FIN

  • CA GAZE POUR LA GENDARMERIE A ANDUZE

    Émoi autour de la vidéo d’un chef d’escadron WOINAN dispersant une action pacifique à grands coups de gaz lacrymogènes.

    «Aucun commentaire à faire pour l’instant », répète la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN). On comprend son embarras. Depuis une dizaine de jours, la vidéo (voir ci-dessous) de ce qui ressemble fort à une bavure gendarmeresque  circule en boucle sur Internet. On y voit un gradé user et abuser de gaz lacrymogènes contre d’inoffensifs manifestants qui bloquaient les voies de la petite gare d’Anduze (Gard).
    Le 21 janvier dernier, près de 300 personnes ont, en effet, organisé un rassemblement pour protester contre la suppression programmée de la communauté de communes Autour d’Anduze (2C2A), appelée à se fondre, comme l’exige la réforme des collectivités territoriales, dans un vaste regroupement de communes dit du Grand Alès. Ce jour-là, les manifestants ont décidé de bloquer le départ du petit train des Cévennes qui devait emmener les élus du Grand Alès et leurs invités à la cérémonie des vœux de l’Agglo d’Alès.

    La plupart se tiennent derrière les barrières blanches de la gare d’Anduze, tandis que quelques dizaines d’autres, dont de nombreux retraités et des élus en écharpe, se tiennent sur la voie ferrée, au nez de la locomotive. Le sit-in durera une demi-heure dans une ambiance apparemment bon enfant. Du moins jusqu’à la violente intervention d’un chef d’escadron (commandant). Visiblement pressé de faire évacuer les lieux, on le voit d’abord essayer de soulever une dame âgée, assise sur le bord des voies. En vain. Il arpente alors le quai et asperge la petite foule soudain de lacrymogènes. C’est la cohue. Un homme proteste. Il reçoit une giclée en plein visage. La situation dégénère. Plusieurs manifestants sont ceinturés, d’autres reçoivent des coups de matraque. Des jets de pierres ont lieu. 

     De source proche de la DGGN, on précise que cette vidéo est « sans aucun doute parcellaire » et que la « manifestation n’était pas aussi pacifiste qu’on veut bien le dire ou le montrer ». Une version que récusent les témoins. « Un accord avait été négocié entre nos élus et les forces de police, assurent les représentants d’une association locale. Il était prévu de dégager la voie après un blocage symbolique. Sans cette intervention violente et disproportionnée, le train serait parti avec un peu de retard, certes hué, mais il n’y aurait sans doute pas eu de débordements. Les autorités en ont décidé autrement. »

    Jusqu’à hier, aucune enquête disciplinaire n’a été engagée contre le gendarme incriminé. Quant à savoir pourquoi il était aussi pressé de faire dégénérer cette manifestation, certains ont leur petite idée. Et rappellent notamment que le député Max Roustan (UMP), initiateur du projet contesté du Grand Alès, est également le coauteur de la réforme des collectivités territoriales…

    La réaction du Préfet…
    Interrogé sur les récents événements d’Anduze, Hugues Bousiges, préfet du Gard, se dit tout à fait surpris : « empêcher un train de démarrer, se mettre sur des voies, puisque c’est quand même ça le fait originel de ce qui s’est passé à Anduze, c’est quand même peu courant. Je ne connais pas d’autres endroits dans le département, voire en France où dans cette période où l’on est en train de réfléchir aux intercommunalités futures, des élus ou des personnes manifestent de cette façon-là. »

    Le représentant de l’État reconnaît qu’il y a « des inquiétudes, et un antagonisme fort entre la commune d’Anduze et les autres communes. Mais il y a d’autres communautés de communes qui sont amenées à évoluer, à rejoindre d’autres communautés de communes plus importantes ou à se scinder, et où ces questions sont abordées avec sérénité. »

    Tout en condamnant « des comportements qui troublent l’ordre public », et appelant au calme, le préfet chargé par la loi de faire émerger la future carte territoriale du Gard réaffirme que « la réflexion est en cours sur le dossier de l’intercommunalité. »

    Quant aux faits eux-mêmes, il se défend de se prononcer, «   il y a des saisines de la justice, des enquêtes en cours, les autorités administratives et la justice sont en charge d’apprécier des éventuelles responsabilités des uns et des autres. »

    RENÉ DIEZ pour MidiLibre.com

  • CHARONNE

    Le 8 février 1962, neuf travailleurs syndiqués à la CGT, (1), étaient tués au métro Charonne, bd Voltaire à Paris, par des éléments des brigades spéciales d’intervention lors d’une manifestation pacifique organisée par les syndicats et des partis de gauche contre les actions terroristes de l’OAS.

    Soixante mille personnes participaient à ce défilé dont mon père. Alors que la dislocation de la manifestation était annoncée, la police a chargé avec une violence inouïe. Des centaines de manifestants sont sauvagement matraqués, refoulés dans la bouche de métro et assommés par des jets de grilles d’arbre en fonte, pourchassés dans les couloirs d’immeuble, dans les cafés.

    Parmi les victimes, un adolescent de 15 ans et trois femmes. On dénombrera 250 blessés dont une centaine grièvement atteints.

    Cette sauvage répression contre une manifestation pour la paix en Algérie survenait moins de quatre mois après le massacre de plus de cent travailleurs algériens le 17 octobre 1961 à Paris et en banlieue. (1) Daniel Ferry, Hyppollite Pina, Maurice Pochard, Raymond Wintgens, Édouard Lemarchand, Suzanne Martorell, Anne-Marie Godeau, Fanny Dewerpe et Jean-Pierre Bernard

  • OUBLIEE LA CRISE ?

    Oubliée la crise : vive « le pacte de compétitivité », vive le capitalisme !

    5166095952_d1276a5912.jpg

                                                                                                                                                     

    Oubliées les « sub-primes », la crise du système bancaire et du crédit, les errements très intéressés des acteurs financiers. Effacée la cupidité, les effets de leviers excessifs, la titrisation sans limite, les défaillances des régulateurs, les errements des agences de notation. Occultés les 700 000 milliards de dollar d’OTC, représentant douze fois le PIB mondial, qui se promènent dans les « darkpools », les plateformes parallèles et les paradis fiscaux n’ayant jamais cessés d’être prospères.

    Envolées les belles et nobles déclarations sur la réforme du capitalisme...

    L’ouragan passé, ayant fait d’innombrables victimes parmi les peuples, ne subsiste que les déficits publics, la crise des dettes souveraines et les plans d’austérité. Et les marchés financiers, plus puissants qu’ils ne l’étaient avant la tornade, puisque les voici désormais en situation de dicter leur conduite aux Etats !

    Non seulement les naïfs ou les crédules qui avaient cru aux promesses « sur la réforme du capitalisme » en seront pour leur frais, mais de surcroît, ils vont écoper « du pacte de compétitivité » à leurs dépends.

    Déjà, la semaine dernière, de passage a Bruxelles pour une audition devant des parlementaires européens, j’avais été alarmé par les déclarations de députés libéraux qui semblaient rejeter sur le laxisme dépensier des gouvernements européens les difficultés que rencontre l’Euro. Dans leur propos, la crise financière n’avait aucune responsabilité, comme si elle n’avait jamais existé. J’en ai conclu que l’idéologie libérale avait été très rapide à ré-écrire un récit à son avantage. Un récit qui non seulement l’exonère de toute responsabilité, mais qui de surcroît lui permet de reprendre l’initiative. Je n’imaginais pas que la droite gouvernementale, en France comme en Allemagne, était déjà inscrite dans cet incroyable scénario.

    Je l’ai constaté deux jours après, en lisant dans un grand quotidien du soir que « Berlin et Paris s’entendent pour proposer un pacte de compétitivité », l’Allemagne voyant dans ce projet la condition pour renforcer le fonds de sauvetage de la zone euro. Berlin entend demander aux autres pays de s’engager a réaliser les réformes structurelles qui accroîtront leur compétitivité et donc la solidité de la zone euro. Fermez le ban. Et de quoi s’agit-il ? De donner à la BCE la possibilité de racheter en direct de la dette souveraine pour soustraire les états au dictat des marchés ? D’émettre des Euro-bonds pour consolider une partie de cette dette ?

    Pas du tout. Ce serait pour les libéraux rater l’occasion d’atteindre leurs objectifs. Figure au contraire dans ce pacte la politique salariale- supprimer l’indexation dans les pays où elle existe encore- l’âge de la retraite (si possible a 67 Ans) , la limitation de l’endettement public gravé dans le marbre, la flexibilité du travail (faciliter les licenciements) et, in fine des régimes de résolution de crises bancaires...Au moment où les salaires stagnent et où le chômage plafonne.

    Curieusement et simultanément, le président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Bernard Accoyer, propose une « Mission d’Information parlementaire su la compétitivité française »... Je voudrais être sur qu’il a trouvé ça tout seul !

    Ainsi donc, au bout du bout, la crise, par le biais de la défense de l’Euro et au nom de l’Europe, permettrait d’imposer aux opinions publiques qui en font déjà les frais, des sacrifices supplémentaires en liquidant ce qui perdure du pacte social européen. Des sacrifices imposés par le haut, au nom du gouvernement économique, de l’orthodoxie monétariste et pour la gloire du capital ! L’Europe démocratique, déjà si souffrante, va encore progresser !

    Si l’on ajoute à ces brillantes perspective le fait que la Commission Européenne négocie, en ce moment même, avec la Corée du Sud et le Canada (donc l’ALENA) une libéralisation des échanges, sans doute pour améliorer le taux de chômage en Europe, on peut s’interroger avec gravité sur notre avenir et les motivations véritables de ceux qui nous gouvernent.

    J’ose espérer que les progressistes de tout poil ne laisseront pas faire. Sinon, le pire est à craindre. Car viendra un moment ou le désenchantement engendrera la colère qui emportera tout...

    Henri Emmanuelli

  • MAM A ENCORE MERDE

    Non, rassurez-vous, je ne suis pas là pour me joindre à la meute des hurleurs contre Michèle Alliot-Marie : il ne sert à rien d’enfoncer les portes ouvertes, ou de tenter de démontrer que 1 voyage en avion et autre font 2. Ceux qui font semblant de ne pas le comprendre sont soit bornés, soit de mauvaise foi, soit les deux.

    alliot marie

    MAM a merdé grave, elle a accumulé incompétence, honte, mensonge, et maintenant scandale. Sa place, et celle de son ectoplasme de concubin, c’est à la porte, avec les valoches sur le palier, et un grand coup de pied au cul en guise d’adieu. Fini les vacances de nabab et les jets privés, place à la retraite, la CX et la caravane, l’emplacement numéro 17 du camping "Les flots bleus" du côté d’Arcachon.

    Non, ce que je trouve bien plus instructif, c’est cette nouvelle révélation fortuite d’une conduite gouvernementale qui nous paraît inacceptable et scandaleuse, mais dont force est de constater qu’elle est tout à fait routinière chez ces gens-là, ces usurpateurs qui se sont emparés du pouvoir par ruse, à coup de mensonges et de belles paroles, et l’ont confisqué à leur seul profit et à celui de leur copains, des membres de leur clique.

    Je viens de terminer le dernier livre D’Hervé Kempf, judicieusement intitulé "L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie". Ce livre mérite mieux qu’un entrefilet, et justifierait un billet à lui tout seul, j’y reviendrai  certainement. Néanmoins, son titre me semble illustrer à merveille ce que révèlent les derniers rebondissements de l’affaire MAM.

    Pourquoi MAM, pourquoi Woerth, et beaucoup d’autres qui ont eu la chance de passer entre les mailles du filet du Canard et de Mediapart, pourquoi tant d’autres qui aimeraient être à leur place, et qui vont s’y retrouver en 2012, pourquoi la plupart de ceux qui se présentent à des élections nationales, pourquoi tous ces gens font-ils de la politique ? Pour mettre leur compétence au service de la chose publique ? Pour améliorer la vie des français ? Foutaises, calembredaines !

    La plupart des politiciens font ce boulot pour l’ivresse du pouvoir, pour se pâmer intérieurement à la vue de tous ces courtisans, ces larbins se mettre en quatre pour satisfaire leurs moindres désirs …

    Pour le fric, pour le pouvoir… Pour les bagnoles avec chauffeur et garde du corps, qui font pin-pon, qui prennent les sens interdits, les couloirs de bus et roulent à 200 sur l’autoroute, en toute impunité ! Et au-delà de ces bassesses, pour EN ÊTRE.

    Oui, EN ÊTRE, contrairement à vous, tas de petits citoyens exploités par votre patron (si tant est que vous ayez la chance d’en avoir un) pour 1 000 ou 1 500 euros par mois, qui suez sang et eau pour payer votre loyer, votre bouffe de chez Leader Price, vos factures en hausse vertigineuse de chez EDF ou de chez Suez, ou le crédit de votre Dacia. Si un jour vous allez en Tunisie, ce sera sans doute pour 400 euros la semaine, transporté dans un vieux charter bourré jusqu’aux hublots d’autres pue-la-sueur, séjournant dans un vieil hôtel décrépi d’avoir vu passer des millions de touristes de bas de gamme, avec des cafards dans la salle de bain, rien dans l’assiette, du soleil standardisé et du folklore frelaté.

    De la psychédélique interview de MAM chez Pujadas, on peut extraire cette perle du collier : "Quand je suis en vacances, je suis comme tous les Français". Ben oui, quoi, vous, Dupont-Lajoie, quand vous descendez de votre zinc pourri pour aller rejoindre votre hôtel miteux à Hammamet, c’est évident, vous rencontrez par hasard un milliardaire ami du pouvoir (à se demander si on peut être milliardaire sans être ami du pouvoir), qui possède un jet privé, et qui vous propose tout naturellement de vous amener jusqu’à votre hôtel, qui est aussi, le hasard fait décidément bien les choses, le sien puisqu’il en est le propriétaire… Plus c’est gros, plus ça passe.

    C’est ça, l’oligarchie. Etre avec les riches et les puissants de ce monde, se pavaner et se complaire en leur compagnie. Copiner avec les dictateurs, les banquiers, les milliardaires, les grands patrons, les lobbyistes… EN ÊTRE, faire leur politique, tout en faisant croire au peuple que vous faites la sienne. Et MAM le faisait si bien, dissimulée derrière son air de coincée du cul.

    MAM n’a rien inventé.  Chirac était aussi très fort pour ça il a écumé aux frais de la princesse tous les palaces du monde. Il connaissait d’ailleurs fort bien Ben Ali et la Tunisie. Aujourd’hui, même aux portes de l’hospice il continue à squatter chez les Hariri… Cela ne l’empêchait pas de parler de "fracture sociale" des trémolos dans la voix. Quant à Sarkozy, alors même que MAM était hébergée chez son milliardaire tunisien, il était l’invité du roi du Maroc. No comment. L’oligarchie est assez éclectique, et il n’y a pas que Le Siècle, Bilderberg ou Davos

    Une des anecdotes qu’évoque Hervé Kempf, et que j’avais loupée, c’est à propos du gouvernement ultraconservateur britannique, menée par le néo-thatchérien Cameron. Figurez-vous que 23 de ses 29 membres sont millionnaires en livres (et un million de livres font près de 1.2 million d’euros…). Et ce sont les mêmes qui ordonnent en ce moment aux pauvres britanniques de se serrer la ceinture jusqu’à l’asphyxie pour complaire à la finance mondiale et à leurs Tontons Macoutes des agences de notation.

    J’aimerais vraiment que quelqu’un fasse le même travail en France. Sur la fortune des ministres, des députés, des sénateurs, … Mon petit doigt me dit que la situation ne doit pas fondamentalement différer de celle qui prévaut on the other side of the Channel… Chiche qu’un hebdo le fasse, record de ventes garanti !

    Hier je disais à un ami le pouvoir à tous les niveaux rend con

    Faisons la synthèse entre Mélenchon et Kempf : "Qu’ils s’en aillent tous, l’oligarchie ça suffit, et vive la démocratie !"