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AZURCOM - Page 10

  • SOYONS DIDIER

    Didier Paquis, paraplégique suite à une tumeur, s’est lancé un nouveau défi. Après le tour de France en handbike, il veut changer le regard porté sur le handicap.

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    Paraplégique suite à une tumeur de la moëlle épinière, Didier Paquis, le Biermois ne s’est pas laissé démonter par le sort. Il a investi le sport et en dépit de son handicap moteur, il pratique le handbike tous les jours et avait même réalisé un tour de France en 2013, ce qui lui avait valu le titre d’Ardennais de l’année. Aujourd’hui, Didier Paquis, revient avec une nouvelle initiative. La création d’une antenne du comité départemental handisport sur le Rethélois, sur Rethel-Attigny-Vouziers. « C’est un projet qui a mûri sur plusieurs mois », dit-il. Le but de Didier Paquis et de ses amis est d’encourager les personnes en situation de handicap à faire du sport. « On peut pratiquer le handbike, mais aussi le ping-pong, le handfauteuil, nous sommes aidés en cela par le comité départemental handisport et le comité régional, avec la base de l’association À tout va.»

    L’autre but de l’association, c’est de se faire connaître pour changer le regard que l’on peut poser sur le handicap ou les personnes en situation de handicap. « Nous aimerions organiser trois manifestations sur ces trois communes, Rethel, Attigny et Vouziers. » Souvent les adultes comme les enfants n’osent pas aller vers les personnes en situation de handicap, les activités sportives, sont un vecteur d’intégration. « On envisage de créer des séances d’entraînement, que ce soit en handbike ou encore au tir à l’arc. À Attigny, on a un projet de courses-fauteuil. Ce qui serait bien, c’est de mettre les personnes valides en situation simulée de handicap, pour qu’elles puissent constater dans quel monde nous vivons. » Didier Paquis aimerait faire tomber les préjugés et intégrer toutes les sortes de handicaps pas seulement moteurs. « C’est vrai que cet accident de la vie m’a changé. Je ne suis plus le même. ». Ancien cadre dans la grande distribution, Didier Paquis reconnaît être devenu « plus mûr, plus posé ». « J’ai envie de croquer la vie à pleines dents. » Avec le comité handisport, Didier Paquis intervient dans les écoles, notamment au collège Sorbon à Rethel et ailleurs dans les Ardennes « Ce sont des moments très précieux, car on peut avoir un contact direct et évoquer le monde du handicap sous un aspect pédagogique qui permet de faire évoluer les mentalités.»

     

    Virginie Kiefer

    L'UNION  L'ARDENNAIS

  • LES CARICATURES DU PAPE

     

    LIBERTÉ D'EXPRESSION: LES CARICATURES DU PAPE

     Mon dernier article, paru ce matin dans LIbération (28 Janvier 2015)
    Bien amicalement à tous
    Henri Pena-Ruiz

    Ancien membre de la Commission Stasi sur l'application du principe de laïcité
    Dernier ouvrage paru : Dictionnaire amoureux de la laïcité (Editions Plon)
    Prix national de la laïcité 2014.

    Citons le pape François : «Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s'attendre à un coup de poing, et c'est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision.» En voulant faire de la pédagogie sur les limites de la liberté d’expression, le pape François se livre à des caricatures qui jouent sur l’amalgame et la confusion.
    D’une part, il met sur le même plan une insulte personnelle (parler mal de Regina Maria Sivori, sa mère) et un dessin caricatural ciblé sur une religion. D’autre part il établit une équivalence entre ce dessin, représentation fictionnelle, et une violence physique réelle : donner un coup de poing. Certes, il y a loin du coup de poing à la rafale de kalachnikov, mais ici le registre de la violence semble validé comme juste réponse à une dérision par signes (« c’est normal », ose-t-il dire). On se demande alors quelle portée peuvent bien avoir les condamnations verbales de la violence données en préalable.
    Le pape, au passage, gomme la chronologie de l’histoire réelle. Car ce n’est pas la caricature qui est première et le meurtre second, mais l’inverse. Il faut rappeler que les caricatures de Charlie relayaient celles de caricaturistes danois après l’assassinat, le 2 novembre 2004, du cinéaste Theo Van Gogh, auteur du film Submission portant sur la domination des femmes dans une contexte islamiste. Et par le dessin satirique elles ne visaient pas les musulmans en général, mais un prophète qui justifierait le meurtre. Pas d’amalgame, donc, entre personnes musulmanes et fanatisme religieux.
    On est donc consterné devant une comparaison qui sans légitimer le meurtre lui-même ose lui trouver des circonstances atténuantes. Deux fautes simultanées. D’une part l’incroyable confusion entre la mise en cause d’une religion et l’insulte à une personne comme telle. D’autre part une étrange conception de la justice, puisque le pape d’une religion dite d’amour trouve justifié qu’en cas d’insulte personnelle on se fasse justice à soi-même par une violence physique. Nous sommes loin de la parabole de la joue tendue.
    Mais il y a plus grave : la volonté implicite de pénaliser le blasphème par une sorte de chantage : pour éviter les violences criminelles respectez la religion ! D’où la question : qu’est-ce qui est respectable ? Issu d'un mot latin qui désigne le regard empreint de considération (respectus), le respect s'applique aux personnes et non aux choses ou aux croyances. C'est le sentiment qu'un être humain, comme tel, mérite des égards. Bref, ce qui est respectable, c'est la personne humaine et sa liberté, non sa conviction particulière. Ainsi par exemple le propos de Philippe Tesson insultant les musulmans comme tels (« les musulmans amènent la merde en France aujourd'hui. ») relève de l'injure raciste, puisqu'il met en cause non une conception religieuse mais un groupe de personnes en raison de leur religion. De façon similaire, toute dérision portant sur la Shoah fait insulte à la mémoire douloureuse des Juifs comme tels, et vaut délit. Il n’y a donc pas deux poids deux mesures pour une chose identique, mais deux choses rigoureusement distinctes au regard du droit. Les dessins satiriques de Charlie Hebdo, quant à eux, n'ont jamais visé les personnes ou les groupes de personnes comme telles.
    Il faut d'ailleurs en finir avec les mots pièges qui amalgament la critique d'une religion à l'insulte des croyants. Le terme d'islamophobie est de ceux-là puisqu'il cherche à établir la confusion entre rejet d’une religion et rejet de ses fidèles. Le seul délit incontestable est le racisme qui vise les musulmans, c'est à dire la mise en cause d'une personne ou d'un groupe de personnes du fait de sa religion. Dans le même esprit, l'antisémitisme est à l'évidence un délit, mais la judaismophobie, si l'on entend par là le rejet de la religion de certains juifs, ne pourrait être confondue avec le racisme anti-juif. Imaginons enfin que les athées ulcérés d'être considérés comme des vecteurs d'immoralisme inventent le terme athéophobie et proclament que toute caricature de l'athéisme est un délit. Nombre de religieux ne se privent pas de telles violences polémiques, et ils en ont le droit tant qu'ils ne visent qu’une conviction.
    Un croyant est libre de croire en Dieu, un athée libre d'affirmer un humanisme sans dieu. Le croyant et l'incroyant sont également respectables comme être humains libres. Ils peuvent coexister, mais à la condition que l'option de l'un ne s'impose pas à l'autre. L'athée peut donc critiquer la religion, et le croyant l'athéisme. La psychologie du fanatisme refuse quant à elle cette distinction car elle rejette toute distance entre la personne et sa conviction. Elle exige donc le respect des croyances et pas seulement celui des personnes croyantes. Comme si la croyance, inséparable de l'être, collait à sa peau. D'où le délit de blasphème, qui entend pénaliser toute critique d'une religion en prétendant qu'elle insulte les personnes croyantes comme telles.
    Face à cela, l’éducation doit promouvoir la distance à soi, contre-poison du fanatisme. Montaigne, contemporain des guerres de religion, rappelait : « Il ne faut pas confondre la peau et la chemise ». Arrêtons de dire qu'en cultivant une telle distance intérieure on installe les gens dans la schizophrénie ! L’apologie de la spontanéité indûment confondue avec l'authenticité est dangereuse. Chaque personne peut assumer librement sa foi religieuse ou son athéisme, mais sans oublier qu’elle est aussi dépositaire d’une humanité universelle. L'incitation laïque à la retenue et à la distance intérieure est source de paix : elle inspire le respect de l'autre sans exiger pour autant le respect de son opinion.
    La loi commune, fondée sur le droit, ne peut dépendre d'aucune croyance particulière, car elle doit valoir pour tous. Bayle: "Il n'y a de blasphème que pour celui qui vénère la réalité blasphémée". On voit bien que la laïcité n'est nullement antireligieuse. Simplement elle consiste à rappeler que la religion ne doit engager que ses adeptes, et eux seuls.
    Le fanatisme religieux, on l'a vu, est prêt à noyer dans le sang le droit à la vie et la liberté d'expression. Ne lui donnons aucune excuse. Et ne mélangeons pas tout en prétendant que l'Islam étant par ailleurs la religion de beaucoup d'opprimés des égards particuliers seraient dus à l'islamisme politique.
    Double confusion, là encore. S'en prendre à l'islamisme, ce n'est pas s'en prendre aux musulmans, qui en sont souvent les premières victimes. Pas d'amalgame. Par ailleurs on ne résout pas une injustice sociale en taisant l'exigence laïque. Les grands registres d'émancipation vont de pair, comme le soulignait Karl Marx en faisant l'éloge de l'oeuvre à la fois laïque et sociale accomplie par les Communards de Paris en 1871. Bref, arrêtons d'imputer à la laïcité les exclusions qui relèvent de problèmes économiques et sociaux ou de mentalités encore marquées par l'idéologie raciste. Et traitons ainsi les deux grandes questions de l’intégration républicaine sans erreur de diagnostic.

  • NE JAMAIS OUBLIER NE JAMAIS PARDONNER

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    Il a 70 ans l'armée rouge libérait le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau (Pologne). Dans ce camp de la mort on estime à 1,2 million (dont 1 million de juifs) le nombre de personnes, hommes, femmes et enfants exterminés par les nazis. Je ne savais pas quoi écrire sur cette barbarie  , tout comme je n'ai jamais pu aller à Auschwitz  visiter le camps quand je me rends à Cracovie . 

    Ne jamais oublier, ne jamais pardonner.

  • JE SUIS SYRISA SEPTIQUE

     

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    En tant que militant de gauche, je suis heureux que Syriza finisse largement en tête et je leur souhaite beaucoup de courage et de réussite dans leur entreprise. Au-delà de toutes ces considérations personnelles, je ne peux que déplorer un carnage électoral largement attendu.
     
    Un carnage pour la coalition d’unité nationale regroupant conservateurs (Nouvelle Démocratie) et socialistes (PASOK). Le principal parti de droite, formation dont été issu le précédent 1er ministre, perd 53 sièges. Leurs alliés socialistes réalisent leur plus mauvais score depuis le retour de la démocratie en Grèce avec un petit 4,68% des voix (et uniquement 13 petits sièges au parlement).
     
    Carnage électoral grec où le parti néo-nazi Aube Dorée conserve son statut de 3ème force politique du pays avec un score stable (ils ne perdent qu’un seul siège de député). Résultat assez incroyable quand on sait que le leader du parti est actuellement en prison, accusé d’avoir commandité l’assassinat d’un militant antifasciste grec.
     
    Carnage électoral idéologique où le parti arrivé en tête, Syriza, considéré comme étant de Gauche Radicale, proche idéologiquement du Front de Gauche français, décide de faire alliance avec le parti des Grecs indépendants, arrivé en 6ème position, et qui n’est rien d’autre que l’aile droite dure et souverainiste qui a fait scission avec les conservateurs de Nouvelle Démocratie. Pour faire le rapprochement en France, c’est un peu comme si Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan formaient ensemble un gouvernement.
     
    D'aprés ce que j'ai compris en suivant la campagne électorale à travers la presse française , je crois  que le programme de Syriza ne se base que sur la lutte contre l’austérité. Dans ce programme , je n'ai pas vu  Syriza  parler d' éducation, de culture, de jeunesse. On n’y trouve aucune proposition sur l’armée, sur la politique étrangère. Du coup, rien ne les retient de signer un accord avec les Grecs Indépendants qui sont, semble-t-il, sur la même ligne économique. Sauf qu’eux sont aussi ouvertement nationalistes, ont des opinions des plus réactionnaires sur la société et les mœurs et ne portent pas dans leur cœur les immigrants.
     
    Il semblerait que Syriza ait  fait volontairement l’impasse sur toutes questions de société afin de ratisser large, sans avoir peur de perdre du terrain sur Aube Dorée ou sur les Grecs Indépendants . Ces derniers siègent au Parlement Européen (enfin leur seul député) dans le même groupe que Bart de Wever du N-Va, parti nationaliste flamand.
     
    En votant majoritairement pour Syriza, en désavouant encore plus majoritairement le PASOK, les Grecs ont montré un ras-le-bol de leurs élites politiques. Au final, les grecs se retrouvent avec un gouvernement des extrêmes où gauche extrême et droite dure se retrouvent main dans la main pour promettre des jours meilleurs à une population désabusée. Le progressisme social, l’humanisme intrinsèque aux formations de gauche peut-il se dissoudre dans une politique uniquement tournée contre l’austérité européenne ? Les aides sociales imaginées par Syriza seront-elles les mêmes que celles voulues par les Grecs Indépendants ? Les électeurs grecs ne vont-ils pas prendre comme une trahison le résultat de leur vote ? Beaucoup de questions en ce début de législature.
  • SOYONS RAIF

     

     

    Flagellé en Arabie saoudite pour s’être exprimé : stop au châtiment de Raif Badawi

    Arabie saoudite stop au châtiment de Raif Badawi

    [13/01/2015]

     

    Le blogueur et militant Raif Badawi a été flagellé en public de 50 coups vendredi 9 janvier 2015. Condamné en mai 2014 à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir créé le forum de discussion en ligne « Libérez les libéraux saoudiens » (en savoir plus). Nous pouvons empêcher ce châtiment corporel scandaleux. Raif Badawi est un prisonnier d’opinion. Il doit être libéré.

     

    Signez notre pétition à l'attention du Roi d'Arabie saoudite, du Premier Ministre avec copie au Président de la Commission des droits humains et de l'Ambassadeur d’Arabie saoudite en France.

    SIGNEZ NOTRE PETITION

    Votre Majesté, Votre Excellence,

    Je vous écris au sujet de M. Raif Badawi, blogueur et prisonnier d'opinion saoudien.

    Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, cette condamnation est assortie d’une interdiction de voyager pendant 10 ans à l'issue de sa peine, d'une interdiction d'utiliser les médias et d'une amende d'1million de riyals saoudiens (environ 226 000euros).

    Je suis consterné-e d’apprendre que ce 9 janvier, il a été fouetté publiquement devant la mosquée Al-Jafali à Djedda. Je vous demande d'annuler la condamnation à la flagellation de Raif Badawi sans plus tarder. Ce châtiment viole l’interdiction de la torture et de tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant, inscrite dans le droit international. Raif Badawi est un prisonnier d'opinion détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression. Je vous exhorte par conséquent à veiller à ce que le verdict de culpabilité et la peine prononcés à son égard soient annulés et à le libérer immédiatement et sans condition.

    Par ailleurs, je suis profondément préoccupé-e par le nombre de militants persécutés en Arabie Saoudite, pour avoir ouvertement exprimé leurs points de vue sur internet. Je vous appelle donc à cesser d’accuser, de poursuivre et de condamner des militants simplement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion.

    Je vous prie de croire, Votre Majesté, Votre Excellence, à l’expression de ma haute considération.

    Amnesty International France protège vos données et vous tiendra informé(e) des futures campagnes.
  • ET DIEUDONNE DANS TOUT CA

     Une page publiée mardi sur Faceboock appelle à un rassemblement  à Nice  dimanche en faveur du maintient du spectacle de Dieudonné àdans cette ville.

     Il faut répondre à ceux, qui peuvent être nombreux, notamment parmi les plus jeunes, qui ne comprennent pas qu'on se lève en masse pour défendre la liberté de Charlie hebdo alors qu'on met l'humoriste Dieudonné en garde à vue, qu'on condamne et interdit certain de ses spectacles. La liberté chérie, comme l'appelle le VIe couplet de la Marseillaise, n'y a-t-il pas droit lui aussi ? Non, justement, et c'est ce qu'il faut expliquer, car on a les apparences contre soi quand on soutient cette position, on laisse entendre qu'il serait permis de se moquer des musulmans et de leur Prophète et défendu de plaisanter sur les Juifs et l'Holocauste. Mais ce n'est pas du tout ça.

    Je n'ai jamais  repris à mon compte  la règle de Pierre Desproges : "on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui", parce qu'alors, on ne va pas rire avec grand monde, et surtout, ça n'empêchera pas les fans de Dieudo de rire entre eux mais j'adhère à la  formule de Saint-Just, "pas de liberté pour les ennemis de la liberté", elle est dangereuse et détestable.

    Dieudo n'est pas Charlie, tout simplement parce qu'il a cessé d'être un humoriste, qu'il s'est engagé dans un combat politique, l'antisionisme radical. L'équipe de Charlie a bien sûr ses préférences politiques, d'ailleurs multiples, qu'on peut en général qualifier de libertaires. Mais elle n'a jamais rallié un camp, brandi un drapeau, milité en faveur d'une cause : c'est toute la différence, immense, avec Dieudonné. Les faits le prouvent encore mieux que le raisonnement : Dieudonné a été reçu officiellement par la République islamique d'Iran, il a fait monter sur scène, lors de son spectacle, le professeur Faurisson, négationniste des chambres à gaz, tout le contraire d'un rigolo. On peut rire de tout, avec n'importe qui, mais là, Dieudonné ne rit plus, même si ses partisans ricanent sous cape.

    La frontière entre le licite et l'illicite, entre le permis et le défendu, entre l'humour et la position idéologique, ce n'est pas la morale qui en décide, c'est la loi, c'est la justice, quand on est en République. Dieudonné a été condamné plusieurs fois pour ses dérapages, Charlie hebdo n'a jamais été condamné pour ses dessins (malgré les assignations en justice). Après ça, il n'y a plus à douter, il n'y a plus à se demander pourquoi "je suis Charlie" et pourquoi pas "je suis Dieudo". D'ailleurs, l'humoriste lui-même s'est trahi : en affirmant "je suis Charlie Coulibaly", en proférant une formule contradictoire, insensée, inepte, il ne faisait qu'une provocation de plus, il tentait de nous berner en reprenant à son compte l'esprit d'un mouvement qui lui est en réalité profondément opposé. Dieudonné n'est ni un humoriste, ni un comique : c'est un pitre, du genre le moins drôle qui soit.

  • JE SUIS ATTERRE

    L’organisation internationale de développement, dont la directrice générale, Winnie Byanyima, coprésidera l’édition 2015 de Davos, souligne aujourd’hui que l’explosion des inégalités entrave la lutte contre la pauvreté dans le monde, alors qu’une personne sur neuf ne mange pas à sa faim et que plus d’un milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

    Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants, a affirmé Oxfam lundi à l'approche du forum économique mondial de Davos (Suisse), en appelant à "réécrire les règles" pour corriger ces inégalités "vertigineuses".

    Etude à l'appui, l'organisation non-gouvernementale a indiqué que "la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches est passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépassera les 50 % en 2016".

    "En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Le reste du cinquième (20%, ndlr) le plus riche de la population possède 46% du patrimoine mondial alors que 80% de la population mondiale ne se partagent que les 5,5% restant", a précisé Oxfam.

    L'organisation, dont la directrice générale Winnie Byanyima va coprésider le forum de Davos, a réclamé "l'organisation cette année d'un sommet mondial sur la fiscalité pour réécrire les règles fiscales internationales".

    "L'ampleur des inégalités mondiales est tout simplement vertigineuse", a dénoncé Mme Byanyima, pour qui "le fossé entre les grandes fortunes et le reste de la population se creuse rapidement". Elle a appelé les dirigeants internationaux à s'attaquer "aux intérêts particuliers des poids lourds qui font obstacle à un monde plus juste et plus prospère".

    Oxfam a exhorté les Etats à adopter un plan pour lutter contre les inégalités, en contrant l'évasion fiscale, en promouvant la gratuité des services publics, en taxant davantage le capital et moins le travail, en instaurant des salaires minimum ou encore en mettant en place une protection sociale pour les plus pauvres.

    Le forum économique mondial (WEF), dont ce sera la 45e édition, se tiendra à Davos de mercredi à samedi. Plus de 300 dirigeants politiques de premier plan, dont la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, le Premier ministre chinois Li Keqiang et le secrétaire d'Etat américain John Kerry y sont attendus.

  • REFLEXION

     

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    Les événements que nous avons vécus la semaine dernière ont provoqué une onde de choc qui n'est pas terminée. Après le temps du deuil et du recueillement, de la compassion universelle pour les victimes, de l'unanimité autour des valeurs de la République, il y a des fissures qui apparaissent, des contradictions qui se font jour, des questions qui se posent. C'est d'ailleurs naturel : on ne pouvait pas espérer que les réactions demeurent homogènes. Ces derniers jours, j'ai noté une  petite  dizaine de petites réflexions, très diverses, qui me sont venues à l'esprit et que je vous soumets :

    1- Je ne suis pas allé acheter Charlie mercredi, ni hier, ni aujourd'hui, ni sans doute jamais. La vague passera , elle finira bien par se calmer. Pourquoi mon refus ? Par fidélité à mes  idées  .  Si Charlie avait de graves difficultés financières, faute de lecteurs je ferais un don comme j'ai fait pour Nice Matin et l'Humanité . Aujourd'hui, Charlie rencontre un succès de presse jamais connu. Quel paradoxe ! Je pense à cette masse de nouveaux lecteurs, qui ne savent rien de l'esprit Charlie. J'imagine leur tête quand ils vont découvrir ! Ils ont réduit l'hebdo au symbole du crayon : très bien, mais Charlie, c'est aussi un stylo, un style, une écriture, des prises de position, pas seulement des dessins.

    2- Le pape François et les chrétiens rassemblés pour défendre un journal anticlérical, c'est amusant, mais pourquoi pas, et tant mieux. Mais le positionnement rencontre vite ses limites (de même chez les organisations musulmanes) : le souverain pontife a rappelé hier son attachement à la liberté d'expression, tout en demandant à ne pas se moquer des religions. Mais c'est quoi la liberté, sans la liberté de se moquer ?

    3- Les élus et les politiques ont été au premier rang des défenseurs de la liberté de la presse. Parfait. Mais beaucoup d'entre eux n'en font rien au quotidien, rêvent de journaux asservis à leurs propres intérêts, personnels et électoraux. La presse locale l'a fait remarquer, à juste raison, elle qui est la première victime de ces comportements liberticides. Antibes le maire a  retiré du musée Peynet  des affiches des dessinateurs de Charlie

    4- Pendant ces quelques jours qui ont fait trembler la France, les chaînes télévisées d'information  ont été les grandes narratrices de la tragédie, donnant l'impression d'en écrire l'histoire, de lui donner son rythme, sa dramaturgie. Dans l'après-midi de la prise d'otages à Vincennes, j'étais devant ma télé, comme tout le monde. Et puis, un peu dégoûté de moi-même, j'ai arrêté, j'ai éteint, conscient que je n'étais plus dans une quête légitime d'information mais dans un désir contestable de spectacle. J'étais devenu un voyeur, il fallait que ça cesse. Je suis sorti

    5- La vente d'anxiolytiques a augmenté de 18%. C'est fou ! On disait que la France, avec sa formidable mobilisation, était sortie d'une longue dépression. Nous avions parlé trop vite. Il y a eu refoulement, tétanisation devant l'horreur, puis réaction de survie, pulsion de résistance. Mais cette consommation anormale, injustifiable de psychotropes confirme hélas que la maladie qui mine notre corps social sévit encore.

    6- L'invraisemblable théorie du complot, qui court sur internet, prouve simplement que le malheur ne met pas fin à la bêtise, que celle-ci est le monstre universel. On ne devrait même pas y prêter attention, dans un éclat de rire mêlé de mépris.

    7-  La minute de silence : la jeunesse est par nature remuante, anticonformiste, transgressive, y compris pour de très mauvaises raisons. Il faut agir avec elle en toute prudence et discernement, sans rien céder en même temps sur les principes, mais ne pas avoir à son égard des indignations d'adultes. Face aux jeunes, nous avons besoin de pédagogie, pas de morale. Quand j'étais collégien dans les Ardennes au lendemain des accords d'Evian et de la fin de la  guerre d'Algérie j'avais protesté contre la minute de silence imposée à la gloire de De Gaulle .  Réfléchissons  aux grandes questions qu'a soulevées l'événement, liberté, paix, démocratie, vérité, religion, laïcité etc.  Mais qui est prêt à entendre un tel discours aujourd'hui ?



    8- Etrange débat que celui sur la restauration du service militaire, comme si la vie de régiment pouvait soigner aujourd'hui une partie de la jeunesse malade ( les adultes étant autant touchés par le mal). Le service militaire avait en son temps des finalités militaires, qui ne se justifient plus avec l'armée professionnalisée. Son rôle d'intégration sociale était secondaire et involontaire, exagéré maintenant par la nostalgie.

    9- Pour lutter contre les islamistes, j'ai entendu prononcer le vilain mot de "déradicalisation", qui désigne, je suppose, une sorte de cure de désintoxication, une forme d'analyse, de thérapie, une cellule psychologique renforcée, un lavage de cerveau pour tête fanatisée. Les psychologues sont invités partout, c'est sans doute une de leurs inventions. Quand va-t-on "dépsychologiser" notre société ?

    10- Qui a noté l'énormité, l'inanité, le contresens historique de la proposition de Jeannette Bougrab, ancien membre du gouvernement ? Faire entrer les victimes au Panthéon ! Ni de près, ni de loin, l'équipe de Charlie hebdo ne correspond aux critères de panthéonisation, et ses membres disparus seraient d'ailleurs les premiers à se moquer de cet honneur indu, déplacé, inutile . Le chagrin n'excuse pas l'aberration, surtout venant d'une secrétaire d'Etat. Quand Nicolas Sarkozy a voulu d'Albert Camus au Panthéon, la famille a refusé, estimant que l'oeuvre et l'esprit de l'écrivain n'étaient pas conformes à une pareille consécration.

  • AUX ACTES CITOYEN

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    Extrait du discours de Jean Léonetti, maire d'Antibes  le samedi  10 janvier 2015
     
    "Du fond de notre tristesse de notre deuil et de notre compassion envers les victimes et leurs familles nous sommes ici rassemblés pour exprimer avec force notre attachement indéfectible aux valeurs de la France et de notre civilisation
    A la haine nous répondons par le rassemblement du peuple debout
    A la peur nous répondons par le courage de nos policiers et de nos gendarmes et le sang froid de nos concitoyens
    A la force brutale des lâches nous répondons par la force de l’ordre, du droit et de la loi
    A l’obscurantisme et à la barbarie nous répondons par la démocratie, la laïcité et la liberté de la presse
    Français de toutes origines et de toutes convictions politiques et religieuses rassemblés aujourd’hui place des Martyrs de la Résistance nous ne reculerons pas, nous ne cèderons pas devant la peur, la violence et la haine et nous leur opposerons, avec force le respect de nos valeurs républicaines et l’amour de la France
    Il faut savoir s’aider mais ne pas céder."
    Jean Leonetti
     
    UNE SEMAINE PLUS TARD

    Pour rendre hommage aux victimes de Charlie Hebdo, le directeur du Musée Peynet et du dessin humoristique souhaitait exposer des dessins originaux des quatre auteurs assassinés.

    En les voyant, le maire d'Antibes, Jean Leonetti, a refusé que ces œuvres soient visibles de l'extérieur, craignant que

    "cela soit perçu comme une provocation".

    Du coup, les caricatures sont restées au fond des tiroirs.

    Envolé  les mots : la force l'attachement , le droit , le courage , liberté

      Quand un maire ou un élu imposent  leurs  choix culturels ,c'est de la dictarure

     

     

  • JE LIS L'HUMA : EST CE GRAVE

     

    Une loi de classe
    Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’humanité

    Quelle profession de foi ! « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires. » Elle est du ministre de l’Économie Macron, loin d’ici, à Las Vegas, lors d’un grand salon de l’électronique. Quelle profession de foi de la part de l’ancien banquier qui ne sait pas ce que signifie vivre dans la précarité absolue, travailler la nuit pour payer ses études, dormir dans la rue ou dans sa voiture pour certains, tout en ayant un emploi, ne pas pouvoir finir le mois pour un jeune couple.
    Non ! Ayez « envie de devenir milliardaires », lui, le même qui veut rétablir pour les pauvres la troisième classe en car, faire travailler tout le monde le dimanche, allonger la semaine de travail et… abaisser le « coût du travail » ! C’est notre nouveau Guizot avec son « enrichissez-vous ». Lui, le super-millionnaire, explique donc aux jeunes, d’un ton culpabilisateur, que s’ils ne deviennent pas « milliardaires », ils ne sont pas dans le coup.
    D’ailleurs, le président de la République a expliqué sans rire, lors de ses vœux, que ce projet de loi censé donner « un coup de jeune à la France » était aussi « une loi pour le siècle à venir ». Il faut se pincer pour ne pas s’écrouler de rire devant de telles grossièretés. C’est au contraire une loi de retour au XIXe siècle. C’est la contre-révolution libérale et anti-écologique.
    Le ministre de l’Économie est chargé de tenter de faire changer des législations qui relèvent d’autres ministres, comme ceux du Travail, de la Justice, du Commerce ou de l’Artisanat, des Transports, du Logement. Il tente de modifier des pans importants de notre droit du travail : travail du dimanche élargi à la possibilité de douze dimanches travaillés par an, travail de nuit modifié, facilitation des licenciements, allongement du temps de travail, juridictions prud’homales mises en cause, inspection du travail affaiblie, médecine du travail dénaturée.
    Autrement dit, la régression pour les travailleurs. Il projette aussi d’introduire les logiques marchandes dans des professions qui étaient jusque-là protégées, non pas pour diminuer les tarifs, mais pour les livrer à de grands consortiums capitalistes anglo-saxons. Sa logique est de faire admettre que plus rien ne doit échapper à la loi du marché capitaliste et à sa recherche de plus-value, extorquée du travail et de la consommation.
    Ni l’organisation du temps de la semaine, ni les infrastructures d’un pays. Pour y parvenir, la prétendue loi naturelle du « marché capitaliste » prime sur la souveraineté des individus, leur organisation collective fondée sur l’idéal d’émancipation, condition de l’exercice de la citoyenneté et sur l’environnement. Elle prime aussi sur la souveraineté nationale, bradée sur l’autel décrépi des instances européennes et sur celui encore plus grand des intérêts privés, y compris étrangers, comme on le voit avec la vente d’une partie d’Alstom aux Américains de General Electric ou de l’aéroport de Toulouse aux capitaux canadiens et chinois.
    Jusqu’aux industries d’armement proposées à la salle des ventes des rapaces de la finance internationale. C’est en cela que les fondements de la République sont gravement fissurés, affaissés, dégradés. Cette République sociale et solidaire, dont la force était de garantir la souveraineté de la nation et celle des individus, de protéger les citoyens contre le fait accompli de la loi du plus puissant, de la concurrence de plus en plus faussée.
    La loi Macron porte une certaine idée de la société et des êtres humains. Ce ne peut être la nôtre. Son sens et ses conséquences doivent être étudiés, décryptés, débattus dans des ateliers citoyens, dans les usines, les magasins, les bureaux, les quartiers. Au nom de la République et d’une certaine idée du progrès humain, unissons-nous pour la rejeter. Cette édition spéciale de l’Humanité est un outil unique pour décrypter ce projet régressif et pour mobiliser autour de soi pour le mettre en échec.

    C’est un service à rendre à l’intérêt général, aux idéaux de la gauche, à vos voisins, collègues de travail, membres de votre famille.

    N’hésitez pas à le diffuser largement autour de vous. Il est temps de mettre un coup d’arrêt au « régressisme » en cours.

    C'est fait