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  • PAS DE PLEURS POUR LECH KACZYNSKI

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    Avec la mort soudaine du président polonais, le concours international des pleureuses est lancé. C'est à qui fera la plus belle homélie, le plus bel hommage. Dans deux jours, le monde entier sera convaincu que la Pologne vient de perdre une figure inestimable, que l'humanité aura du mal à se remettre de la perte d'un tel bienfaiteur. Heureusement, dans 4 jours, tout le monde l'aura oublié, et ladite humanité pourra continuer à vivre. Parce que, c'est bien beau toutes ces louanges, mais de qui parle-t-on vraiment ? Qui était réellement Lech KaczynskiKaczynski, si ce n'est un gros réactionnaire homophobe qui n'a en rien amélioré le quotidien des polonais, bien au contraire.

    Certes, il était considéré comme foncièrement honnête, voire compétent, mais il ne faudrait peut-être pas oublier qu'il était porteur d'idées pour le moins conservatrices, voire nauséabondes. Avant 2005, alors qu'il était maire de Varsovie, il a réprimé a plusieurs reprises des manifestations homosexuelles. Depuis son élection en 2005, il s'est ouvertement déclaré partisan de la peine de mort, et en tant que président s'est toujours opposé à la légalisation de l'avortement.

    Ce n'est pas tout. La Pologne fut à ma connaissance un des rares pays à avoir eu pendant 2 ans (2005 à 2007) un président et un premier ministre qui étaient frères jumeaux. Une cohabitation familiale en quelque sorte, mais surtout une drôle de conception de la démocratie. A eux deux, ils ont prôné une politique ultra-libérale et ouvertement pro-américaine, du moins pro Bush. Enfin, c'est surtout le projet de loi de "lustration" qui avait beaucoup fait parler des jumeaux. Cette loi visait à obliger tous les intellectuels ayant collaboré de près ou de loin avec le communisme à le déclarer. Ainsi fichés, certains pouvaient aller jusqu'à perdre leur emploi. Quand on sait que pour l'immense majorité des citoyens il était impossible de faire autrement que de collaborer, on comprend mieux le caractère inique de ce projet, qui heureusement a en grande partie été invalidé par la cour constitutionnelle polonaise.

    Alors, oui, c'est une nouvelle tragique, pour les tenants du libéralisme et les défenseurs d'une conception catholique de la morale. Pour le reste, la tolérance, l'ouverture d'esprit et les libertés individuelles ne s'en portent pas plus mal.

  • TEMPETE OU RUMEUR

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    Il y a des tempêtes politiques qui sont aussi terribles que des tempêtes naturelles. J'ai l'impression que c'est ce que nous constatons depuis hier. Les décisions qui ont suivi le désastre occasionné par Xynthia ont provoqué des réactions extrêmement violentes, fortement relayées par les médias, télévisions, radios et journaux. A chaque fois, la tonalité est la même, et impressionnante : l'Etat et les collectivités, à tout niveau, sont violemment remis en question, dans une sorte de procès populaire, d'inquisition sauvage.

    Que leur reproche-t-on ? Incompétence, surdité, aveuglement, irresponsabilité, autoritarisme, inhumanité, ... A aucun moment, dans ce que j'ai vu, entendu et lu, la parole n'est donnée à ces représentants de l'Etat, de l'administration, des collectivités, ni aux spécialistes en matière d'urbanisme. Le verdict semble arrêté, brutal : tous coupables ! De quoi ? De détruire, de construire, de décider, de faire soi-disant n'importe quoi.

    Le fond, je ne le connais pas. Pas plus que ne le connaissent ceux qui hurlent et qui ont sûrement leurs raisons. Mais pourquoi notre société, par médias interposés, se range-t-elle systématiquement du côté des victimes ? Comme si une victime, parce qu'elle est victime, avait nécessairement la vérité avec elle et pour elle. Comme si les institutions, les structures officielles, les responsables, les élus étaient disqualifiés par le fait de n'avoir pas subi les affres de Xynthia. Nous vivons dans une société encore chrétienne : la souffrance demeure un argument, le "vécu" est un atout majeur, le sentiment ne saurait mentir.

    Qui sont les rois, les héros, les saints des temps contemporains ? Les "simples citoyens". Dans une réunion publique, présentez-vous comme un militant ou, pire, comme un élu, un dirigeant de quoi que ce soit : c'est immédiatement l'indifférence, le soupçon et très vite l'accusation. Mais quand un quidam se présente comme "un citoyen de base", la salle fait silence, écoute religieusement et généralement applaudit, même quand le quidam dit n'importe quoi.

    L'idéologie moderne, ce n'est pas le libéralisme ou le socialisme, le nationalisme ou la révolution : non, c'est le citoyennisme. Son principe est simple : tout citoyen, en tant que citoyen, d'autant plus s'il est victime de quoi que ce soit, ne peut que tenir des paroles de vérité, sur lesquelles il convient de s'aligner. Voilà le conformisme, la pensée unique d'aujourd'hui, que personne n'ose dénoncer, comme il se doit pour tout véritable conformisme et pensée unique. Le plus étrange, c'est que les victimes de cette idéologie actuelle, élus, militants, représentants, ne la dénoncent pas, souvent la reprennent à leur compte. Nous qui sommes libres, nous n'acceptons pas cette pression psychologique, ce préjugé moral, cet a priori idéologique.

  • AGROCARBURANTS

    Agrocarburants :stop ou encore

    Après plusieurs mois d’hésitations, l’ADEME publie enfin aujourd’hui son rapport « Analyse de cycle de vie appliquées aux biocarburants de première génération consommés en France ». FNE a participé au comité technique de cette étude et livre son analyse.


    L’Europe veut des énergies renouvelables...vraiment renouvelables !

    img_blog_270906_biocarburan.jpgCette expertise sur les agrocarburants répond à un engagement du Grenelle mais s’inscrit aussi dans un contexte européen. La Directive « Energies renouvelables » du 29 avril 2009 demande aux Etats membres d’incorporer dans les transports 10% d’énergies renouvelables produites de manière durable, avec pour critère une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux équivalents fossiles. La France doit ainsi remettre dans quelques mois son Plan d’action national en matière d’énergies renouvelables à la Commission européenne.

    Un bilan désastreux en termes de gaz à effet de serre

    Cette étude officielle permet justement de préciser le bilan des agrocarburants en matière de gaz à effet de serre, avec une avancée incontestable : la prise en compte de l’impact du Changement d’Affectation des Sols (CAS). En effet, la transformation des forêts tropicales primaires en cultures industrielles de canne à sucre et de palmiers à huile destinées à faire rouler nos voitures est à l’origine d’émissions très importantes, liées au déstockage massif de carbone suite à la suppression du couvert forestier et à la dégradation des sols. Rappelons que la déforestation représente près de 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

    Pour Lionel Vilain, conseiller technique agricole de FNE : « Les résultats de l’étude sont sans appel : lorsqu’on prend en compte les changements d’affectation des sols (déforestation notamment), l’impact effet de serre des agrocarburants est le double de celui de l’essence ou du gasoil remplacé ! ».
    Michel Dubromel, responsable des transports à FNE : « A lui seul, ce résultat suffit à démontrer qu’en aucun cas les agrocarburants ne représentent une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports routiers.»

    Des importations inévitablesr?t=a&d=mys&s=ads&c=p&ti=1&ai=30752&l=dis&o=16062&sv=0a5c4250&ip=29d0abf1&u=http%3A%2F%2Fwww.geo.fr%2Fvar%2Fgeo%2Fstorage%2Fimages%2Fmedia%2Fimages%2Frubrique-environnement%2Fles-mots-verts%2Fbiocarburant%2F414113-1-fre-FR%2Fbiocarburant_300x225.jpg

    L’étude démontre aussi que les filières métropolitaines d’agrocarburants ont une efficacité énergétique plus faible et sont économiquement non concurrentielles vis-à-vis des agrocarburants tropicaux.

    Lionel Vilain reprend : « La conséquence, c’est que l’incorporation obligatoire de 10% d’agrocarburants dans les carburants conventionnels en Europe va se traduire par une déforestation accélérée des forêts brésiliennes, malaisiennes et indonésiennes. »

    FNE demande au Gouvernement de tirer les conséquences de cette étude et de renoncer à toute politique favorisant la production et l’utilisation d’agrocarburants industriels en France.

  • PAN SUR LE BLOG

    LA QUALITE DE L'EAU

     

    Photo de Gilles Chiroleu, 2007, CC

    Photo de Gilles Chiroleu, 2007, CC

    Souvent citée en modèle après les nombreuses innovations dont elle a témoigné, la gestion de l’eau en France affronte depuis plusieurs années de considérables défis environnementaux, techniques, organisationnels et financiers. Enjeu majeur d’un développement soutenable, les réponses qui y seront apportées définiront pour une bonne part le cadre de vie des générations futures etc.. .voir:http://www.hautetfort.com/admin/posts/post.php?post_id=2676161&evnt=editPost&signature=1bdda9e708c3362baec4929b174ec7a30c7a1da3....

     Cet article paru le 30 mars dernier  reprend une note du groupe "Eau: les bonnes pratiques" du Laboratoire des idées du Parti socialiste (cf http://laboratoiredesidees.parti-socialiste.fr/index.php/2010/02/la-qualite-de-leau-un-defi-majeur/)

    J'avais oublié de  citer sa source.Mille excuses au rédacteur du LABORATOIRE DES IDEES !

     

  • VILLIERS LE BEL:AFFAIRE RELANCEE

    La mort des deux adolescents avait donné lieu à des émeutes dans la ville.
    .Photo de la voiture de police aprés l'accident:elle roulait à vitesse normale suivant le conducteur:MENTEUR

    La cour d'appel de Versailles a ordonné un supplément d'information, revenant sur le non-lieu prononcé en octobre à l'égard des policiers mis en cause dans la mort de deux adolescents.

    «Responsabilité évidente des policiers»

     Rebondissement dans l'affaire de Villiers-le-Bel. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Versailles a ordonné mercredi un supplément d'information pour réexaminer la responsabilité des policiers dans la collision entre leur voiture et une moto, qui avait tué deux jeunes en 2007 Mushin et Lakamy. En octobre dernier, les quatre policiers impliqués avaient bénéficié en première instance d'une ordonnance de non-lieu. Mais les familles de deux adolescents tués avaient immédiatement fait appel.

    Ce supplément d'information pourrait aboutir à la mise en examen du conducteur du véhicule de police, a précisé Me Emmanuel Tordjman, avocat des familles des victimes, à l'issue de l'audience. Les policiers, qui avaient été placés sous le statut de témoin dans cette affaire, seront réentendus, selon l'autre avocat des familles des victimes :La responsabilité évidente selon nous des policiers ne pouvait être niée, quitte à arriver à une responsabilité partagée", a estimé Me Jean-Pierre Mignard,l'enquête a montré que les policiers roulaient également plus vite qu'ils ne l'avaient d'abord déclaré.   Fait «rarissime» selon lui, l'enquête sera confiée à la chambre d'instruction de Versailles et non renvoyée au tribunal de Pontoise. qui avait jugé l'affaire en première instance.

    Dans un communiqué, le syndicat de policiers Alliance dénonce la décision de la cour d'appel de Versailles. "Contre toute attente, la justice vient d'ordonner un supplément d'information […]. Alliance s'étonne de cette décision qui s'incrit une nouvelle fois dans cette suspicion permanente à l'égard des policiers", dénonce le second syndicat de gardiens de la paix.

    Une nouvelle fois ,dans cette affaire, la police tente de se placer au dessus des lois et de la justice.Un policier a tué un jeune en moto et son syndicat s'étonne.Oui la police sarkozienne doit faire l'objet de suspicion permanente tant ses nombreux forfaits et interpellations à caractères racistes ne font pas honneur à notre République   

     

  • JE SOUTIENS LA GREVE

    Je soutiens la grève à la SNCF !

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    Pendant deux jours, on ne va entendre que cela : prise d'otage des usagers, privilège des cheminots qui abusent du droit de grève, conséquences économiques pour tout le pays... Bref, la rengaine habituelle de ceux qui travaillent pour Bouygues, Hachette ou Lagardère. Comme si le pays était divisé en deux, ces fainéants de cheminots d'un côté, et le reste de la France qui travaille de l'autre.

      Mon père était cheminot et je me souviens des longues grèves de la SNCF dans les années 50 et des commerçants qui donnaient à ma mère de quoi nous nous nourrir

    D'abord, une petite remarque. Ceux qui râlent contre les grèves dans cette entreprise publique, sont les mêmes qui se plaignent des retards, des pannes, voire des annulations de train, toutes choses que les syndicats dénoncent depuis des années et qui ne font que s'amplifier. Pourquoi ? Parce que la direction de la SNCF est aujourd'hui dans une logique de rentabilité qui conduit à délaisser tout ce qui ne rapporte pas, au mépris souvent de la qualité du service et de la sécurité des passagers.

    Cela a des traductions concrètes sur notre quotidien : toutes les petites gares ferment, des villes, des territoires entiers ne sont plus desservis, et dans le même temps, l'entreprise publique investit en masse sur le TGV. Tout cela contribue à la désertification des territoires, et à une inégalité face aux transports.

    A la SNCF, comme à la Poste ou à EDF, ce n'est pas qu'une question de salaires ou de conditions de travail qui se dégradent, c'est de l'avenir du service public qu'il s'agit. Du moins de la notion d'un service public à la Française, au service de tous, partout, sans obligation de résultats économiques. Il est intéressant de constater que les régions les plus pauvres économiquement, Auvergne, Limousin, Franche-Comté, sont aussi les plus mal desservies en transports. Il en est de même dans les grandes villes pour tous les quartiers défavorisés ou en plus de ne pas y avoir de travail, il n'y a plus de services publics ni de transports (pour exemple, la ville de Clichy sous bois, 25 000 habitants, n'a ni commissariat, ni gare). Certes, il est évident que cela coûte énormément d'argent de construire et de maintenir des lignes dans des régions éloignées, ou dans des quartiers ou les problèmatiques sociales provoquent des conditions de travail dégradées. Pour autant, l'absence de transports dans ces endroits multiplie les problèmes. Rappelons que la constitution et la loi donc, imposent le principe d'égalité.

    De plus, le dossier épineux en ce moment à la SNCF est celui du fret, lequel perd beaucoup d'argent. A l'heure où les questions environnementales prennent une  place importante dans le jeu politique, il est curieux de voir que le gouvernement se désengage massivement de ce qui pourrait être un magnifique outil de lutte écologique : le ferroutage. Evidemment, cela demande des investissements, une vision d'avenir pour la politique des transports de ce pays, mais il est difficile à la fois de débloquer des milliards pour les banques et de défendre le développement durable.

    Enfin, je termine cet article par quelques petits rappels juridiques. 1) Les journées de grève ne sont pas payées, pas plus à la SNCF qu'ailleurs, et au vu des salaires dans l'entreprise publique, je ne crois pas que ce soit de gaieté de coeur que les cheminots cessent le travail 2) La loi oblige les syndicats à déposer un préavis avant la grève, lequel préavis doit servir à la direction pour négocier, laquelle direction ne fait visiblement pas, préférant jouer la division entre usagers et cheminots

  • DEUX MILLE ANS ,IL TIENT TOUJOURS

    paques 2010 016.JPG  Haut de 48 m et long de 360m le Pont du Gard surplombe 165 hectares de guarrigues uniquement accessibles a pied

    En ce mois d'avril, l'eau du Gardon transporte de nombreuses alluvions et aucuns canoës ne transpercent  les hectares de garrigue. Le ciel s'installe au bleu azur entre deux orages, et, soudain se dresse le Pont du Gard, merveilleux témoignage que nous a laissé la romanité.
    Plus qu'un simple monument, il s'agit bien d'un aqueduc antique reliant la source d'Uzès à Nîmes pour les besoins en eau potable de l'époque. Un ouvrage magnifique qui a joué un rôle conducteur durant cinq siècles pour les 20 000 habitants de Nemausus au premier siècle. Composé de matériaux méticuleusement sélectionnés aux abords de la réalisation, il s'impose, tel un roc, tel un jeuneot aussi ambitieux qu'invulnérable à qui rien ne fait vraiment peur. Pas même les cruelles inondations des 8 et 9 septembre 2002 qui avaient tout emporté sur leur passage.

    Plus d’un million de visiteurs par an
    De ses 48 mètres de haut, il a résisté à une pression hydraulique phénoménale qui n'avait par contre pas épargné la rive droite dévastée et dont douze hectares ont du, depuis, être réaménagés. A l'heure où la technologie avance, où le superficiel prédomine, où le paraître et le bling-bling enveniment la population du XXIe siècle, les Romains apportent, deux mille ans plus tard, l'illustration que les automatisations et les mécanisations successives, vrais cancers de notre société contemporaine, ne remplaceront jamais l'homme. Une histoire qui fascine. Un travail de fourmi que se plaisent à découvrir chaque année 1 250 000 curieux avec des pics en juillet-août pouvant atteindre 12 000 personnes/jour. Ce qui en fait le monument antique le plus visité de France.
    Et c'est tout logiquement, ne serait-ce que par juste respect pour ses concepteurs, que l'Unesco inscrivait ce chef d'oeuvre au patrimoine mondial de l'humanité en 1985. S'érigeant dans un site naturel remarquable, paysage méditerranéen caractéristique, il est également classé au titre de la loi de 1930 sur l'environnement afin de préserver une faune et une flore fragiles, comme en témoigne ce couple d'aigles de Bonelli survolant parfois les gorges du Gardon. Ce rapace, qui a fait des milieux méditerranéens son nid, est l'espèce la plus menacée de France puisqu'ont été recensés uniquement 28 couples des Pyrénées orientales au Var.

    Un poumon vert indescriptible
    En descendant les allées qui mènent de l'accueil du site au monument, on touche presque le paradis. Un plaisir qu'on devine partagé par tous nos voisins de visite qui redeviennent presque humains, tutoyant l'environnement et le respectant au point de prendre le plus grand soin de ne pas jeter de papier parterre. On s'éprend d'écologie, de préservation d'un milieu idyllique aux senteurs épicées de la garrigue. S'ouvrent devant vous 165 hectares de site libre d'accès. Un poumon vert indescriptible que la minéralisation entreprise en 2000 n'a pas mise à mal, contrairement à la préfecture romaine gardoise. Pourtant, à l'aurore du XXIe siècle, quand le site du Pont du Gard opérait sa mue et dévoilait un aménagement nouveau, les Gardois qui entretiennent une relation affective avec leur patrimoine, craignaient une offense au cadre naturel. Mais comment pouvait-il en être autrement sans cette protection et cette harmonisation d'un lieu qui se voyait menacé et dont les générations futures n'auraient pu ressentir ce plaisir qui est le nôtre ? Car le Pont reste victime de son succès. Et les va-et-vient incessants de la fréquentation touristique le réduisaient à un sombre avenir. Chaque jour, selon des études, c'est comme si un troupeau de 38 éléphants s'emparait de l'espace enchanteur. Avant l'aménagement, 3 600 véhicules par jour mettaient en péril ce travail d'orfèvre et son habillage. Avec le recul et la qualité des prestations offertes depuis (musée, ludothèque, cinéma, cafétéria...), les détracteurs ont avalé leur sifflet. Car aujourd'hui, une réelle prise en compte de tous les niveaux d'intérêts, étape par étape, est dévoilée au public. Entre modernité et romanité, jamais les deux architectures ne se confrontent grâce au travail de Jean-Paul Viguier à qui l'on doit notamment depuis la médiathèque qui cohabite avec la cathédrale de Reims.

    Un désert architectural de dix-huit siècles
    Tout aussi fascinant qu'incompris, l'acqueduc romain dévoile désormais tous ses atouts, son histoire, presque heure par heure, dans un musée qui mérite un détour en terres gardoises. Du reste plus de 20% des touristes, choisissant le Gard comme destination de vacances, opèrent avant tout leur choix dans l'unique esprit de visiter ce monument qui n'illustrera jamais assez combien nos ancêtres les Romains paraissaient avant-gardistes et précurseurs en de nombreux domaines. Après leur passage est né un désert architectural de dix-huit siècles avant que la société ne connaisse l'évolution, pas toujours porteuse, qui nous unit aujourd'hui comme... par un Pont.

  • SOYONS RASSURES LES RICHES SONT ENCORE PLUS RICHES

    L’Institut national de la statistique, l’INSEE publie ce vendredi 2 avril un rapport intitulé «Les revenus et patrimoine des ménages». Il dresse un tableau des revenus et du patrimoine des ménages pour la période 2004-2007. Principaux enseignements du rapport : l’augmentation des plus hauts revenus et l’écart de revenu entre ménages immigrés et non immigrés.

    A première vue, les ménages français sont de plus en plus riches comme l’explique Jean-Louis Lhéritier, chef du département des ressources et conditions de vie des ménages de l’INSEE : « les plus hauts revenus ont fortement augmenté en France. Si on s’intéresse aux personnes qui ont déclaré plus de 100 000 euros par mois, leur nombre a augmenté de 28% de 2004 à 2007. Et si on prend les gens qui ont déclaré plus de 500 000 € par équivalent adulte, leur nombre a augmenté de 70 % de 2004 à 2007». Une catégorie cependant dans laquelle entre une part minime de la population (1%).
    Ce qui conduit l’Insee à constater qu’en 2007 le niveau de vie annuel moyen des personnes vivant en France métropolitaine s’est établi à 21.080 euros soit environ 1.760 euros par mois contre 20.750 en 2006 soit 1.730 euros par mois en 2006 (+1,6%). Ce sont les 50-64 ans qui sont les mieux pourvus, avec près de 25.000 euros annuels.

    Chez les riches
    Forte augmentation du nombre de personnes riches
    La moyenne des très hauts revenus a ainsi augmenté «plus rapidement que (celle) de l’ensemble de la population» contribuant ainsi à creuser les inégalités «par le haut», note l’étude intitulée «Les revenus et le patrimoine des ménages». Alors qu’elles ne représentent qu’1% de la population, ces personnes à très hauts revenus perçoivent 5,5% des revenus d’activité, 32% des revenus du patrimoine et 48% des revenus exceptionnels déclarés (plus-values, levées d’options).

    Hausse des salaires pour les plus riches

    Autre signe de creusement des inégalités, les salariés les mieux rémunérés du privé, souvent dirigeants ou financiers, sont payés sept fois plus que la moyenne des salariés à temps complet et ont bénéficié de hausses de salaires «substantielles» de 2002 à 2007, bien supérieures à l’ensemble des salariés.

    Gagner plus sans travailler
    Des riches plus riches aussi. L’Insee a regardé le petit groupe des 1% des personnes qui ont déclaré les revenus les plus élevés. C’est-à-dire entre à partir de 84 000 euros par an. Leur enrichissement ne s’est pas fait tellement par les salaires, mais surtout grâce aux revenus du patrimoine – immobilier, actions, stock-options. C’est le « gagner plus sans travailler ».

    A eux seuls les 1% les plus riches concentrent le tiers des revenus du patrimoine en France. Et comme en France, le capital est moins taxé que le travail, la grande surprise de cette enquête, c’est ce chiffre : le taux d’imposition moyen dans cette frange de la population est situé entre 20 et 25% de leur revenu. Moins que pour beaucoup de salariés disons moyens !

    On est donc loin en réalité en France du matraquage fiscale des riches, principal argument des défenseurs du bouclier fiscal.

    Et chez les pauvres
    A l’autre bout du spectre, le taux de pauvreté connaît «une relative stabilité après une longue baisse», a expliqué Jean-Louis Lhéritier, un expert de l’Insee, lors d’une conférence de presse. En 2007, le seuil de pauvreté correspond à un niveau de vie de 908 euros par mois et concerne 13,4% de la population, soit huit millions de personnes.

    La pauvreté touche 13,4 % des personnes vivant en France. On constate que la pauvreté touche bien davantage les familles monoparentales ; elle touche 30 % des familles monoparentales. La pauvreté touche aussi les personnes vivant seules, les familles nombreuses, de plus de trois enfants, les familles dont la personne de référence est chômeur. L’entrée dans la pauvreté s’observe souvent à l’occasion d’événements familiaux

    Inégalité, même chez les plus pauvres
    L’autre grand enseignement du rapport concerne le niveau de vie des ménages immigrés. «Une personne qui vit dans un ménage immigré a un niveau de vie d’un tiers inférieur au niveau de vie des personnes vivant dans les autres ménages. La moitié de cet écart s’explique par une composition particulière des ménages immigrés. Ce sont des ménages de plus grande taille, qui comportent moins d’apporteurs de ressources. Les personnes de référence de ces ménages sont moins souvent en situation d’emploi, plus souvent au chômage. Ce sont aussi des personnes qui sont moins qualifiées et moins diplômées.» Concrètement, selon le rapport, le revenu disponible moyen d’un ménage immigré était de 25 390 euros par an contre 33 270 euros pour un ménage non immigré.

    Selon l’INSEE, est considérée comme pauvre une personne qui gagne 908 euros par mois. Huit millions de personnes sont concernées soit 13,4 % de la population.

    Enfin ces chiffres concernent la période antérieure à 2007 or la récession a continué à fragiliser les personnes déjà en situation de précarité.

    Alain Renaldini